Autre monde, autres médias?

Autre monde, autres médias ?

1. Un autre monde

L’évolution observable dans les dispositifs des émissions de débat télévisé, la redistribution des rôles alloués à leurs participants et la redéfinition des thèmes abordés mérite d’être questionnée. Que se passe-il lors de ce changement notoire qui voit simultanément l’étiolement du débat entre acteurs politiques, figures emblématiques de l’espace public en démocratie représentative, et la poussée débordante de la reconnaissance de la parole ordinaire à la télévision initiée à partir des talk shows ? Facile à observer sur les chaînes de télévision généraliste, ce phénomène se retrouve sous d’autres formes et dans d’autres espaces. Le domaine de la médecine, par exemple, atteste un redéploiement similaire. Refusant d’être confinés dans la position soumise du patient, les malades s’organisent en associations et se font entendre comme acteurs à part entière au côté du personnel soignant et des décideurs de la politique de santé. Sans doute instruit par cette dynamique, le pouvoir politique ouvre à son tour de nouveaux espaces de débat dans l’espoir d’obtenir des propositions consensuelles de la part des membres de la société civile. Un mouvement de retrait partiel de l’acteur politique, au moins avant la prise de décision, semble se mettre en place. Il instaure une nouvelle manière de gérer les problèmes à partir du renouvellement des formes du débat public. La complexification des relations entre les différents acteurs sociaux et la création au quotidien de nouveaux modèles de délibération répondent à la nécessité de rénovation des dispositifs de concertation sociale et, en même temps, à la demande de participation d’une grande partie de la population. Un autre monde se met en place qui mérite attention pour comprendre la manière dont il se configure sous nos yeux au jour le jour.

le miroir grossissant de la télévision

l’évolution de la programmation de la télévision depuis l’arrivée des chaînes privées sur le hertzien et des chaînes thématiques sur le câble ou sur le satellite doit être réexaminée avec le recul, devenu maintenant suffisant. De nombreux chercheurs français ont travaillé sur les évolutions des émissions de débat à la télévision. Ils ont mis en évidence des périodes où les dispositifs se remplacent les uns les autres et où la place symbolique qu’occupent les acteurs se redéfinit (Coulomb-Gully, 2001 ; Mouchon, 1998 et 1999 ; Neveu, 1995 ; Veron, 1995). L’époque de « l’Heure de Vérité » dans les années quatre-vingt où la politique fait de l’audience en première partie de soirée avec la prestation de quelques « vedettes » politiques confrontées au cercle restreint de journalistes parisiens marque l’apogée d’un genre qui peu à peu se délite. La programmation de l’émission le dimanche matin puis, plus tard dans la soirée (« Mots croisés »), ou l’habillage spectaculaire (« Les absents ont toujours tort » sur la Cinq, chaîne attribuée à Silvio Berlusconi par un gouvernement socialiste !) ou encore l’ouverture à la vie privée des invités politiques (« Questions à domicile ») ne suffisent pas à endiguer le désintérêt croissant des téléspectateurs pour des prestations redondantes, figées dans leur formalisme et dont les acteurs mis en vedette sont l’objet du désamour populaire. Plus tard, quelques tentatives d’introduction de dispositifs plus interactifs sur les chaînes publiques (« La France en direct », « Direct ») ne suffisent pas à redonner de l’intérêt à la forme télévisuelle du débat public. Ce constat d’échec ne peut se comprendre que resitué dans une perspective évolutive tant le désintérêt du public ne prend sens qu’au regard d’autres variables structurelles. L’articulation entre le dépérissement du genre « émission de débat politique » et la montée en puissance d’autres formes de débat, avec des dispositifs renouvelés et la participation d’acteurs différents reste à approfondir. Certains travaux de sociologie consacrés aux émissions de talk-show populaires ont ouvert des pistes intéressantes. Les études menées, par exemple, sur la télévision de l’intimité montrent de manière convaincante le déplacement des frontières entre la sphère privée et la sphère publique (Mehl, 1996 et 2003). Elles mettent en évidence les formes de redistribution de la parole et la nouvelle hiérarchie des figures expressives qui les accompagne. Les propos d’expert perdent de leur aura au profit du témoignage ordinaire. L’évaluation de la parole publique se fait désormais à l’aune de l’expérience vécue et de sa mise en récit. L’expert, sollicité parfois pour commenter un témoignage, est rétrogradé au rang de commentateur de la parole profane. Ces constats empiriques poussent à formuler une question plus générale. Quelle portée accorder au succès de ces émissions considérées comme futiles sachant que cette immense vague introspective s’opère sur la scène publique ? La parole sur soi est en même temps une parole pour soi et une parole pour les autres. Proposée au filtre de l’écoute collective, elle gomme la distinction entre sphère privée et sphère publique. Une autre conception du débat public serait-elle en train de se développer à l’aune de la publicisation des récits de vécu individuels. Marquant sa défiance par rapport au savoir constitué, l’individu contemporain chercherait par lui-même ses références, au coup par coup, en diversifiant ses sources et en se libérant des doxas traditionnelles de la religion, de l’école ou de la famille. L’alternance de la délibération avec soi, de la délibération avec l’autre et de la délibération publique participe de cette quête faite d’approximations successives. Centrée sur l’intimité, la parole prend sens en référence à des valeurs et à des normes évolutives qui servent de support à la construction individuelle de l’identité. La parole ordinaire entendue dans de nombreuses émissions de télévision n’est donc pas anodine. Symptôme d’un temps incertain, elle oblige le chercheur à s’interroger sur les relations nouvelles entre sphère privée et sphère publique. Ce recentrement massif sur la construction identitaire de l’individu soulève par contrecoup la question de la place du social et de l’engagement collectif dans cette nouvelle configuration.

l’irrésistible ascension de la parole ordinaire

le domaine scientifique constitue un ensemble intéressant à interroger dans cette perspective. Domaine soumis de plus en plus à l’imprévisibilité des conséquences des découvertes, il tend à devenir un domaine à responsabilité partagée. L’exemple des biotechnologies est parlant. Ces dernières ne relèvent plus de la seule compétence scientifique tant leurs effets à long terme posent des questions d’acceptabilité éthique qui interpellent l’ensemble du corps social. Le Président du Comité consultatif national d’éthique, en prend acte quand il affirme : « l’embryon n’est pas un problème médical, c’est un problème de société ». Le rejet du mode de décision réduit à la communauté des experts traduit le refus plus général du principe de délégation constitutif de la démocratie représentative. Ce refus de la délégation dans la sphère du savoir est parallèle à celui observable dans la sphère du pouvoir (Callon, Lascoumes, Barthe, 2001). Ainsi, voit-on simultanément se manifester la perte d’influence de l’expert et du politique tandis que montent en puissance le profane et le citoyen ordinaire. La notion de « forum hybride » analysée par le courant de recherche cité précédemment, renvoie à des dispositifs nouveaux mis en place pour traiter de questions d’environnement (enfouissement des déchets nucléaires, effet de serre et réchauffement de la planète, gestion de l’eau…) ou de recherche médicale (procréation assistée, euthanasie, maladies génétiques, politique des médicaments…). Le rassemblement d’acteurs sociaux - experts, hommes politiques, techniciens, profanes- dans des forums de consultation permet de diversifier les points de vue. Véritable laboratoire pour la conception de nouvelles formes de débat public inventées et éprouvées par les acteurs eux-mêmes, il répond au besoin de rénovation de la vie démocratique sur une base participative élargie. Les dispositifs mis en place restent souples : le choix des acteurs n’est pas connu à l’avance, les problèmes en discussion ne sont pas prédéfinis ce qui permet d’ouvrir la voie à des modes de raisonnement novateurs et d’aboutir parfois à des propositions originales. La transparence des règles et leur application stricte permettent une prise de parole égalitaire indépendante du statut social de chaque intervenant. Le travail opéré en appelle à la créativité collective. Ce mode d’expérimentation qui dépasse les blocages institutionnels, paravents traditionnels des mieux nantis pour préserver leurs intérêts, se retrouve dans de multiples instances mises en place par les décideurs politiques eux-mêmes. Les dirigeants français, considérés comme peu portés à se dessaisir de leurs prérogatives, en ont multiplié la création ces vingt dernières années. La liste est impressionnante depuis le Comité consultatif national d’éthique en 1983 jusqu’au Haut comité à l’intégration en 1990. Ces comités des sages apparaissent comme le prélude à des formes plus ouvertes de représentation des citoyens. Ils sont créés d’abord au niveau national : Commission nationale du débat public en 1995, Conférence de citoyens, Etats généraux de la santé en 1998, puis, au niveau local : Conseils de quartier en 1998 et Conseils de la jeunesse dans les municipalités ou dans les régions. La banalisation de ces instances fait écho à la pression de la population pour être associée à la réflexion et à la discussion avant la décision politique. Elle traduit la prise de conscience par les hommes politiques des limites de leur champ d’exercice et des risques encourus à rester confinés dans leur univers restreint. Pour autant, ce changement, traduit-il une « nouvelle grammaire de l’action publique » ? La littérature scientifique dans le domaine apporte une réponse circonspecte (Blondiaux, Sintomer, 2002). Seul un suivi ethnographique au plus près de la réalité de terrain est à même d’éclairer la signification de tels dispositifs et procédures de discussion collective, observables en France comme dans la majorité des démocraties occidentales. Ces procédures ne seraient-elles que de nouvelles techniques de gouvernement importées des techniques managériales de gestion des conflits sociaux ou alors les instruments bienvenus de démocratisation de la décision politique ? La nécessité d’en passer par l’observation la plus fine de la mise en place des dispositifs et du déroulement des étapes de la procédure dialogique montre à l’évidence que l’espace public reste un carrefour de confrontation en continuelle ébullition. Scène publique centrale partagée entre forces centrifuges et forces centripètes, l’âpreté des luttes des acteurs sociaux pour défendre leurs intérêts, d’un côté, et la recherche pour définir un monde commun, de l’autre. Cette recherche expérimentale de nouvelles formes d’interactions sociales et politiques intervient en quasi simultanéité avec l’apparition du Web et de son développement fulgurant dans la société en quelques années.

les habits neufs de la culture à l’ère des nouvelles technologies d’information

le vingtième siècle s’est achevé par une série de bouleversements aux effets encore sensibles. L’année 1989 reste dans la mémoire collective comme une année de référence capitale pour la géopolitique mondiale. La chute du mur de Berlin et la faillite des régimes communistes marquent le début d’une redistribution des zones d’influence dans le monde. L’émergence des pays réunis sous le vocable du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) annonce la fin programmée de l’hégémonie européenne et nord américaine. Véritable maëlstrom à l’échelle planétaire, ce mouvement de refonte des équilibres établis est lourd de menaces pour la paix comme l’attestent les multiples conflits régionaux. Ces foyers de tension attisés par les insupportables écarts de développement et les inégalités de répartition des richesses sont désormais la marque d’un monde caractérisé par le risque et l’incertitude. Les nouvelles données au jour le jour dans les médias confirment qu’il s’agit bien d’un engrenage de longue durée mais elles n’en permettent pas la compréhension. L’autre monde qui prend forme sous nos yeux ne se laisse pas décrypter avec les grilles interprétatives du passé. Ce constat dressé à partir de l’observation quotidienne des images des journaux télévisés s’applique davantage encore quand il s’agit de manifestations souterraines plus difficiles à saisir. L’année 1989, avec la création du Web, constitue un véritable cas d’école pour illustrer les implicites de cette intrusion des machines à communiquer. Les travaux sur l’implantation des techniques dans la société sont riches de deux enseignements majeurs. On sait maintenant que référée à une perspective historique, l’apparition des nouvelles technologies n’implique pas l’abandon des technologies précédentes : la radio, la télévision coexistent avec Internet. Et, on a appris aussi grâce aux études sociologiques que leur appropriation sociale reste en grande partie imprévisible : le minitel « rose » n’était pas une prescription d’usage. La force démonstrative de ces deux enseignements tient à leur assise expérimentale. La preuve est donnée par la récurrence des phénomènes observés. Mais aussi pertinents soient-ils, ils ne font que traduire le déjà existant. Dire que les techniques anciennes et nouvelles coexistent et que les usages ne correspondent pas forcément à ce que prévoient les concepteurs constitue une sorte de prolégomène au raisonnement mais cela reste insuffisant. La réflexion sur le lien entre la reconfiguration du monde et les logiques de structuration et de fonctionnement des médias ne peut faire l’économie de la formulation d’hypothèses. La première consiste à interroger la généralisation des usages d’une nouvelle technologie dans ses effets au plan cognitif. L’arrivée des machines électroniques transforme la perception de l’espace et du temps. Ce nouveau référentiel pousse à dire qu’il est maintenant devenu banal de penser le monde non plus dans son immensité mais bien plus dans ses limites, comme le journal télévisé le reflète dans toutes ses éditions. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que l’attente en termes d’information se configure autour du principe généralisé de visibilité. La distinction du proche et du lointain perd de sa pertinence considérée à l’aune du déroulement des nouvelles du monde. L’ivresse donnée par le sentiment d’ubiquité, être là et ailleurs en même temps, et par la position de surplomb pour observer le monde doit être réfléchie. S’il est bien réel que la technologie révolutionne les références à l’espace, le sentiment d’ubiquité et le sentiment de puissance qu’elle donne restent à relativiser. La compréhension du monde ne relève pas de la seule démultiplication des espaces visibles. Les facteurs culturels, sociaux et politiques continuent à jouer leur rôle de filtre aux effets improbables dans cette quête illusoire de transparence. Le même phénomène s’observe appliqué à la perception temporelle. L’économie du temps et sa gestion dans l’information est marquée par l’accélération croissante du rythme d’écriture et de transmission des nouvelles (comme l’atteste le raccourcissement des sujets dans le JT) et par le flux continu (le modèle se structure désormais à partir du fil des dépêches d’agence). Ces changements de référentiel relatifs à deux des principaux repères de l’expérience humaine ont des incidences sur les pratiques culturelles quotidiennes. La recherche d’information et le suivi des nouvelles se trouvent particulièrement affectés par ces nouvelles modalités d’appréhension du réel. Semblable au bouleversement qui s’est produit lors de l’apparition de l’imprimerie, le chambardement actuel modifie en profondeur les modes de connaissance, dans leur élaboration, dans leur diffusion et dans leur réception. L’économie des systèmes d’information est concernée au premier chef à l’occasion de cette confrontation entre les pratiques traditionnelles fondées sur la lecture cursive et les nouvelles plus compulsives. Les effets de cette (r)évolution sont encore difficiles à estimer. Peut-on aller jusqu’à dire que « les nouveaux outils de pensée et d’appréhension du monde, du temps et de l’espace inédites structurent une « carte mentale mutante » (Barricco p.15 in Books n°7, 2009) ? ou, alors, ironiser sur la posture pessimiste face au changement, adoptée déjà par Socrate inquiet de l’arrivée de l’écrit : « et de la transformation que son usage entraînera dans la nature même du jugement et de la compréhension qui, jusque-là, se forgeaient dans le dialogue entre deux interlocuteurs. » (Rodriguez p.14 in Books n°7, 2009). Les enquêtes empiriques sur les pratiques culturelles confirment la perte d’intérêt des plus jeunes pour la lecture des œuvres littéraires et l’audience en baisse constante des journaux résulte, pour partie, de la redistribution des usages des différents supports d’information. La cohabitation du livre, du téléviseur et de l’ordinateur ne se déroule pas sur le mode égalitaire. Nos manières de penser, lire et écrire sont déstabilisées et ne sont plus le calque de ce qui est appris à l’école. La prudence reste cependant de rigueur pour interpréter la signification de ces nouvelles pratiques difficiles à situer entre l’éphémère des effets de mode et la marque durable d’un processus de transformation. Plus assuré est le regard porté sur l’architecture du Web qui se détache de l’ancien modèle dominant des mass médias. A la grille de programme proposée par les chaînes de radio et de télévision se substitue la possibilité pour chaque internaute de choisir le moment et le contenu de ses consultations. Le nouveau modèle de communication, de type horizontal, assure l’autonomie des pratiques de navigation et répond au mouvement d’individualisation propre à la société contemporaine. Il fait aussi écho à la démocratisation des formes d’expression comme l’avaient préfiguré la montée de la parole ordinaire à la télévision et la recherche de nouveaux dispositifs participatifs. Indices de la vaste reconfiguration en cours dans l’économie des médias, ces évolutions ont des conséquences sur la façon d’attribuer des rôles aux acteurs sociaux dans les processus communicationnels depuis l’époque triomphante du « broadcasting ». La distinction simpliste entre émetteurs et récepteurs, même rendue plus dialectique dans une lecture interactionnelle, perd peu à peu de sa pertinence. Dans le domaine de l’information, la pluralité des rôles est ouverte à chacun. En même temps, auteur, récepteur, commentateur et participant à des échanges, l’internaute a un profil incongru au regard du purisme définitionnel. A l’évolution des pratiques cognitives, analysées précédemment, s’ajoute une mutation sociale significative. De tels changements provoquent des bouleversements dans les différents champs du savoir. Il n’est donc pas étonnant qu’ils exercent leurs effets sur l’information, dans son économie et dans sa manière de produire des discours (Poulet, B, 2009).

2. Autre monde, autres médias ? les défis du chercheur

La financiarisation des groupes de presse conduit à la conception industrielle des médias qui prévaut dans les démocraties occidentales. Désormais, les patrons de presse s’appellent Murdoch, Berlusconi, Dassault ou Bouygues, chacun tirant leur fortune d’activités étrangères au monde des médias. Selon le principe : « j’achète, je décide » (retentissant propos d’un magnat américain : « I buy, I decide »), ils réorganisent les groupes par réduction de la masse salariale des journalistes, par redéfinition des contenus d’information et par diversification des modes de diffusion. Fragilisés par ces changements qui affectent leur qualité rédactionnelle, les journaux connaissent une crise structurelle sans précédent. Le déclin de la presse américaine qui voit des titres régionaux aussi prestigieux que le Chicago Tribune, le Los Angeles Times ou le San Francisco Chronicle vivre sous la menace en donne l’exemple le plus symptomatique. La situation n’étant guère plus enviable pour les fleurons nationaux comme le New York Times ou le Washington Post. En France, les aides publiques ne suffisent pas à endiguer la perte du lectorat qui accélère à son tour la perte de qualité du contenu proposé. Ce grand chambardement à portée multiple touche l’ensemble de la chaîne informative, depuis ses sources jusqu’à sa conception et sa diffusion. Dans un tel contexte, le Web devient un espace de substitution attractif pour médias défaillants nourrissant l’espoir de reprendre contact avec la nouvelle génération ou « digital native ». La recomposition en cours offre une combinatoire large. La palette proposée, faite de déclinaisons multiples où se mélangent l’écrit, le son et l’image, s’enrichit des effets de la numérisation des données et de la convergence des supports. De nouvelles logiques structurantes s’imposent irrémédiablement. Les genres qui prévalaient jusqu’ici dans la presse écrite ou audiovisuelle paraissent fragilisés dans un environnement très différent de celui de leur création. Ils cèdent peu à peu la place à des formes renouvelées plus en phase avec le contexte présent.

la mise en concurrence des genres

la lecture quotidienne du journal emprunte le chemin familier des habitudes. Pourtant, derrière cette pratique banalisée se cachent des choix préalables et des pré-requis. Le choix d’un journal ne se fait pas au hasard. Régi par un contrat implicite, il reflète les attentes du lecteur tout au plaisir de retrouver un titre avec lequel il partage une vision du monde et un registre de style. L’écoute du journal télévisé suppose une même empathie de départ ; le timbre de voix du présentateur et son apparence exerçant souvent un rôle d’accroche du téléspectateur. Cette facilité est trompeuse car ce que l’habitude rend simple à l’usage résulte d’un long travail de construction et de mise en forme. Les rubriques du journal ont une histoire qui renvoie à des découpages marqués par le temps. La structure du journal régional a d’abord a d’abord été conçue par calque des territoires paroissiaux puis en regard des découpages administratifs (villes, cantons, départements). Figée dans ce registre d’habitude, elle ne suit qu’avec retard les entités naissantes comme le montre bien la difficulté à rendre compte de la vie dans les banlieues. Si l’on poursuit la réflexion sur le mode introspectif, la lecture se pare de plaisir à découvrir un éditorial bien senti, un point de vue original dans les pages débat ou une critique de film incitative. Habitué aux classifications esthétiques apprises à l’école, le lecteur fait l’école buissonnière au gré de vagabondages parmi ses genres préférés. L’habitude n’efface donc que superficiellement les connaissances pré-requises. Le trouble naît quand ces implicites sont dévoilés et remis en cause. L’écriture de l’information sur le Web participe de ce mouvement de désacralisation. Les rubriques et les genres traditionnels n’ont plus valeur de référence. Le changement des désignations traduit un changement de registre. Les blogs, les twitters, les forums, les courriels donnent un ton nouveau influencé par la culture jeune et le rythme du mode de vie américain. L’architecture horizontale de ce nouvel espace permet à chacun de s’exprimer avec son style et sa personnalité dans une écriture proche du journal intime (les blogs) et dans un format souvent très court (les twitters, 140 signes signature comprise !). De manière compulsive, les internautes branchés restent au contact les uns des autres (les courriels), échangeant dans l’instant leurs réactions sur tout type de sujet (les forums). Au-delà de cet inventaire des pratiques, on voit pointer les lignes de force d’une réorganisation des modes d’information et de communication. Il est juste de dire qu’Internet n’efface pas le rôle de l’écrit, mais il le transforme. La grammaire, la syntaxe, le lexique sont profondément malmenés avec l’emploi systématique de formes abrégées (les mots-lettres à la base de l’écriture des SMS), de symboles (les Smileys, comme mimiques des émotions primaires) et de pieds de nez aux règles syntaxiques. Les genres sont soumis à un mouvement brownien qui donne le tournis sans qu’on puisse dire ce qu’il en restera. Le défi de l’interprétation est posé. L’avenir de ces nouvelles formes à la mode reste problématique. Néanmoins, leur usage semble se généraliser dans la société de ce début du vingt-et-unième siècle. Marque d’un changement d’ère équivalent à l’apparition de l’écrit pour certains, la période remet à l’honneur l’échange sous la forme oralisée. Mais, elle le fait avec les caractéristiques du temps présent. Ouvertes à tous, les interactions se déroulent dans un continuum d’instantanés où la rapidité de la réaction et le recours au format court deviennent la norme d’usage. Etrange reconfiguration donc qui réinvente les formes d’écriture par emprunts à l’oral le plus informel. Le mode conversationnel, débridé et tout en complicité, apparaît comme la nouvelle unité de référence d’un espace profondément démocratisé. Phénomène qui rejoint les autres composantes de la culture populaire contemporaine où la parole fait bon ménage avec l’image et le son.

L’information change aussi de nature à la suite du développement massif des appareils photos numériques et des téléphones portables. La manière dont les images de torture dans le camp d’Abou Ghraïb en Irak ont été prises et ensuite diffusées en mondiovision est symptomatique de cette entrée dans une nouvelle ère. Le soldat américain qui en est l’auteur accomplit une action technique relevant de la banalité. L’écart entre la facilité avec laquelle il peut prendre ces images sur son portable puis les envoyer à sa famille et l’absence de toute conscience morale relative à leur contenu montre crûment un des effets pervers de la production de l’information à l’ère numérique. Signe de l’accélération du temps, la censure de l’armée s’exerce avec un temps (technologique) de retard. Préoccupée à censurer les médias, pour éviter de reproduire le scénario de la guerre du Vietnam où les reportages ont causé le retournement de l’opinion publique américaine, l’armée se trompe de cible. Les images des journalistes professionnels ne constituent plus le seul danger pour mettre sur la scène publique la vérité désastreuse de la guerre. Désormais, tout le réel est potentiellement accompagné de son image. En plus de l’affirmation de l’hégémonie de la parole ordinaire à la télévision et dans la représentation mentale des professionnels de la communication (hommes politiques et people de tout genre), on assiste à la montée irrésistible de l’image ordinaire. Produite par chacun d’entre nous, sur les lieux de vacances ou dans la vie courante, elle fonctionne comme source d’information légitime. La mémoire collective garde trace des images de touristes montrant en direct les dégâts causés par le tsunami ou de celles fixant les clichés d’une catastrophe aérienne. La banalisation de la technique de saisie d’images ne garantit pas pour autant la véracité de ce qui est montré. Les logiciels de retouche de photos ou de vidéos (tel Photoshop) sont à la portée du grand public. L’époque des faux clichés du charnier de Timisoara produits par des professionnels de la propagande paraît déjà lointaine. Le faux est devenu aussi vrai que le vrai. Les propos mensongers de Colin Powell à la tribune de l’ONU pour justifier la déclaration de guerre contre l’Irak de Saddam Hussein constituent un exemple emblématique de ce relâchement de l’esprit critique à grande échelle. Plus grave encore est la séquence de mise en doute par un anonyme de l’attentat contre le Pentagone, le 11 septembre 2001. Un nouveau cas d’école se constitue. Si l’on n’y prend garde, il suffirait que les images n’aient pas de signature institutionnelle pour qu’elles paraissent crédibles. La valeur démonstrative de l’argumentation ne fait pas le poids face à l’image. Au traditionnel « parole contre parole » du tribunal se substitue la version modernisée de la guerre des images. L’usage complémentaire des supports écrits, oraux ou iconiques contribue également à déstabiliser les positions acquises par les genres traditionnels de l’expression journalistique. Le métissage des formes, facilité par l’ouverture d’espaces spécifiques, (Flickr pour les images fixes ou You Tube pour les vidéos), est maintenant dominant. A l’instar de Facebook, la pratique se déploie de manière débridée dans les multiples réseaux sociaux qui présentent le miroir grossissant des nouvelles manières d’entrer en relation et de communiquer. Amplifié sans doute par l’effet de mode, le déploiement de ces formes hybrides est en adéquation parfaite avec la nouvelle configuration d’expression repérable sur le Net. Il propose une lecture ouverte de l’information où la pluralité des supports joue à la manière d’un hypertexte. Etrange univers en train de s’élaborer, riche de ses potentialités créatives et de ses possibilités de mise en transparence de l’action publique, et qui nous soumet en même temps au risque de la tromperie et de la falsification avec un naturel inquiétant.

les tentatives de régulation par la profession

la crise économique qui frappe les médias traditionnels oblige les professionnels à faire preuve d’inventivité. Nombre de journalistes déçus par les errements de leur titre de presse ou de leur chaîne de télévision se lancent dans la création d’un nouvel organe d’information. En France, par exemple, forts de leur expérience à Libération, au Monde ou à la Cinq, ils se veulent artisans du renouveau de la profession. Munis de leur savoir-faire dans les médias « anciens » et curieux des renouveaux du métier observables sur le Net, ils s’aventurent dans cet univers incertain en élaborant une stratégie d’action mûrement pensée. Les choix variés de leur financement, la publicité et la revente de contenus, pour les uns (Rue 89), la formule de l’abonnement (Médiapart, Arrêts sur images), pour les autres, ne permet pas encore de savoir quel sera leur avenir sur le plan économique. Néanmoins, la réflexion approfondie sur les métiers d’information qui accompagne ces lancements a valeur exemplaire. Venant de journalistes tournés vers l’avenir, elle s’appuie sur la pleine conscience des transformations de la société. Si l’on suit Juan Luis Cebrian, fondateur d’El Pais, qui affirme que : « nous sommes à un moment où l’intermédiation qui caractérise la démocratie représentative, disparaît (cité p.39 de Courrier international n°972, 2009 ), il apparaît nécessaire d’ouvrir la chaîne informative à d’autres acteurs et de redéfinir les rôles traditionnellement assignés à chacun. C’est dans ce sens que Rue 89 résume son projet éditorial en mettant en avant une « révolution de l’info » avec l’info à 3 voix : journalistes, experts, internautes ». Cette définition est à prendre au sérieux car elle s’inspire de la demande croissante de participation des gens ordinaires qui accompagne la montée de l’individualisme dans la société. La « co-production de contenus » fait écho aux nouvelles formes d’engagement collectif indépendantes des appareils politiques et syndicaux. Conséquence de cette redéfinition, le « site participatif », tel qu’il est baptisé par ses pères, est structuré pour permettre la circulation interne de l’information et l’échange des points de vue et des opinions. Les rubriques proposées à cet effet constituent désormais la griffe de l’information sur Internet et se déclinent dans toutes les langues. Les appels à « participer, lire, recommander, commenter, noter » se retrouvent autant dans les médias alternatifs que dans la version électronique des médias traditionnels comme le montrent, parmi beaucoup d’autres, les pages d’accueil de titres aussi divers que Libération, le Figaro, le Monde, Rue 89, Médiapart en France ou, la Repubblica, El Pais, Clarin , Globo, The New York Times, The Washington Post ou The Guardian, à l’étranger. Ces possibilités largement exploitées par les internautes élargissent le spectre des modes d’information réduit pour la majorité de la population à consommer du factuel et du titre au rythme de plus en plus rapide de la présentation télévisuelle. Peau de chagrin de la forme expressive, la « mal info » (Muzet, 2006) ne répond plus à la fonction éclairante et explicative de l’information. Elle restreint l’influence du « quatrième pouvoir », instance essentielle d’équilibre dans les démocraties contemporaines. Par chance, la multiplication des sites donne une tribune à tous ceux, critiques et insatisfaits, qui ne se satisfont pas d’une information marquée au sceau de l’anecdotique et du sensationnel. Clé de l’Etat de droit, la « vigilance citoyenne » à laquelle font référence certains sociologues américains (Star, in p.46 de Courrier international n°972, 2009) trouve un nouvel espace ouvert à la majorité de la population. A l’époque de l’argent-roi, où le cynisme et l’arrogance de certains acteurs financiers vient de provoquer un tellurisme économique jamais connu depuis la crise de 1929, il est sain que l’esprit d’investigation retrouve droit de cité et que les résultats qu’il permet d’obtenir soient portés à l’attention de tous. La lecture des blogs élargie aux textes écrits par des anonymes illustre cette volonté de résistance à la simplification et à l’écriture superficielle. Un exemple significatif en a été donné récemment à propos de la rencontre autour d’une bière entre Barack Obama, un universitaire noir très connu et le policier qui l’a arrêté, suite à une méprise. La plupart des récits de la presse quotidienne française donnent dans le pittoresque insistant sur des détails tels la marque de bière ou la tenue vestimentaire de chaque protagoniste. Censés donner du piquant au texte, ces adjuvants au récit contribuent, particulièrement en France, à fragiliser un peu plus la presse. Dans la palette élargie de la scène publique, les blogs offrent heureusement une écriture de résistance. Plus riche et plus pertinent, apparaît le texte d’un blogueur sur le site de Médiapart qui marie avec bonheur récit et interprétation et offre ainsi un beau contre exemple d’écriture. Ce texte intitulé : « Le vrai sommet de la bière : plus qu’un coup de com ; un vrai outil participatif » devrait être proposé dans le cadre de la formation continue des journalistes… Ce serait cependant faire preuve d’aveuglement que d’en rester au seul côté positif de la redistribution en cours. Le « journalisme citoyen » côtoie trop souvent le « journalisme mercenaire ». Conscient des risques de dérives liées au manque de contrôle (professionnel et éthique) de l’écriture de l’information dans un espace ouvert à tous, les créateurs de nouveaux sites élaborent des chartes de participation pour encadrer les usages. L’exemple de Médiapart est intéressant à cet égard. Le sitepropose un corps de règles à respecter qui va du rappel des responsabilités légales (interdiction de propos racistes, diffamatoires ou incitation à commettre des crimes…) à l’énoncé des principes de base de la profession journalistique (origine et croisement des sources, usage des règles d’écriture, adéquation de l’image et du texte…). Le souci de régulation prend une importance particulière alors que les repères ne sont plus donnés par les corps intermédiaires. La liberté individuelle acquise du fait de la minoration de l’influence des Institutions traditionnelles (école, église, famille) peut, si on n’y prend garde, se payer au prix fort au niveau sociétal. Cette préoccupation devient nécessité alors que les contours d’une nouvelle configuration du Web se définissent dans les laboratoires de recherche informatique.

l’information entre Web 2.0 et Web 3.0

l’effervescence qui s’observe actuellement sur la Toile avec les buzz ,les chats, les forums et autres modalités interactivesdonne un air de tourbillon au développement des réseaux sociaux. Le rôle de ces derniers est sans doute amplifié par les effets de mode. Mais la reconfiguration du lien social qui s’opère au sein de la génération des « digital native » (la moyenne d’âge des utilisateurs de Facebook est de moins de trente ans) définit au jour le jour des rituels de contact et des modes d’interaction sans doute appelés à se pérenniser. Les traces laissées par le Web 2.0, justement défini comme « interactif » ou « participatif », ne pourront être évaluées qu’à travers le travail continu d’observation des pratiques et de théorisation sociale.

Complexité du temps et poussée technologique aidant, d’autres changements s’annoncent. Encore peu perceptibles par le grand public, ils résultent d’une fonctionnalité d’Internet à forte incidence au plan cognitif. La spontanéité des échanges, leur inscription dans un flux continu ne peut faire oublier que l’ordinateur constitue un instrument sans pareil pour classer les données et les mettre en mémoire à grande échelle, celle du monde. Le journalisme est bien évidemment concerné par cette potentialité. Chacun d’entre nous connaît par sa pratique quotidienne l’efficacité des agrégateurs de dépêches, classées comme sur Google news selon la fréquence de leur occurrence dans les différents organes de presse. Il va sans dire que cette méthode reste sommaire et ne répond pas aux exigences de hiérarchisation de l’information à l’œuvre dans les formes classiques du journalisme. A ce stade de développement de la procédure, le quantitatif se marie mal avec l’exigence qualitative, toujours indispensable quand il s’agit d’interpréter des faits sociaux. Ce serait cependant hasardeux de figer cette légitime critique en a priori durable car les chercheurs, conscients de ce hiatus, s’emploient à y trouver solution. Google News Timeline, à l’état de prototype dans le laboratoire de Google, affine la méthode de classement antérieure. Le renvoi aux sites web et aux archives des journaux constitue un progrès appréciable. Le raccourci du titre de Libération pour donner l’information : « La machine à remonter l’info», relève de la formule facile mais il met bien la focale sur l’enrichissement de la procédure qui permet désormais de naviguer dans le temps de l’information et de s’approprier son contenu en fonction d’ objectifs pré-définis : « Sept jours en une seule fenêtre( mais on peut choisir de trier les infos par semaine, mois, année et décennie) et, sous chaque jour, l’actualité classée elle-même chronologiquement. » (Libération, 22 avril 2009).

L’indexation joue un rôle central dans la mise en mémoire des données informatives sur le Web. Sa réalisation se traduit par un jargon décliné en langue anglaise : les tags (ou étiquette, marqueur, mot-clés), par exemple, décrivent le contenu de l’information et les clouds (nuage d’informations) assurent la cartographie de leur combinatoire. Faire la liste de ce nouveau lexique est de peu d’importance, il convient plutôt de réfléchir à la portée de sa fonctionnalité. Participant de la « connectivité technique », il facilite la lecture des données archivées et les rend accessibles aux journalistes et aux chercheurs, utilisateurs potentiels. Une étape nouvelle est franchie, le champ des métadonnées complète les ressources de celui constitué de données à l’état brut. La connectivité humaine se conjugue avec la connectivité technique marquant le passage du Web 2.0 au Web 3.0 ou Web sémantique. Les grands groupes de presse américains ont déjà commencé à en tirer des applications. Rob Larson et Even Sandhaus « ont annoncé leur intention de rendre accessibles des centaines de milliers de tags appliqués à des contenus remontant à 1851, soit l’essentiel des archives du Times. Ce qui offrira aux développeurs des ressources d’une valeur inestimable pour créer des navigations à travers l’énorme catalogue de savoir et de contenus du Times, tout en liant celui-ci à tout un tas d’autres contenus sur le Web » (site Readwrite.com). Les données du Times rejoindront les projets déjà développés au niveau des grandes bibliothèques mondiales (projet Gutenberg à l’échelle des Etats-Unis ou projet de la bibliothèque François Mitterrand à l’échelle européenne). Les formidables viviers qui se constituent ne traduisent pas seulement un espoir et un progrès dans la connaissance, ils concernent les choix culturels et économiques de l’avenir. Ce qu’il est convenu d’appeler « l’exception française » dans l’univers de la culture s’applique ici aussi comme mode de résistance à la vision hégémonique du monde anglo-saxon. Au plan économique, l’avenir de l’information se joue dans le cadre de cette nouvelle configuration. Richard Mac Manus dont les prédictions sont attendues chaque année comme celles d’une véritable pythie des temps modernes affirmait récemment : « Le temps des données liées est arrivé, il est sur le point de bouleverser de façon imminente le web tel que nous le connaissons. Déjà, le Times et Reuters sont posés comme exemples à suivre pour les médias désireux de s’insérer durablement dans un avenir où les métadonnées seront aussi précieuses que les données (les contenus) l’ont été hier » (site Readwrite.com).

Ce jeu de prédiction montre en tout cas que la réflexion problématisée du lien entre médias et société n’est pas obsolète : d’autres médias naissent dans notre quotidien des convulsions d’accouchement d’un autre monde.

RéférencesOuvrages

CALON, M., LASCOUMES, P., BARTHE., Y , « Agir dans un monde incertain », Paris, Seuil, 2001.

COULOMB-GULLY, M., « La démocratie mise en scène », Paris, CNRS Editions, 2001.

FRANCOIS, B., NEVEU, E., « Espaces publics mosaïques. Acteurs, arènes et rhétoriques dans les débats publics contemporains ».

ION, J., « L’engagement au pluriel », Saint-Etienne, Presses universitaires de Saint-Etienne, 2001.

MEHL, D., « La télévision de l’intimité », Paris, Seuil, 1996.

MEHL, D., « La bonne parole. Quand les psys plaident dans les médias », Paris, La Martinière, 2003.

MOUCHON, J., « La politique sous l’influence des médias », Paris, l’Harmattan, 1998.

MOUCHON, J., « Les déclarations de candidature », L’image candidate, Groupe de Saint-Cloud, Paris, l’Harmattan, 1999.

MUZET, D., « La mal info », Paris, Editions de l’Aube, 2006.

POULET, B., « La fin des journaux et l’avenir de l’information », Paris, Gallimard, 2009

Articles de revues

BLONDIAUX, L., SINTOMER, Y., « L’impératif délibératif »,Politix, n° 57, Paris, 1992 NEVEU, E., « Les émissions politiques à la télévision : les années 1980 ou les impasses du spectacle politique », Hermès n°17-18, Paris, 1995

VERON, E., « Médiatisation du politique : stratégies, acteurs et construction des collectifs », Hermès n°17-18, Paris, 1995.

Dossiers spéciaux

BOOKS, « Internet rend-il plus bête ? n°7, Paris, juillet-août 2009

COURRIER INTERNATIONAL, « Mais où va la presse ? » n° 972, Paris, 18-24 juin 2009

Sites Internet

http://fr.reawriteweb.com

« les deux facettes de la connectivité » (13/03/09)

« données et métadonnées : transfert de valeur au cœur de la stratégie des médias » (29/06/09)

http://blog.netpolitique.net

« débat politique augmenté : quand les micro-conversations (Twitter et Facebook) enrichissent l’espace public » (19/04/09)

http://www.liberation.fr

http://www.lemonde.fr

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http://www.mediapart.com

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http://www.chicagotribune.com

http://www.whashingtonpost.com

http://guardian.co.uk

http://www.repubblica.it

http://www.clarin.com

http://globo.br

Jean MOUCHON

Professeur émérite en sciences de l’information et de la communication

Université Paris X

Président d’honneur de la Société française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC)

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