VIOLENCE D’ ÉTAT
Le chef de l’Etat n’aime pas que l’on parle de « violence d’État ». Et pourtant il faut qu’on en parle.
E. MACRON avait dit que cette «violence » qu’il ne reconnaissait pas répondait à la violence de la société. Mais l’État doit former ses troupes de maintien de l’ordre pour rester professionnels en toutes circonstances et ne pas répondre à la violence de la foule et ne pas tomber dans le piège de l’affrontement. Manifestement cela n’a pas été le cas ce qui dénote une vérité que le Gouvernement ne peut pas reconnaître à savoir la faillite de la formation et des tactiques utilisées, faillite étayée par les chiffres : 870 signalements, c’est un minimum, dont deux décès sans compter les éborgnés et ceux qui on perdu un membre. Ajoutons à cela un service d’enquête, l’IGPN, qui n’est pas indépendante de l’autorité policière et politique et nous avons les éléments nécessaires pour que « ça pète » !
Mais d’où vient la violence de la Société ?
Plusieurs pistes sont à envisager à commencer par la déception profonde de ceux qui avaient cru les paroles du candidat MACRON lorsqu’il avait promis une autre gouvernance, la fin de l’ancien, monde et une certaine horizontalité dans l’exercice du pouvoir, d’autant que ces promesses avaient été étayées par une grande enquête menées par les troupes du candidat afin de recenser tout ce qui n’allait pas. Hélas, le résumé de cette enquête vaste et assez fouillée a été mis, comme trop souvent, sur une étagère où il prend la poussière. Le résultat a été l’éclatement du mouvement des gilets jaunes suivi par la grande enquête nationale qui n’a fait que reprendre ce qui était déjà contenu dans l’enquête précitée qui, si elle avait été exploitée aurait permis de faire l’économie des Gilets Jaunes et des violences qui en ont découlées ainsi que des 15 ou 20 Mds que cela a coûté !
En ne tenant pas la promesse de campagne d’exploiter les résultats de l’enquête qu’il avait lancée, et en changeant totalement de cap une fois élu en devenant un président jupitérien, E. MACRON porte l’essentiel des responsabilité des violences qui ont suivi.
Mais il y a une autre raison à la violence de notre société, plus ancienne et par là plus profondément enracinée. Les gens s’expriment par la violence parce que la modification de notre système électoral accepté par J. CHIRAC en 2000, le PS de Lionel JOSPIN étant majoritaire, a faussé les données et la vie démocratique de notre pays. Le référendum proposant cette modification a été adopté majoritairement, mais avec une abstention de 70% on ne peut pas dire que la majorité des Français a voté cette modification constitutionnelle d’autant qu’elle a été suivie par l’inversion du calendrier électoral en mettant les législatives juste après la présidentielle, donnant ainsi au président élu une forte majorité. Cela a installé dans l’esprit de nos concitoyens le sentiment qu’is ne peuvent plus modifier les choses, qu’entre deux élections ils ne servent plus à rien, qu’ils ne peuvent plus agir d’autant que les députés ne sont pas responsables devant les électeurs, le mandat impératif étant constitutionnellement interdit. Un grand sentiment d’impuissance politique s’est installé et cela se traduit par une violence certaine.
Avant ces changements constitutionnels, le président était élu pour sept ans et on pouvait le remettre en cause en provoquant une cohabitation comme nous en avons vécues. Un peu comme aux USA avec les élections de mi-mandat qui permettent de rééquilibrer le cas échéant, la donne politique.
Cela nous amène à la troisième cause possible de la violence de notre société, la violence de la gouvernance. En effet, l’hubris présidentiel conforté et flattté par une majorité absolue assez large, provoque des passages en force et une gouvernance par les forceps, ce qui donne l’impression très nette que tout se passe à l’Elysée, que les élus ne sont de toute façon là que pour la frime et que les citoyens sont baladés !
Une réforme constitutionnelle approuvé avec une abstention de 70% donc d’une légitimité largement contestable sinon douteuse, la promesse non tenue d’ E. MACRON d’une nouvelle gouvernance, horizontale et plus ouverte, une fonction présidentielle toujours très jupitérienne et des forces de l’ordre mal formées et mal encadrées avec une doctrine d’emploi désastreuse, sont certains des ingrédients qui ont amenés à la violence que nous connaissons.
J.M. 02.02.20