Prescription...

Les affaires cours concernant les crimes et délits d'ordre sexuel remettent sur le devant de la scène le problème de la prescription.

PRESCRIPTION…

 

Les affaires en cours concernant des crimes et délits d’ordre sexuel remettent sur le devant de la scène le problème de la prescription.

Comme nous l’écrivons depuis très longtemps, nous sommes toujours et de plus en plus, convaincus que la prescription doit être supprimée de nos codes.

Certaines personnes bien pensantes nous parlent des notions de pardon et d’oubli. Certes ces deux notions doivent être présentes, mais uniquement à la disposition des victimes, car il n’y a qu’elle qui peuvent pardonner et oublier et pour qu’elles puissent le faire si tant est que l’oubli soit possible, il faut que la Justice ait fait son œuvre. Or la Justice est soumise à des textes de lois qui établissent une hiérarchie dans la nature des crimes et délits comme dans les peines qui sont applicables Cette gradation doit être régulièrement remise en cause car la société évolue ainsi que ses valeurs et, quoiqu’on fasse, elle est contestable dès lors que l’on est confronté à un délit ou a un crime. Qui peut se permettre de dire que tel délit, infraction ou crime est plus important que tel autre. Qui peut dire que les actes de l’aigrefin qui subtilise vole le sac à main de la vieille dame qui part faire son marché avec quelques euros dans son porte monnaie est plus ou moins traumatisant que l’escroc qui s’accapare les économie du couple de retraités sous un motif pseudo légal. Que dire du chauffard ivre qui cause la mort d’une enfant sur le chemin de l’école par rapport au déviant sexuel qui profite et abuse de l’innocence d’un (e) enfant ?

La Justice condamne à des peines qui ne sont JAMAIS exécutées dans leur totalité, la libération anticipée et conditionnelle est devenue un droit appliqué quasiment d’office et trop souvent pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la notion de Justice, plus souvent pour des raisons d’ordre comptable et de places dans nos prisons. Mais la prescription a une complice légale également issue du Code :-le classement sans suite qui met une fin au dossier. Ainsi dans le dossier concernant l’entraîneur de patinage mis en cause ces jours-ci, avons-nous appris que la Justice avait prononcé un classement sans suite !

Des peines inadaptées et l’application de la prescription sont en fait une double peine que subissent…les victimes !

Le pardon et l’oubli ne peuvent se décréter ni se déléguer à une quelconque instance gouvernementale, religieuse ou sociétale qui ne peuvent et ne doivent se mettre à la place des victimes.

Comme pour la peine de mort en 1981, ayons le courage de supprimer cette prescription remise en cause par une technologie qui avance et qui permet de retrouver des coupables longtemps après les faits. Les victimes resteront victimes à vie alors que les coupables peuvent espérer, s’en tirer également à vie grâce au calendrier, alors c’est au nom et pour les victimes que la Justice doit être rendue ! 

 

J.M.07.02.20

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.