Retraites évolutions...

Le gouvernement va lâcher du lest, tirer en longueur, délayer son projet afin de calmer la colère de l'urgence et de l'immédiat...

RETRAITES…EVOLUTIONS

 

Le Gouvernement va lâcher du lest, tirer en longueur, délayer son projet afin de calmer la colère de l’urgence et de l’immédiat en déportant une partie de la rage sur les années à venir et démobiliser les manifestants d’aujourd’hui.

Comme nous ne cessons de le répéter la chose primordiale pour E. MACRON n’est pas la modification paramétrique, mais le projet systémique concernant le remplacement du système actuel par une retraite par points facilement « privatisable » afin de satisfaire son projet consistant à renvoyer l’ascenseur à ceux qui l’ont aidé financièrement pour sa campagne. Alors il va céder sur le « paramétrique » pour ne pas reculer sur le « systémique ».

Lorsque les retraites sont proportionnelles aux salaires et calculées sur une période d’activité donnée, le calcul prévisionnel est facile. Mais même dans ce cas, il est possible pour un gouvernement de bloquer l’indexation des retraites ou de les diminuer en les taxant comme cela est le cas en ce moment. Ce calcul est beaucoup plus aléatoire lorsque les retraites sont calculées sur la durée totale d’activité et basées sur la valeur du point surtout si celle-ci est calculée par les élus forcément aux ordres et n’oublions pas que ce qu’une loi fait, une autre peut le défaire. Même le marbre de la Constitution n’est pas inaltérable !

À cela s’ajoute la volonté affichée de faire baisser la part des retraites dans le PIB actuellement de 14%. Pour cela il y a plusieurs chemins. On peut augmenter la valeur du PIB, mais ça c’est compliqué ! On peut aussi baisser les retraites et on peut surtout modifier la répartition entre retraites de base et complémentaires d’où l’appétit de la bancassurance pour ce secteur.

À cela s’ajoute le grand mensonge du Gouvernement qui fait croire que les retraites sont payées par le budget de l’Etat alors qu’elles le sont par les cotisations des employeurs et des salariées, l’Etat n’ayant fait que dessaisir les organisations représentatives de la gestion paritaire.

Les difficultés ont aussi pour origine le fait que depuis deux ans le Gouvernement se heurte au mur du péché originel à savoir l’attrition voulue et organisée des ressources budgétaires.

Suppression de l’ISF, instauration d’une flat tax, compensation de la suppression de la Taxe d’Habitation, défiscalisations et désocialisations diverses, baisse de l’Impôt sur le Revenu sont autant de milliards qui manquent tous les ans pour mener une politique volontariste et responsable. Rien que le réajustement de la rémunération des enseignants coûtera une somme colossale, d’autant que si on veut que cela soit efficace, il faut commencer tout de suite et massivement.

Quand on sait et qu’on a annoncé de grandes réformes qui vont coûter « bonbons », on ne vide pas les caisses à moins que tout cela ne cache un projet plus sombre, le transfert vers le secteur privé d’une grande partie de la protection sociale.

Le Président MACRON signe des chèques qu’il ne peut honorer !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.