Faillite organisée

Notre société a toujours été divisée entre ceux qui commandent et ceux qui doivent obéir ou encore entre ceux qui travaillent et ceux qui profitent du travail des autres ....

FAILLITE ORGANISÉE

(la France mise en vente)

 

Notre société a toujours été divisée entre ceux qui commandent et ceux qui doivent obéir ou encore ceux qui travaillent et ceux qui profitent du travail des autres, et de nombreuses autres divisions, les unes étant bénéfiques pour l’ensemble et les autres seulement pour une caste.

Depuis les élections présidentielles de 2017, le clivage français a été orienté au profit de la « finance », et plus généralement entre le monde de « l’entreprise » et le reste de la société et pour ce faire E. MACRON utilise l’arme de la fiscalité.

Ainsi pour répondre aux souhaits de la Finance (CF interview d’Arnaud de BRESSON) il a supprimé l’ISF, instauré une flat tax et libéralisé les lois sur le travail. Il a également pris une mesure fiscale très intéressante pour l’imposition des bonus ce qui n’a pas été étranger à l’installation des groupes financiers à Paris pour échapper aux inconvénients du Brexit.

Les charges des entreprises ont été très fortement revues à la baisse et la loi PACTE va encore accentuer le phénomène. Rien d’étonnant dès lors à ce que les marges des entreprises aient fortement progressées et que la France soit devenu le pays où l’on verse les plus hauts dividendes et quand on parle de « compétitivité » ou « d’attractivité », il faut comprendre « rentabilité financière ». 

Pour ne pas passer pour le président des riches et de la Finance, il a également pris des mesures d’une démagogie jamais vue : - suppression de la Taxe d’Habitation*, diminution de l’Impôt sur le Revenu, défiscalisations et désocialisations multiples ainsi que diverses mesures en faveur « de ceux qui travaillent », les fonctionnaires et les retraités n’en faisant pas partie au moins partiellement. Pour faire bonne mesure, il se rabat sur les classes moyennes et supérieures en excluant de façon formelle les entreprises comme cela a été très clairement précisé dans la lettre de cadrage donnée aux participants à la commission du financement de la réforme des retraites et plus scandaleusement lorsqu’il a été question de prolonger la période de deuil pour les parents ayant perdu un enfant avec cette doxa « On ne touche pas aux intérêts des entreprises », ce qui n’est pas sans rappeler la phrase des tontons flingueurs « on ne touche pas au grisbi ! ».

Le résultat de cette politique fiscale est que les caisses se vident à grande vitesse et l’argent manque dans tous les domaines. Rien pour la Justice ni pour l’administration pénitentiaire, rien pour le monde hospitalier, rien pour amener le salaire des enseignants à hauteur de la pratique européenne en la matière, rien pour débloquer le point d’indice des fonctionnaires, ni les retraites qui selon la loi Fillon devraient suivre l’inflation !

La dette a dépassé les 100% du PIB et la limite des 3% pour le déficit budgétaire a été envoyée aux orties. E. MACRON organise une formidable attrition des moyens budgétaires et devant les problèmes que cela pose déjà, dans quelques mois, peut-être dans son programme électorale pour 2022, va-t-il être « obligé car il n’y a pas d’autre solution », de proposer la privatisation d’une grande partie du secteur public.

Ainsi on verra une diminution drastique du nombre de fonctionnaires au profit de contractuels plus faciles à gérer, la privatiser d’une grande partie de l’enseignement depuis la crèche jusqu’à l’université, une nouvelle répartition entre les régimes généraux maladie, vieillesse et dépendance, et les régimes complémentaires. La réforme par points est là pour cela en ce qui concerne la vieillesse, il n’y a qu’à compter les publicités pour les produits financiers dont l’objectif affiché est de nous faire bénéficier d’une retraiote paradisiaque.

Dans le para régalien, il y a déjà un moment que certaines missions sont confiées au secteur privé comme le contrôle embarqué des vitesses ou la sécurité dans certaines administrations confiée à des société privées. Les écoles sont partiellement privées depuis des lustres mais cela va aller en accélérant et l’apprentissage va passer presque en totalité aux mains des entreprises alors qu’il y quelques décennies c’est l’Éducation Nationale qui formait à tous les métiers ! La politique suivie tend à donner raison à F. FILLON quand il avait dit qu’il gouvernait un pays en faillite !

 

Parce qu’il a reçu comme mission de mettre en oeuvre les théorie économiques de Milton FRIEDMANN et de l’École de Chicago, E. MACRON suit les consignes de ceux qui ont financé sa campagne électorale et sur lesquels plane le plus grand des mystères. Pour réussir « son projet » il a sélectionné les candidats marcheurs à la députation dans le secteur privé au double motif qu’ils ne seraient pas hostiles à cette marche vers la privatisation et qu’ils seraient politiquement « innocents » donc malléables.

Pour que tout cela se passe sans trop d’anicroches les responsables du mouvement ont été particulièrement choisis en raison de leur aptitude à la docilité et l’exécution des missions qui leurs seraient confiées, aidés en cela par cinq « Whip » pour assurer la discipline dans les rangs.

 

J.M. 09.02.20

 

 

* faisant certainement preuve d’un peu de bon sens, certains élus pensent déjà à créer une « contribution résidentielle ».

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