CHOMAGE

tout le monde se félicite des chiffres du chômage qui ont officiellement baissés....

CHOMAGE…

 

Tout le monde se félicite des chiffres du chômage qui ont officiellement baissés, sauf que comme trop souvent, ces chiffres sont « hors Mayotte ». Un peu comme si le dernier en date de nos départements étaient devenu lépreux. Ce n’est pas honnête vis-à-vis de l’ensemble du pays et des électeurs, mais surtout insultant pour les Mahorais.

En parallèle à cette « euphorie », tous les médias encensent l’évolution positive de l’apprentissage. Nos responsables et les divers commentateurs oublient un peu vite que durant les « trente glorieuses » nous avions un système d’apprentissage particulièrement performant. Il était géré par l’Education Nationale et basé sur un maillage serré de Collèges d’Enseignement Technique avec la participation des chambres consulaires. On y préparait aux CAP et tous les métiers étaient concernés. Ce dispositif a été mis à mal, puis très fortement remis en cause, lors du passage de la scolarité obligatoire de 14 à 16 ans suivie de l’objectif affiché de faire passer la France d’un pays de « col bleus » en un pays de « cols blancs », sacrifiant ainsi l’apprentissage et amorçant la désindustrialisation de notre pays à l’origine au moins partielle, des délocalisations de nos entreprises. À cette époque le dispositif de l’apprentissage se divisait en deux parties ; les élèves à temps complets qui étaient formés en totalité dans les CET et les élèves à « temps réduit » ce que nous appelons aujourd’hui l’apprentissage en alternance que nos responsables semblent redécouvrir un peu comme s’ils réinventaient l’eau chaude !

Un autre élément à prendre en compte si on veut aborder sérieusement ce problème du chômage est la politique du logement pratiqué en France et largement à l’origine de l’inadéquation entre offre et demande de l’emploi, car les bassins d’emploi ne correspondent pas aux zones d’habitation. En affichant la volonté de faire de notre pays un pays de propriétaires, on a figé les gens dans des zones géographiques qui ne correspondent pas forcément aux zones où l’emploi est en tension. Cela occasionne les transhumances quotidiennes et des milliards d’heures perdues dans les transports. Peut-être serait-il utile que le logement devienne, sous une forme ou un autre, un élément du contrat de travail.

Tant que les politiciens ne comprendront pas le lien existant entre logement et travail, les bonnes décisions ne pourront pas être prises et la première d’entre elles est de favoriser un parc locatif important voire excédentaire, et de haute qualité.

 

J.M. 14.02.20

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