Amiante, chlordécone et glyphosate

Monsieur le Président, Lors de votre déplacement aux Antilles...

AMIANTE, CHLORDECONE et GLYPHOSATE

 

 

Monsieur le Président,

 

Lors de votre déplacement aux Antilles vous avez pris connaissance, concrètement, du scandale du chlordécone et vous y avez déclaré que l’Etat prendra ses responsabilités, responsabilités dont vous avez en même temps fixé les limites, assez restreintes il faut bien le dire.

 

Ce dossier est exemplaire car il est le résultat de l’irresponsabilité, si ce n’est l’incompétence, des dirigeants de notre pays. Mme CRESSON, M. NALLET et M. SOISSON ont, tour à tour, signé des dérogations concernant l’utilisation de ce pesticide avec comme résultat la pollution pour des siècles de nos îles, les transformant de paradis en enfer et entraînant des centaines de morts.

 

Mais c’est aussi l’exemple de l’attention excessive prêtée par nos ministres et vous-même, aux pressions de m lobbys.

 

Dans ce dossier, comme dans celui de l’amiante où la Justice vient de demander un non lieu général, les responsables de tous niveaux sont totalement exonérés, ce qui est un scandale judiciaire et humain, l’impunité étant devenue la règle. Si M. SOISSON n’est plus, Mme CRESSON et M. NALLET sont toujours parmi nous et il convient de les mettre en cause, même si nous savons d’avance que la procédure n’ira pas au bout, ne serait-ce qu’en raison de leur age.

Le dossier Karachi Balladur, sur les rails depuis 25 ans, est un exemple de la lenteur organisée de la Justice. On peut même parler d’a-justice !

 

Quand on a l’honneur de signer les lois et décrets, il faut savoir honorer cette signature et assumer les responsabilités qui découlent des textes que l’on signe !

 

On a l’impression que nos politiciens sont tous devenus des Ponce Pilate !

 

Comment peut-on vous faire confiance dans le dossier du glyphosate puisque la loi prévoit déjà les dérogations…ce qui permettra, dans 15 ou 20 ans, à l’un de vos successeurs de déclarer comme vous, que l’Etat prendra ses responsabilités.

Accepterez-vous d’assumer la responsabilité des maladies, malformations, morts et autres dégâts qui résulteront des dérogations que vous mettez en place aujourd’hui ?

Pourtant dans ce dossier, le délai de rois ans accordé pour arriver à la suppression du glyphosate, devrait être suffisant pour permettre aux agriculteurs de modifier leurs conditions d’exploitation et aux industriels de lui trouver un remplaçant. En fait je suis persuadé que la formule du remplaçant du glyphosate est déjà dans les tiroirs de l’industrie chimique.

 

En accordant à l’avance des dérogations, vous mettez en place les conditions des misères à venir et vous hypothéquez notre avenir.

 

Désolé, mais ce n’est pas comme cela que je me représente le nouveau monde.

 

Comme toute critique se doit d’être constructive, vous pourriez exiger de la part des industriels, mais aussi des laboratoires de recherches nationaux comme l’INRA, de mettre au point un produit destiné à neutraliser le chlordécone afin de redonner aux Antilles une fertilité sans risque associé.

 

J.M. 02 oct.2018

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