LOI ALIMENTATION
La loi alimentation a le mérite d’exister, mais elle a le tort principal d’être étalonnée en fonction des desideratas de l’industrie agroalimentaire. Ainsi elle n’a pas su voir, entre autres, l’exigence de la part de nos concitoyens du nutriscore, ni de la nécessité de suppression du glyphosate et le dossier du chlordécone qui a pourri les terres des Antillaises n’a malheureusement pas servi d’exemple.
Par ailleurs le ruissellement financier de cette loi, tellement vanté et mis en avant par le Gouvernement n’a pas eu lieu, asséché en cours de route par les appétits sans fin des actionnaires de la grande distribution qui a vu ses marges consolidées.
Pourtant, si on voulait vraiment que le ruissellement arrive jusque dans les cours de fermes, il aurait fallu (ou il faudrait) que nos élus et le Gouvernement aient le courtage d’imposer des prix minimum (et non des prix fixes) à la production et mette en place un contrôle des prix afin de s’assurer si la grande distribution respecte l’esprit de cette loi qui devrait être clairement défini et affirmé dans son préambule. Ces minima devront être définis avec les professions concernées et révisables on fonction des circonstances, indépendamment des éventuels cours mondiaux pour certains produits dont la fluctuation est trop aléatoire. En fonction de la nature même de leurs productions, certaines branches agricoles sont soumises à un chantage honteux de la part des négociateurs de la grande distribution qui vont jusqu’à externaliser leurs cellules de négociation dans les pays voisins afin d’échapper à la loi française ! Devant la colère justifiée de nos agriculteurs le courage politique sera-t-il au rendez-vous ? Pas sur…
J.M.