Les raisons des désordres

Depuis quelques décennies les manifestations vont en s'accentuant tant en nombre qu'en violence. Les Gilets Jaunes ....

LES RAISONS DES DÉSORDRES

 

Depuis quelques décennies les manifestations vont en s’accentuant tant en nombre qu’en violence. Les Gilets Jaunes nous ont montré qu’ils n’avaient plus d’autre mode d’expression, le mode habituel et normal dans une démocratie, l’élection, ayant été totalement dénaturé par le remplacement du septennat par un quinquennat et par l’inversion des scrutins présidentiel et législatif, le second venant quasiment toujours consolider le premier.

En prenant cette décision Lionel JOSPIN a mis en place les conditions de l’expression de la colère des citoyens qui ne pouvaient plus espérer renverser un gouvernement pas un vote démocratique alors que les mandats de durée différentes avaient l’avantage de pouvoir changer de majorité en cours de mandat présidentiel un peu comme les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. La cohabitation avait ce ci de bien, qu’un président pouvait toujours modérer les actions d’un gouvernement comme l’avait démontré François MITTERRAND. Par ailleurs l’existence même de la possibilité de cohabitation avait quelque chose de rassurant qui faisait réfléchir les élus majoritaires en présence d’un président devenu minoritaire.

Un autre élément est la confusion des électeurs qui ne savent pas que le mandat impératif n’existe pas en France et ne comprennent pas dès lors que « leur » député, obéissant à la discipline de son groupe, exprime des votes allant à l’encontre de leurs espérances. Le groupe de LaREM est particulièrement exemplaire dans ce domaine et il maintient une discipline de fer dans ses rangs. Il ne tolère aucun écart tant dans l’expression oral des ses députés que lors des votes.

Si nous vivons toujours dans un pays démocratique, la mise en œuvre de celle-ci n’est pas ce que l’on peut en attendre d’autant que c’est l’exécutif, c'est-à-dire le Gouvernement et en l’occurrence l’Elysée, qui décide de l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale ce qui est pour le moins une manière curieuse de pratiquer la séparation des pouvoirs.

La situation que nous connaissons actuellement, en donnant un pouvoir excessif, quasi absolu, au Président de la République, nous met de facto dans un régime de « dictature élective » ce qu’E. MACRON avait théorisé et affiché avec sa déclaration d’intention puis la pratique de l’exercice jupitérien du pouvoir.

Revoir la notion de quinquennat et celle du renouvellement de celui-ci, revenir à l’ancien calendrier des élections présidentielle et législative, mettre en place des élections de mi-mandats, desserrer le carcan de la liberté de vote pourraient redonner un nouveau souffle à notre pratique démocratique.

Qui osera le proposer ?

 

J.M. 26.01.20

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.