HISTOIRES D’ AUBAINE
Selon les indicateurs économiques, le prix de la farine a augmenté de 14% et le transport de 30%.
Dans la mesure où la farine est produite avec du blé récolté en 2019 ou 2018 et que la France est pays exportateur l’augmentation de son prix est tout à fait incompréhensible sauf à admettre que les grands minotiers ont largement profité de l’aubaine de la crise du Covid pour améliorer fortement leurs marges bénéficiaires.
Le coût du transport aurait, quant à lui, augmenté de 30%. Si on peut comprendre que certaines charges fixes n’ont pas disparues avec le Covid, d’autres comme le prix du carburant ont largement baissés. L’excuse des transports lèges n’est recevable que partiellement car cela a toujours existé. En effet le camion qui vient livrer à Rungis une cargaison de fruits n’a pas forcément un chargement en retour. C’est même plutôt la règle générale.
Pour ce qui est de la gariguette dont on a beaucoup parlé, dans la mesure où elle n’est plus en concurrence avec la fraise espagnole et où les chômeurs partiels sont venus remplacer les saisonniers, une part importante de son prix élevé a pour origine une volonté de profiter de la situation.
La crise que nous vivons, comme quasiment toutes les crises, est une occasion que certains mettent à profit sans vergogne, pour consolider leurs bénéfices alors que d’autres espèrent échapper à la faillite comme tous ceux à qui l’on interdit de travailler comme les coiffeurs et les restaurateurs. Ils augmentent leurs prix et en même temps, réclament des aides gouvernementales.
Alors que le Ministre de l’Économie a réagi en bloquant le prix du gel hydro alcoolique, il ne fait rien pour le prix du masque chirurgical qui était à 25 centimes à la production en Chine avant la crise, et qui va être multiplié par 200 ou 300 voire beaucoup plus si tant est qu’on en trouve.
Mais il se refuse également, économie libérale obligeant, à intervenir fermement pour lutter contre la dérive de certains prix des produits de consommation courante, alors que la situation que nous vivons a quasi supprimé le carcan régulateur de la concurrence.
Il sera intéressant de voir comment l’INSEE va calculer le prix du panier de la ménagère d’autant qu’il faudra obligatoirement y intégrer le prix des masques, tout comme il faut y intégrer le prix de l’abonnement Internet devenu obligatoire pour les écoliers, collégiens et lycéens.
J.M. 26.04.20