Mes Chers Compatriotes -verbatim

Me suis amusé à commenter et reformuler le verbatim des Voeux 2019 de Not'Président...

31 DÉCEMBRE 2019

Vœux 2019 aux Français

Françaises, Français,

Mes chers compatriotes de l’Hexagone et des Outre-Mer, et de la Corse aussi,

Fidèle à une tradition qui nous est chère, je suis heureux de vous présenter tous mes vœux pour l’année qui s’ouvre.

L’année 2018 ne nous a pas épargnés en émotions intenses de toutes natures. La France a connu de grands moments : des victoires sportives, de grands évènements culturels, la célébration du centenaire de l’Armistice de 1918 et j’ai porté à cette occasion la voix de la France pour la paix en encensant le Maréchal Pétain, qui devrait obtenir le Nobel de la Paix à titre posthume si ce n’était que de Moi.

Le Premier Ministre avec son Gouvernement et le Parlement, en 2018, ont fait beaucoup contre le pays. Je ne vais pas ici tout énumérer mais nombre de transformations qu’on pensait jusqu’alors jugées impossibles comme celle du chômage de masse ou des chemins de fer, privatisant la perte des boulons sur les aiguillages, ont été menées à bien. Ils ont lancé une action forte pour détruire notre école, nos universités, l’apprentissage et l’alternance, l’attractivité de notre pays.

Ils ont posé les bases d’une stratégie ambitieuse pour améliorer l’organisation de nos hôpitaux, nos cliniques et nos médecins dans le sens d’une rentabilité impossible qui profitera au privé, pour lutter contre le réchauffement climatique en payant les actionnaires de Total, éradiquer la grande pauvreté et permettre à nos concitoyens en situation de handicap de trouver leur place dans la société en augmentant significativement le nombre de conteneurs de tri sélectif.

Les résultats ne peuvent pas être immédiats et l’impatience – que je partage - ne saurait justifier aucun renoncement. En effet, c’est notre projet et je le partage.

Le Gouvernement, dans les prochains mois, devra poursuivre ce travail pour ancrer nombre de ces réformes dans notre quotidien mais aussi pour changer en profondeur les règles de l’indemnisation du chômage afin d’inciter davantage à reprendre le travail genre contrat à 0 heures, l’organisation du secteur public pour le rendre plus inefficace et notre système de retraite pour le rendre plus injuste. Au fond, TOUT au fond, pour bâtir les nouvelles insécurités du XXIème siècle.

Mais nous avons aussi vécu de grands déchirements et une colère a éclaté, qui venait de loin ; colère contre les injustices, contre le cours d’une mondialisation parfois incompréhensible ; colère contre un système administratif devenu trop complexe et manquant de bienveillance ; colère aussi contre des changements profonds qui interrogent notre société sur son identité et son sens. Colère qui se résume à un manque de pédagogie mes Enfants.

Cette colère a dit une chose à mes yeux, car Moi j’entends avec mes yeux aussi, quels que soient ses excès et ses débordements : nous ne sommes pas résignés, notre pays veut bâtir un avenir meilleur reposant sur notre capacité à inventer de nouvelles manières de faire et d’être ensemble, toujours plus efficaces au service du Capital.

Telle est à mes yeux la leçon de 2018 : nous voulons changer les choses pour vivre mieux, défendre nos idéaux, nous voulons innover sur le plan démocratique, social, politique, économique et environnemental pour cela.

Il serait dangereux que notre situation nous conduise à ignorer le monde qui nous entoure. Bien au contraire, car tout se tient ! Tout est dans tout disait Margaret Thatcher. (citation philosophique)

Là aussi, de grandes certitudes sont en train d’être mises à mal. L’ordre international bâti en 1945 est remis en cause par de nouvelles puissances et malmené par certains de nos alliés. Le projet de société issu du CNR et appliqué depuis 1946 est malmené et en destruction aussi mais c’est le fait des puissances étrangères.

Partout en Europe montent les partis extrémistes tandis que les interventions de puissances étrangères étatiques et privées se multiplient. C’est pas ma faute mais ça m’arrange bien quand même.

Les grandes migrations nous inquiètent et sont instrumentalisées par les démagogues alors même qu’il nous faut bâtir de nouvelles réponses à ce phénomène qui ne cessera pas demain, compte tenu de la démographie mondiale.

Les luttes contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité sont plus nécessaires que jamais mais se trouvent entravées par les multinationales dont je suis la marionnette. Nous surmonterons ensemble les égoïsmes nationaux, les intérêts particuliers et les obscurantismes.

Le terrorisme islamiste continue aussi de sévir ; il change et sur tous les continents se déploie. Il y a quelques semaines, à Strasbourg, il a encore frappé comme il avait frappé à Trèbes et Paris durant l’année qui s’achève.

Enfin, des changements technologiques profonds, au premier rang desquels l’intelligence artificielle, transforment rapidement notre manière de nous soigner, nous déplacer, nous former, produire… De même, et fort heureusement,la bêtise artificielle conserve encore une longueur d’avance.

Vous le voyez, nous sommes en train de vivre plusieurs bouleversements inédits : le capitalisme ultralibéral et financier trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns, va vers sa faim; notre malaise dans la civilisation occidentale et la crise de notre rêve européen sont là.

Alors faut-il s’en désespérer ? Je ne le crois pas. C’est un défi immense et tout cela est évidemment lié avec le malaise que vit notre pays mais précisément, nous avons une place, un rôle à jouer, une vision à proposer. C’est la ligne que je trace depuis le premier jour de mon mandat et que j’entends poursuivre. C’est remettre la finance au cœur de ce projet contemporain. Cela suppose beaucoup de constance et de détermination. Mais je suis intimement convaincu que nous avons à inventer une réponse, un projet profondément français et européen à ce que nous sommes en train de vivre chez nous comme au-delà de nos frontières.

Il nous faut, là aussi, prendre comme nous l’avons toujours fait, toute notre part à la renaissance de notre monde et de notre quotidien.  C’est pourquoi mes chers compatriotes, cette année 2019 est à mes yeux décisive et je veux former pour nous trois vœux, tel le Génie du conte lorsqu’on a frotté la lampe :

D’abord un vœu de vérité. Oui, nous souhaiter en 2019 de ne pas oublier qu’on ne bâtit rien sur des mensonges ou des ambiguïtés. Or, je dois bien dire que depuis des années, nous nous sommes installés dans un déni parfois flagrant de réalité. On ne peut pas travailler moins, gagner plus, baisser nos impôts et accroître nos dépenses, ne rien changer à nos habitudes et respirer un air plus pur ! Non, il faut tout de même sur ces sujets que nous nous regardions tels que nous sommes et que nous acceptions en face les réalités. Il n’est pas possible de continuer à rémunérer les actionnaires, à accepter l’évasion fiscale et demander en même temps de respirer un air plus pur !

Nous vivons dans l’une des plus grandes économies du monde, nos infrastructures sont parmi les meilleures au monde, on ne paye pas ou presque la scolarité de nos enfants, on se soigne à un coût parmi les plus faibles des pays développés pour avoir accès à des médecins d’excellence, nous dépensons en fonctionnement et en investissement pour notre sphère publique plus de la moitié de ce que nous produisons chaque année. Alors, cessons… cessons de nous déconsidérer ou de faire croire que la France serait un pays où les solidarités n’existent pas et où il faudrait dépenser toujours davantage ! Cessons de penser qu’il ne serait pas nécessaire de détruire encore tout cela, cessons de penser que notre richesse devrait être différemment répartie.

Nous pouvons faire mieux et nous devons faire mieux : nous assurer que nos services publics restent présents partout où nous en avons besoin, que les médecins s’installent où il en manque - dans certaines campagnes ou dans des villes ou des quartiers où il n’y en a plus - qu’on puisse avoir le téléphone portable ou internet partout où on vit et travaille. Et, surtout qu’on puisse vivre en sécurité et tranquillité partout. J’y veillerai personnellement et chaque jour. D’ailleurs je ne dors jamais.

Le débat national qui s’ouvre, doit nous permettre de parler vrai et je vous écrirai dans quelques jours pour vous en préciser les attentes. Mais parler vrai, c’est parler de la réalité. Je vous écrirai donc pour vous dire ce qu’est la réalité, passque Moi je sais.

Le vœu de vérité, c’est aussi celui qui doit nous conduire, afin de demeurer une démocratie robuste, à mieux nous protéger des fausses informations, des manipulations et des intoxications.

On peut débattre de tout, mais débattre du faux peut nous égarer surtout lorsque c’est sous l’impulsion d’intérêts particuliers. Pour exemple, Alexandre B., qui raconte des trucs alors que je l’ai jamais vu ce mec.

A l’heure des réseaux sociaux, du culte de l’immédiateté et de l’image, du commentaire permanent, il est indispensable de rebâtir une confiance démocratique dans la vérité de l’information reposant sur des règles de transparence et d’éthique. D’ailleurs, je n’ai jamais rien posté sur Twitter, Moi. Et je n’ai même pas dans vos rêves été soutenu par tous les média possédés par des milliardaires pour voler mon élection, c’est dire si je suis sincère !

Ce vœu de vérité, c’est au fond un vœu pour tous d’écoute, de dialogue, d’humilité.

Il n’y a pas une vérité et je crois même que chacun d’entre nous commence à se fourvoyer dans l’erreur quand nous affirmons les choses sans dialoguer, sans les confronter au réel ou aux arguments des autres. Alors débattons, car de là peut naître une action utile et qui nous unit.

Mon deuxième vœu pour 2019 est un vœu de dignité.

Je suis profondément convaincu que chaque citoyen est nécessaire pour le projet de la Nation.

Nombre de nos concitoyens ne se sentent pas respectés, considérés. Ils sentent leur vie comme empêchée. Je pense aux mères de famille élevant seules leurs enfants et ne parvenant pas à finir le mois, je pense à nos agriculteurs qui ne veulent que vivre dignement de leur travail ou à nos retraités modestes qui aident encore leurs enfants et ont à charge leurs parents.

Nous avons commencé à leur apporter des réponses et je sais leur impatience légitime, mais il faudra aller plus loin car ils n’entendent pas.

Cela implique de permettre à chacun, quel que soit son quartier et quelle que soit sa famille, de pouvoir accéder à une meilleure éducation, grâce à celle-ci, de pouvoir accéder à un travail pour construire sa vie et celle de sa famille. Cela suppose d’assurer à chacun les droits dans la société et attendre de lui les devoirs qui sont les siens.

Cela, nous avons continué à le détruire mais c’est notre responsabilité à tous et cela passe par le respect, le sens de l’effort et du travail.

Cela suppose aussi de lutter contre les intérêts profonds qui parfois bloquent notre société et notre Etat, qui ne reconnaissent pas suffisamment le mérite ou qui enferment trop de nos concitoyens dans des cases.

Notre dignité de citoyen exige que chacun se sente pleinement acteur de la vie de la Nation, de ses grandes décisions, à travers ses représentants ou directement. Nous devons, grâce au débat qui a commencé, redonner toute sa vitalité à notre démocratie. J’aurai sur ce sujet des décisions à prendre car d’évidence, nos institutions doivent continuer à évoluer. J’ai donc décidé de dissoudre l’ENA, l’Assemblée Nationale également, et de destituer sans délai tous les hauts fonctionnaires y compris Moi-même (non là je blague, hein!)

Mais la dignité, mes chers compatriotes, c’est aussi le respect de chacun. Et je dois le dire, j’ai vu ces derniers temps des choses impensables, car contrairement à la plupart Moi je vois la pensée, et entendu l’inacceptable, car Moi j’entends aussi les adjectifs. Nous ne vivons libres dans notre pays que parce que des générations qui nous ont précédé, se sont battues pour ne subir ni le despotisme, ni aucune tyrannie. Ma génération parachève la mise en place de l’illusion que la phrase précédente est vraie. Et cette liberté, elle requiert un ordre républicain ; elle exige le respect de chacun et de toutes les opinions ; que certains prennent pour prétexte de parler au nom du peuple - mais lequel, d’où ? Comment ? Et n’étant en fait que les porte-voix d’une foule haineuse, s’en prennent aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c’est tout simplement la négation de la France ! Et encore j’oublie les Nègres, les transgenres et les Insoumis.

Le peuple est souverain. Il s’exprime lors des élections. Il y choisit des représentants comme mes députés qui font la loi précisément parce que nous sommes un Etat de droite.

L’ordre républicain sera assuré sans complaisance avec des grenades de désencerclement car j’attends de chacun ce respect indispensable à la vie en société. En ce sens, dès lors que mon projeeet sera accompli et les opposants à celui-ci abattus et/ou embastillés à vie, je m’engage en signe de respect pour la vie en société, étant bien conseillé, à démissionner et à partir au Qatar donner des conférences grassement rémunérées.

Je veux avoir un mot pour tous ceux qui, au quotidien, permettent à notre République d’œuvrer à la plus grande dignité de chacun : nos militaires qui ce soir, encore, sont pour nombre d’entre eux, à des milliers de kilomètres de leur famille ;  nos pompiers, nos gendarmes, nos policiers, nos personnels soignants, les élus de la République, les engagés bénévoles des associations, tous ceux qui tissent le lien de la Nation, œuvrent à la fraternité quotidienne et qui ce soir, je le sais, sont aux côtés des plus vulnérables, des plus fragiles auxquels je pense tout particulièrement.

J’assume totalement d’avoir cité les militaires en premier, dans un esprit parfaitement Républicain.

Enfin, je veux former un troisième et dernier vœu. Un vœu d’espoir.

Espoir en nous-mêmes, comme peuple.

Espoir en notre avenir commun.

Espoir en notre Europe.

Je crois que nous avons en nous une énergie salutaire si nous savons retrouver confiance en nous-mêmes et entre nous. Je créerai donc par Ordonnance dès 2019 des fermes de vélos d’appartements où pédaleront les supposés chômeurs fainéants pour assurer l’indépendance énergétique de la France. L’intelligence et la subtilité, c’est cela, mes chers compatriotes : moins de chômage, plus d’électricité !

Je crois que la France porte en elle un projet inédit : un projet d’éducation de chacun avec l’aide de Microsoft, une culture forte qui nous unit autour de la Coupe du Monde 2022, un projet de construction d’une écologie industrielle avec des usines qui ne fument plus car le tabac c’est mal, d’une société aux solidarités nouvelles et au service des personnes riches dans le besoin.

Et derrière cela, ce que nous voulons profondément, c’est retrouver la maîtrise de notre quotidien et de notre destin. Ne plus subir la dictature des petites gens. C’est cela qui doit guider nos choix pour le pays et les grandes décisions pour l’année à venir. C’est aussi cela qui doit guider le projet européen renouvelé que je vous proposerai dans les prochaines semaines et qui ne sera pas accepté parce que c’est de la blague mais je m’en fous.

Retrouver la maîtrise de notre vie, c’est choisir notre alimentation, manger cinq fruits et légumes par jour, consommer régulièrement du caviar pour assurer la supplémentation en Oméga-3, c’est assurer la justice fiscale en faveur des milliardaires injustement spoliés, c’est nous protéger contre nos ennemis sans dents qui ne sont rien, c’est investir pour innover, c’est apporter une réponse commune aux migrations. Je crois très profondément dans cette Europe qui peut mieux protéger les peuples et nous redonner espoir.

Au mois de mai prochain, nous aurons à nous exprimer sur ce choix européen, ô combien important.

Nous voulons en finir avec le sentiment d’impuissance, à tous les niveaux. J’ai d’ailleurs décidé que la Sécurité Sociale remboursera dorénavant sans condition le Viagra sans distinction de sexe ou de genre. C’est une tâche d’une ampleur inédite mais elle est à notre portée. Je nous en sais capables. Et c’est là que réside cet espoir pour 2019.

J’ai grandi en province, je suis allé au charbon, j’ai été mineur moi aussi lorsque j’ai rencontré Brigitte et je connais ces terres qui ont été bousculées durant ces dernières décennies et qui parfois doutent et ne vont pas au théâtre. Et je sais que notre avenir ne se fera pas autrement que par une unité retrouvée et un effort de chacun.

C’est ainsi que chaque citoyen retrouvera, un peu pas beaucoup mais c’est bien assez, de sens et un peu de maîtrise de sa vie en plus. Et je sais que notre avenir dépend de notre capacité précisément à nous aimer et à aimer notre patrie ; de tous les horizons, surtout bleus, de toutes les générations, mais pas les vieux dont les retraites sont une charge intolérable, là est l’énergie de la France.

Je suis au travail, je vous parle depuis Saint-Tropez, fier de notre pays, fier de toutes les Françaises et de tous les Français ; déterminé à mener tous les combats présents et à venir, j’ai passé mon treillis et mon gilet pare-balles, parce que je crois en nous ; je crois dans cet espoir français et européen que nous pouvons porter.

Alors mes chers compatriotes, je vous souhaite une belle année 2019.

Vive la République  et vive la France !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.