Lettre ouverte à Mr le Docteur VERAN, Praticien Hospitalier, Ministre de la Santé

Lettre ouverte au Ministre de la Santé actuellement en fonction, Praticien Hospitalier lui-même avant que d'être Ministre, de la part d'un vieux Praticien Hospitalier (moi-même personnellement)

Cher Collègue, Monsieur le Ministre de la Santé,

je suis Praticien Hospitalier, tout comme vous, Psychiatre, des Hôpitaux en fin de carrière. Réalisée dans le Service Public, au service du public. Pas très bien voire carrément mal payé, mais je n’ai pas voulu faire du privé. J’ai constaté, au fil des années, avec colère et impuissance, la dégradation des conditions de travail dans les Hôpitaux Publics

En toute confraternité, je dois admettre que je suis très affligé de vos prises de positions en tant que Ministre de la Santé. Votre fonction ministérielle, il me semble, ne devrait pas vous dispenser de respecter l’éthique médicale.

Comment osez-vous menacer les Professionnels de Santé d’être licenciés s’ils refusent le « vaccin « ? Qui n’est qu’un « candidat-vaccin », basé sur une technologie à ARN-m jusqu’alors jamais utilisée chez l’humain, et d’autant moins à l’échelle mondiale.

Comment osez-vous, lors même que les « vaccins » (« candidats-vaccins », donc) sont en phase expérimentale, bénéficient d’une AMM conditionnelle, (avec déclinaison de toute responsabilité par les laboratoires producteurs, entérinée par le Gouvernement auquel vous participez) et que selon la Déclaration d’Helsinki de 1964, elle- même faisant suite au Code de Nuremberg, que vous connaissez certainement, et à la Loi dite Kouchner de 2002, chaque citoyen devrait donner son consentement éclairé avant que d’être sujet d’une expérimentation ? Qui devrait, éventuellement, se terminer fin 2023…

Comment osez-vous, surtout, menacer ainsi l’Hôpital Public – dont vous êtes vous-même le produit- de licencier ses agents, lors même qu’il est déjà en sous -effectif ? A moins que de penser que vous souhaitez et prônez le tout privé ? Pas grave pour moi, on me propose depuis longtemps des ponts d’or pour gagner 3 à 4 fois plus (en Suisse par exemple), mais je reste viscéralement attaché au Service Public.

Comment osez-vous entériner le fait que les policiers et gendarmes, les « Forces de l’Ordre », seraient explicitement exclues de l’obligation vaccinale, lors même qu’elles sont quotidiennement au contact du public ?

Comment osez-vous vous positionner ainsi, en tant que Ministre, en-dehors des règles d’éthique élémentaire internationalement admises  et donc au mépris de l’éthique médicale ?

Oui, sans doute, peu de citoyens sont au fait de cela. Ne voyez-vous pas que c’est précisément le problème ? Vous le savez ! En tant que Ministre, votre rôle, votre devoir, devrait être justement d’être garant de cette éthique, pour tous les citoyens, même ceux qui en sont peu au fait, et vous vous en défaussez de manière très...politicienne  ! Mais non, vous agitez des menaces et des arguments « d’autorité» qui convainquent peut-être un certain nombre, mais ne résistent aucunement à l’analyse.

Il me paraît que, en tant que Praticien Hospitalier ayant donc accepté cette fonction de Ministre de la Santé, vous devriez être justement très particulièrement vigilant aux droits des patients, et, encore plus largement, des citoyens.

Je considère – et je sais que je ne suis pas le seul, mais je parle et signe en mon nom propre- que vous devrez ainsi être tenu comptable, responsable et coupable de vos décisions contraires à l’éthique.

Après, j’admets que je ne suis pas très au fait des enjeux « politiques » qui sans doute vous animent. Cela apparaît assez désolant, et je me désolidarise d’un Praticien Hospitalier qui ainsi déshonore le Corps auquel il prétend encore appartenir. Vu que cela ne semble pas vous déranger, j’envisage de quitter ce Corps auquel je suis pourtant si attaché, cela ne fera jamais qu’un poste vacant de plus, qu’avez-vous fait pour remédier à cela ? Rien. Les fermetures de lits continuent en pleine « crise sanitaire », vous entérinez cela.

Mais, à vrai dire, je m’en moque. Une dernière question : êtes vous encore médecin ?

Pour ma part, devrais-je être appelé à devenir Ministre de la Santé d’un tel Gouvernement, je me ferais un honneur de refuser. Je ne voudrais pas faire partie d’un Club qui m’accepterait pour membre, comme disait l’autre. Mais pas d’inquiétude, cela n’arrivera pas.

Je forme un recours auprès du Conseil National de l’Ordre des Médecins pour trancher cette question (sans beaucoup d’espoir il est vrai, mais c’est une question de principe)

Dans l’attente de votre éventuelle réponse, Cher Collègue et Monsieur le Ministre, bien confraternellement et respectueusement.

Docteur Jean-Pascal MEDURIO

Psychiatre des Hôpitaux-Praticien Hospitalier

10ème Echelon (anciennement 13ème)

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