LA FIN DE L'HUMANITÉ COMMENCE EN 2030 !

Le réchauffement climatique va faire s’effondrer la population vers 2030, selon la réactualisation du Rapport Meadows, qui confirme les prévisions que ses auteurs de 1972 pour les Club de Rome. Je présente d'autres scénarios éloquents. Mon "Guide de la révolution non-violente (2008)" proposait une Charte du consommateur responsable plus que jamais d'actualités.

https://www.youtube.com/watch?v=_tThDHUvpro

En 1970, le Club de Rome charge le Massachussetts Institute of Technology (MIT) d’un rapport. Le Rapport Meadows, qui sort en 1972, est la première étude savante qui alerte les politiques et les médias sur les dangers d'une croissance économique et démographique non maîtrisée. Mise à part les écologistes, la population est peu informée de cette première alerte. La croissance se poursuit. En 1992, la réactualisation du rapport Meadows demande « une politique internationale judicieuse » pour ramener « le monde en territoire soutenable ».

     La première Conférence de l'ONU sur le climat (COP01), en mars 1995 à Berlin, et toutes celles qui ont suivi chaque année jusqu'à nos jours, n'ont pas réussi à mettre en place un instrument juridique pour contraindre les pays à respecter l'environnement et les climats. Les conclusions du rapport Meadows, réactualisé en 2004, sont plus pessimistes. Toujours aucun plan international de sauvetage en vue, la croissance se poursuit. En 2012, pour le quarantième anniversaire du premier rapport Meadows, leurs auteurs ont confirmé que leurs prévisions s'étaient réalisées, pour la période 1970 à 2000 (zone crise du graphique). Les courbes prévisionnelles, montrent que la courbe « Food per capita » indique un effondrement des ressources alimentaires (food) disponibles par personne (per capita). Cette pénurie alimentaire sera responsable d'une baisse continue de la population mondiale à partir de 2030, qui sera suivie d'une baisse continue de la production mondiale jusqu'en 2100, ou s'arrête l'échelle de temps du graphique.(12)

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    Le dernier rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) paru en octobre 2018, confirme pour la énième fois, que la forte émission de gaz à effet de serre (GES) est due à la pollution générée par notre modèle économique : industrie, agronomie, transport, surconsommation, etc. L'atmosphère se réchauffe à une vitesse de +0,2°C par décennie, qui s'ajoute à la surchauffe de +1°C déjà produite au siècle dernier. Ce réchauffement confirme les alertes lancées par plusieurs scientifiques, auxquelles les responsables politiques et les industriels sont restés sourds. Plusieurs scénarios décrivent les répercussions qu’aura le réchauffement climatique, si les pays industrialisés ne prennent pas des mesures d'urgence. Sachez que vous êtes les premiers acteurs à pouvoir faire quelque chose, parce que vous êtes les plus gros consommateurs d'énergie comme toutes les personnes des pays développées. Vous êtes, vous les Européens, les Américains, etc., les plus gros émetteurs de CO2.

     Plusieurs scénarios catastrophiques envisagés par certains scientifiques sont plus que jamais d'actualité. L’astrophysicien Hubert Reeves en donne trois (1). Le premier est celui que nous vivons et qui semble inéluctable. La température augmentera de 3°C à 5°C. Des îles et des villes basses disparaissent déjà sous les océans, la faune et la flore migrent déjà vers le Nord, mais la majeure partie d’entre elle sera dans l’incapacité de s’adapter faute de temps et disparaîtra. La population humaine chutera parce qu’elle aura du mal à s’adapter et à s’approvisionner en eau potable et en nourriture (cause de l'inversion de la courbe de la population). Deuxième scénario, la température atteindrait 60 à 70°C et la vie reculera d’un milliard d’années, seules certaines algues et bactéries survivront. Comme il restera cinq milliards d’années de vie au soleil, on peut envisager un retour de l’homme, mais rien n’est sûr. Troisièmement, la température s’élèvera de plusieurs centaines de degrés, et toute vie sera anéantie. La vie reculera de quatre milliards d’années et le temps astronomique laissera encore moins de chance à la réapparition de l’homme sur terre. Notons, que le temps astronomique, qui provoque régulièrement les ères glacières (2), est trop long pour contrebalancer le réchauffement climatique en cours. Quand la prochaine ère glacière interviendra, la Terre se réchauffera de +5°C. La température moyenne de la Terre durant la dernière glaciation était bien de -5°C à celle d'aujourd'hui, le niveau des océans était alors de 120m plus bas qu'aujourd'hui. C'est dire les transformations occasionnées par les variations de température du climat de quelques degrés seulement.

     Les gaz à effet de serre (GES) qui provoque le réchauffement climatique sont l'ozone (O3), le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4). L'ozone est fourni en grande quantité par l'activité industrielle et les chlorofluorocarbures (CFC). La combustion du bois et des carbones fossiles, charbon, lignite, pétrole ou le gaz naturel (méthane) augmente le CO2 dans l'atmosphère. La déforestation des forêts amazonienne (Brésil et bientôt la France en Guyane ?), congolaise et indonésienne, est responsable de 20 % des émissions mondiales de CO2. La réduction de l'albédo (renvoi des rayons solaires vers l'espace) dû à la disparition des glaces polaires accélère le réchauffement. Cette fonte expose le pergélisol qui libère une grande quantité de méthane, un GES 28 fois plus néfaste que le dioxyde de carbone. « Les concentrations en méthane dans l’atmosphère sont deux fois et demi plus fortes que ce qu’elles étaient avant le début de la révolution industrielle. Après une stabilisation au début des années 2000, elles sont reparties à la hausse depuis 2007, avec une nette accélération en 2014, confirmée en 2015. » Les activités humaines sont responsables à 60 % de ces émissions. (5)

Le GIEC donnait dans ses rapports précédents les contributions approximatives des principaux gaz à effet de serre : 60 % pour la vapeur d'eau ; 26 % pour le dioxyde de carbone ; 8 % pour l'ozone ; 6 % pour le méthane et l'oxyde nitreux. Le réchauffement augmentera la vapeur d'eau et les nuages dans l'atmosphère. Les deux graphiques suivants montrent une corrélation entre l’élévation de la température du globe et l'augmentation des émissions de CO2 dans l’atmosphère.

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    La croissance économique inconsidérée et la durée de vie du dioxyde de carbone (CO2) et des autres GES, font qu'ils s'accumulent dans l'atmosphère terrestre et emprisonnent les rayons infrarouges responsables du réchauffement de la Terre. L'élimination du CO2 par stockage dépend en partie de la capacité d’absorption de notre environnement et notamment des forêts. Depuis l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère, on a constaté que les arbres séquestrent plus de carbone et poussent plus vite (3) ; selon des études faites aux États-Unis et en France. Sans être la solution unique, le reboisement contribuera à réduire les GES. Les océans absorbent près de 30 % des émissions de CO2 que nous rejetons dans l'atmosphère. Mais on ne sait pas jusqu’à quand, car la pollution marine provoque une acidification de l’écosystème marin, qui détruit les coraux (1), principaux incubateurs du CO2 avec les algues. « Les récifs coralliens sont dégradés par une accumulation de contraintes résultant des activités humaines. La surpêche, la pollution et le développement côtier sont en tête de liste des facteurs de stress chroniques. » (6) La préservation de la biodiversité des océans est un facteur important dans l'équation climatique.

     Le scénario du cancérologue Dominique Belpomme étudie l’incidence du réchauffement climatique sur la santé humaine. L’horloge biologique de l’évolution de la vie sur terre est très lente, elle se compte sur une échelle de temps qui se chiffre en millions d’années. De ce fait, l’humanité risque de disparaître suite à de nouveaux problèmes de santé impossibles à résoudre. Le Nord avec l’augmentation de la chaleur verra la multiplication des bactéries, des virus et des parasites, et l’apparition de maladies tropicales inconnues sous nos latitudes. Quand on additionne tous ces facteurs, nous pouvons craindre un « sixième épisode d’extinction biologique » dont l’humanité sera responsable, nous dit le professeur Belpomme (1).

     Une longue chaîne de solidarité humaine entre le Nord et le Sud devra empêcher les murs de continuer à se dresser aux frontières des États pour empêcher les populations en perdition d’immigrer. Ces murs étaient au nombre de 66 en 2016, et les États vont vouloir les multiplier pour arrêter les migrations climatiques et économiques qui vont s'amplifier. Sinon l’humanité sera coupée en deux géographiquement et les populations du Sud dont l'empreinte carbone ou écologique est très faibles vont payées nos excès. Selon une extrapolation de la courbe démographique précédente, c'est environ 3 à 4 milliards d'êtres humains qui sont menacés de disparaître entre 2030 et 2100.

     Je vous invite à corriger chacun de vos gestes inconsidérés, car si l'on considère l'effet papillon dans la théorie du chaos, chacun d'eux peut déclencher l'emballement climatique et provoquer l'extinction de l'humanité (4). Tout en vivant normalement comme tout le monde, j'ai acquis la discipline de réfléchir à tous les actes de ma vie, en éliminant tout ce qui est superflu, en réduisant ce qui est nécessaire et en augmentant la qualité écologique de mes produits (aliments, vêtements...) Au début, ça demande un effort, mais on s'y habitue vite, et l'entraînement fait que de nouvelles idées nous viennent pour être chaque jour plus juste en général. Cette expérience a motivé l'écriture de la Charte de 2003, reprise et augmentée dans mon Guide de la révolution non-violente en 2008 (voir mon blog « Livres de... » dans le Guide) (9). Le développement personnel représente une priorité sans laquelle l'humain reste prisonnier de ses envies, qui sont stimulées et exploitées par les publicistes pour faire surconsommer tout et n'importe quoi. J'ai développé une méthode de méditation laïque à cet effet, qui est présentée également le blog « Livres de... » dans le Guide. Ne pas perdre de vue que les émissions de GES et la surchauffe climatique dépendent essentiellement de notre consommation, qui dépend de la maîtrise de nous-même, de notre capacité à ne pas céder aux sirènes de la publicité et des apparences. Revenons aux GES.

     La plus grande consommation énergétique à l'origine des GES est dépensée (hors agriculture (10)) dans la production des objets que nous consommons et utilisons chaque jour. Il faut donc apprendre la sobriété et éviter de renouveler nos appareils inconsidérément. Tant qu'ils fonctionnent conservez-les, faites les réparer. Faites durée vos produits, car l'échéance 2030 annoncée par le MIT est dans moins de 12 ans. Si la combustion au gazole rejette plus de particules fines (11), elle rejette en tout moins de GES que l'essence (13), contrairement à ce qu'affirmait notre ministre de l'environnement Nicolas Hulot ; difficile d'y voir clair, je sais. Et aujourd'hui, le climat est devenu la priorité des priorités. L’État doit encourager le transport ferroviaire pour limiter les poids lourds principaux responsables de la pollution. Un poids lourd consomme entre 30 et 40 litres de gazole au 100 km et il faut produire ces camions. Idem, pour les téléphones et autres objets, prenons l'exemple d'un téléphone ou d'un smartphone, 90% de l'énergie utile pour son fonctionnement global (100%) provient aujourd'hui de sa fabrication, 10% de l'énergie consommée sert à son fonctionnement durant toute sa vie ; bien trop courte (7).

     Faites durée le plus longtemps possible vos produits, tout en réduisant leur utilisation au maximum, fermez vos box Internet la nuit par exemple, baissez votre chauffage, levé le pied en voiture, faites les petits trajets en vélo, etc. Si les fabricants vous poussent à la consommation avec l'obsolescence programmée due à des composants constitutifs, comme une batterie intégrée ou des logiciels ou des applications toujours plus gourmands en mémoire, réfléchissez à d'autres moyens plus propres pour communiquer. Est-il utile d'être constamment connecté à un réseau, suis-je plus heureux connecté ? En diminuant la taille de vos objets vous réduisez la quantité de matières premières utilisée et les émissions de GES qui sont toujours proportionnelles à la taille des produits industriels, tout étant égal par ailleurs. C'est valable pour tout, y compris les voitures, les ordinateurs, mais aussi l'habitat. Chaque mètre carré de sol artificialisé (bétonné) diminue la biodiversité, c'est-à-dire rapproche la catastrophe climatique. Soyez le plus rationnel possible, acheté ou renouveler vos objets que contraint forcé.

     Quand on utilise Internet pour faire des transactions, stocker ou échanger des données, on sollicite à distance des serveurs. Les serveurs sont des ordinateurs de stockage des données empilés dans des armoires entreposées dans des salles appelées data centers. Selon Data Center Map, il y aurait 4081 data centers répartis dans 118 pays. (8) L'usage d'Internet et le trafic mondial de données a été multiplié par 4,5 entre 2011 et 2016 selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes. En 2015, la consommation électrique annuelle des data centers situés en France équivalait à celle de la ville de Lyon. Une manière simple de réduire ses dépenses énergétiques, est de réduire son usage d'Internet, des communications et transactions électroniques, de supprimer tous les mails, fichiers et autres informations dont vous n'avez plus l'usage et de vider les corbeilles numériques. D'autres gestes, comme payer en espèces pour éviter la monétique, éteindre les box Internet quand elles ne servent pas (nuit, heures d'absence ou autre), idem pour tout ce qui est connecté au réseau électrique, hertzien, optique, etc. Regardez autour de vous, parlez-vous, et de belles rencontres à deux pas de chez vous vous attendent, j'en suis certain.

     Pour absorber le carbone (CO2) de l'atmosphère, il faut planter des arbres autant qu'on peut, éviter l'artificialisation des sols et privilégier l'habitat collectif tout en recherchant l'autonomie alimentaire et énergétique localement pour limiter les transports ; c'était mon projet pour la ville de Saintes en 2014 (voir mes blogs). Ne restez surtout pas dans les grandes villes, qui seront les premières à souffrir du manque d'approvisionnement, sans pour autant aller artificialiser les sols des campagnes. Il faut prévoir des jardins collectifs avec des récupérateurs d'eau de pluie (très important). Produire ou acheter des aliments biologiques. Acheter des produits en vrac dans des contenants réutilisables (sac en tissu, boite...). Pour plus d'information voir ma charte. Quand des milliards d'individus appliqueront cette sobriété, nous aurons peut-être la chance d'éviter des souffrances à nos enfants et petits-enfants. Mais douze ans c'est très bientôt, nous sommes dans le lot. Je n'exagère rien, croyez-moi, je n'ai aucun intérêt à le faire. Le principe de précaution doit s'appliquer plus que jamais.

Merci de faire suivre ce message à vos proches, car mes moyens sont très limités.

Jean-Paul Alonso

Notes :

1 - Mal de terre, Hubert Reeves, Seuil, 2003, cité par Belpomme voir aussi

   - Ces maladies créées par l'homme, Dominique Belpomme, Albin Michel, 2004

    - Avant qu'il ne soit trop tard, Dominique Belpomme, Fayard, 2007

2 - Les plus longs cycles qui modifient notre environnement naturel et notre vie sont les ères géologiques, qui alternent ères glacières et ères tempérées. Ils sont dûs à des facteurs astronomiques qui ont été mis en évidence par le savant serbe Milutin Milankovitch (1879-1958)1. Milankovitch montre que ces cycles sont engendrés par l'influence gravitationnelle du soleil, de la lune et des planètes géantes exercée sur la terre, qui subit aussi des variations dues à l'excentricité de son orbite, à l'inclinaison de son axe (l'obliquité) et à la précession des équinoxes.

3 - futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-dioxyde-carbone-fait-pousser-forets-plus-vite-22469/

4 - En mathématique, la théorie du chaos est illustrée par l'effet papillon, qui est empruntée à Edward Lorenz (1917-2008), qui s'interrogeait si un battement d'ailes de papillon au Brésil, pouvait provoquer une tornade au Texas. Nos prédictions en matière climatique sont fiables, car elles dépendent de mesures incontestables.
5 - lejournal.cnrs.fr/articles/le-methane-en-augmentation-dans-latmosphere 
6 -  coralguardian.org/les-coraux-menaces/
7 - chiffres de Jancovici sur France culture le 17/10/2018 ; voir aussi ses nombreuses conférences sur YouTube.
8 - leparisien.fr, 20-02-2017 
9 - Sur la page d'accueil de ce blog, cliquez sur "afficher mon profil" sous ma photo à droite. Dans la nouvelle page qui s'affiche, tapez une requête dans la fenêtre en haut à gauche. Ensuite, faites défiler le texte avec la souris jusqu'à la Charte du consommateur responsable ou toute autre requête.
10 - Agrobiologie, homéopathie,  phytothérapie, et autres cultures qui évitent les produits chimiques de synthèse non-biodégradables sont indispensables en la matière.
11 -  Contrairement au CO2, qui est un oxyde qui reste des décennies dans l'atmosphère, les particules fines disparaissent, tout au plus, après quelques jours. De plus, les précipitations les éliminent. (voir asef-asso.fr) Ce sont les personnes qui vivent dans les grandes agglomérations polluées, proches des industries polluantes ou des routes où passent les poids lourds, etc., qui sont les plus exposées au cancer.
12 - Voir les graphique page 14 de : http://sustainable.unimelb.edu.au/sites/default/files/docs/MSSI-ResearchPaper-4_Turner_2014.pdf et l'étude de Jean-Marc Jancovici : https://jancovici.com/recension-de-lectures/societes/rapport-du-club-de-rome-the-limits-of-growth-1972/ et ses nombreuses conférences sur YouTube.
13 - La durée de vie des moteurs diesel étant plus longue, cette technologie génère moins de renouvellement des véhicules et moins de fabrication, donc moins de GES ; le diesel consomme environ de 10% à 20% de moins de carburant, donc émet moins de GES. Les particules fines émises ont une durée de vie faible comparée CO2. La réduction du transport routier reste indispensable.

 

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