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Billet de blog 1 janvier 2014

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Oublier 2013

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C’est bien l’envie qui résulte de cette étrange année, qui fut marquée par plusieurs phénomènes politiques particulièrement lourds.

Ce fut d’abord la démonstration qu’en 2012 Nicolas SARKOZY avait certes été battu, mais non éliminé à tout jamais, puisque, depuis des mois, il organise méticuleusement son retour, exactement comme on organise la diffusion d’une nouvelle version d’une ancienne lessive. Il suffit de voir comment les roquets COPÉ et FILLON ont soudain cessé de critiquer ouvertement leur ancien mentor, pour comprendre que l’UMP est prête à se coucher en ronronnant devant celui qui prétend les dominer de nouveau.

Après quelques premiers couacs en 2012 au sein de l’équipe gouvernementale, l’année 2013 fut celle d’un extraordinaire feu d’artifice où chaque semaine ou presque, vit un ministre dire le contraire de ce que disait Jean-Marc AYRAULT ou un autre ministre. Delphine BATHO en fit les frais alors qu’elle avait commis une peccadille par rapport à ce qui suivit.

En six mois, François HOLLANDE avait réussi à nous habituer à l’idée qu’il ne tranchait jamais. Certains en venaient à se dire que nous étions, peut-être, en période de désintoxisation de Bonapartisme et que nous avions oublié que le rôle du « Président de la République normal » n’était pas de décider de tout ni même du tout. Le choc du déclenchement de l’intervention Serval au Mali, fut au moins aussi fort pour nous, les Français, que pour les islamistes de Tombouctou. Nous avons appris que, quand il le voulait, François HOLLANDE savait décider en quelques heures et tirer des rafales comme n’importe quel chef de bande des quartiers-nord de Marseille. Mais, alors, s’il ne s’était pas attaqué à son seul ennemi, « la finance », c’est qu’il ne le voulait pas ! Il a remis ça en fin d’année en Centrafrique … décidément il a raté la seule carrière qui lui eut convenu : sous-officier dans la Légion.

L’année 2013 c’est aussi l’année de la renaissance de l’extrême-droite, dont chacun sait qu’il ne faut pas la confondre avec le FN tel que Marine LE PEN a décidé de le marketer. Jamais, depuis le 6 février 1934 ou depuis l’époque où l’OAS tuait sauvagement en Algérie comme en France … et, bien sûr, sous le régime collaborationniste de Vichy, on n’avait vu l’extrême-droite tenir à ce point le haut du pavé. Sur ce terrain immonde, l’année aura fini en beauté avec l’affaire DIEUDONNÉ qui me permet, enfin, de moins craindre le lynchage, à Lyon, lorsque je dis que je n’aime pas la quenelle.

L’Europe a poursuivi sa dissolution dans une logique strictement commerciale et ultra-libérale, sans projet commun, sans valeurs communes, sans crédibilité internationale … sans rien d’autre qu’une vaste régression sociale, alors-même que l’inspirateur en chef de cette politique, le FMI, a reconnu il y a plusieurs mois, que la politique de déflation qu’il a contribué à adopter est suicidaire.

Je pourrais, hélas, poursuivre une liste qui laissera vraiment 2013 pour ce qu’elle est : « l’annus horribilis » selon l’expression utilisée en 1992 par la Reine d’Angleterre, l’année où le château de Windsor brûla et que les couples de trois de ses enfants s’étaient brisés.

Ici sur Médiapart, probablement rendus un peu fous par le désarroi général, on vit certains manier l’invective, le « pipi-caca » et la comparaison du zizi « façon petit-Gibus », en lieu et place d’échange de points de vue dans le respect des sensibilités de chacun. Heureusement que ça reste relativement en cercle fermé, car, sinon, cela ferait les choux gras de ceux qui ne rêvent que d’une société où ils seraient les seuls à pouvoir s’exprimer.

Pour apporter une note positive, les Pussy-Riots ont retrouvé la liberté … elles ont ainsi laissé vacantes des places où, hier 31 décembre, j’ai bien senti qu’un triste individu aurait aimé m’envoyer en camp de rééducation pour excès de bisounourserie et complicité avec une Bisounours garantie par lui  « pure guimauve ». Faut-il en pleurer ou en rire ?… je choisis la seconde option et je souhaite la conserver au long de 2014.

Jean-Paul Bourgès 1er janvier 2014

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