Cru ? ou cuit ?

Nous ne l’avons pas cru … mais est-il vraiment cuit ?

Jamais, me semble-t-il, nous n’avions eu un Président de la République aussi doué pour le mensonge, la contradiction la plus flagrante, le mépris le plus décomplexé à l’égard de ses concitoyens.

Il y a bien longtemps qu’il ne trompe plus grand monde avec ses propositions assénées avec d’autant plus de force qu’elles ne sont destinées qu’à rejoindre, aussitôt formulées, le magasin des accessoires inutilisables.

En clair, quoi qu’il dise désormais, ses propos ne sont pas crus.

Pas crus ? vraiment ? mais, alors, est-il vraiment cuit ?

On peut le penser. On peut l’espérer. On ne doit pas faiblir devant la nécessité absolue de permettre à notre pays de repartir de l’avant après une épouvantable parenthèse.

En ne réfléchissant qu’aux toutes dernières semaines, rappelons-nous que la demande de François HOLLANDE d’ajouter au pacte de stabilité un volet stabilité fut, tout d’abord qualifiée de preuve d’incapacité à gouverner et de reniement de « la signature de la France ». Aujourd’hui l’idée est reprise par Angela MERKEL, Herman VAN ROMPUY, Mario MONTI, Mario DRAGHI qui, à la tête de la BCE, réunit une conférence sur ce thème à Barcelone le 2 mai … et, last but not least, Nicolas SARKOZY affirme dans sa réponse à François BAŸROU qu’il n’oppose pas « réduction des déficits et croissance » … sauf qu’il tenta de nous faire avaler un pacte européen n’ayant qu’un volet marqué par la rigueur.

Inversant la célèbre formule de ce cher Edgar FAURE, je me demande si le vent qui a soufflé si fort ces derniers jours sur notre pays, ne serait pas le résultat de cette girouette pitoyable qui crée le vent.

Jean-Paul Bourgès le 1er mai 2012

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