La démocratie ; savoir si l’on est, ou non, en démocratie ; la qualifier en la précisant « populaire » ou « parlementaire » etc … voila un exemple de ces exercices intellectuels où nous excellons, sans en tirer pour autant des conclusions pratiques à nous appliquer à nous-mêmes.
La question récurrente, mais non récurante, qui revient systématiquement c’est celle des « Tous pourris ».
Quel étrange détournement de la réflexion politique. A croire que, pour faire fonctionner la démocratie, il faudrait disposer d’un pourritomètre qui, permettrait de désigner les personnes chargées de gérer la « chose publique » en fonction du degré d’intégrité … ou de « non-pourriture » de ceux qui aspirent à ces missions. Une sorte de « conseil de révision » new-look qui déclarerait qui « est bon pour le service ».
C’est un bizarre raisonnement que celui qui consiste à croire que le mieux placé pour défendre les intérêts communs est, obligatoirement celui qui n’a jamais tenté de profiter personnellement de la fonction qui lui avait été confiée. Nous avons là tendance à substituer la morale à la politique … tout en considérant comme une évidence que « les poltiques sont tous pourris … sauf maman », où « maman » est bien évidemment la tendance politique dont nous nous sentons les plus proches.
Il est sûr que le bruit des batteries de casseroles que traînent derrière eux les principaux responsables de l’UMP fait, pour le moins, désordre. Mais le PS n’est pas très avare non plus en comportements scandaleux et des accrocs sont déjà arrivés chez les verts, et d’autres composantes de la gauche. Quant au FN, grand pourfendeur de pourriture chez les autres, il n’a pas plus que les autres échappé à la gangrène et au mélange des genres avec des affairistes, là où le suffrage universel l’a mis en situation de corrompre ou d’avoir en son sein des corrompus. Ne disposant que de peu de leviers opérationnels, il est certain qu’il est plus éloigné des tentations que ceux qui exercent le pouvoir.
Non, ce qui compte en politique ce sont les idées et les programmes que l’on met en œuvre. Pour différencier un homme politique de Nicolas SARKOZY, je ne me demande pas lequel des deux est le moins malhonnête … quel que soit « l’autre », la réponse serait connue d’avance, j’examine les programmes, les projets. Jusqu’à présent entre la ligne politique d’un homme de droite et d’un homme de gauche, on faisait facilement la différence. L’ennui c’est que désorais, de droite ou de gauche, ils pratiquent les mêmes politiques … on ne va tout de même pas devoir les différencier sur le talent de leur coiffeur !Ce qui est sûr, aussi, c’est que sans disposer d’un pourritomètre, la ligne politique du FN est connue et que c’est en raison de ses idées que je serai toujours un opposant intégral au FN.
Mais, en se ressemblant tous, dans le nombre des casseroles, comme dans les actions conduites, les autres partis en situation de gouverner ne nous facilitent pas le choix.
Jean-Paul Bourgès 1er octobre 2014