Ces derniers jours je suis plutôt d’humeur et d’inspiration scientifique.
C’est ainsi que j’ai lu, samedi, un très intéressant article écrit par Eric BAPTESTE, chercheur en biologie évolutive, qui fait état de découvertes passionnantes sur l’évolution des gènes.
Jusqu’à présent on était un peu prisonniers d’une vision simplifiée de gènes transmis de génération en génération dans un contexte de descendance respectant une notion de lignée très limitative.
Pour m’exprimer plus simplement, on professait qu’un individu ne pouvait hériter que des caractères issus de son père et de sa mère … et de nul autre. Les caractères éventuellement issus du facteur ou du plombier confirmaient le cocufiage, mais ne mettaient pas en cause cette loi biologique.
Cette vision, si rassurante par son caractère de loi absolue, vient de prendre un fameux coup de vieux, équivalent à ce que la découverte de la mécanique quantique fut pour l’assimilation stricte du fonctionnement des atomes avec celui du système solaire.
Il apparaît, en effet, qu’il arrive que de l’ADN se déplace latéralement d’un être vivant à un autre être vivant et non seulement dans une transmission verticale de parents vers leurs enfants.
Mes compétences en biologie sont bien trop limitées pour aller très au-delà de cette information, mais je découvre si souvent l’étendue des savoirs des lecteurs de mes billets pour m’attendre, avec ravissement, à des éclairages complémentaires de ceux qui me diront probablement : « Mais il y a longtemps qu’on le savait ! Pauvre ignorant que tu es ». Et ils m’en boucheront un coin … merci d’avance.
Avant de vous dire, cependant, les remarques que cela m’inspire, je veux juste vous faire part de mon bonheur quasi esthétique en imaginant ces petits bouts d’ADN prenant leur indépendance pour échapper à la loi d’airain de la génétique en allant fabriquer subrepticement des bâtards chez des organismes voisins. Que cela n’ait été mis en évidence, pour l’instant, que chez des organismes élémentaires, comme des bactéries, ne m’empêche nullement de m’évader, moi aussi, dans une rêverie où toutes les lois subissent des exceptions.
Pour le moment ces déplacements latéraux ont été mis constatés chez des microbes, porteurs de maladies.
Avions-nous vraiment besoin de ces découvertes scientifiques pour savoir que l’ADN du racisme, maladie intrinsèque au Front National, se déplace manifestement de façon latérale, comme un crabe, vers l’UMP qui a été largement contaminé … et poursuit sa marche inexorable vers des individus qui, il n’y a pas si longtemps que ça, se disaient de gauche.
Il n’y a pas qu’en biologie que les conceptions traditionnelles de la génétique doivent être remises en question.
La mutation surprenante des idées politiques relève probablement elle aussi de gènes, se déplaçant sans gêne de leur camp d’origine vers le camp adverse, qu’ils polluent sans complexe.
Jean-Paul Bourgès 2 mars 2014