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Billet de blog 2 avril 2014

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« Tu sais rien, t’es pas d’ici … c’est tout bon ! »

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En 2008, ayant déjà fait trois mandats dont quinze ans comme adjoint en charge des questions scolaires, sociales et politique de l’habitat dans ma petite commune de l’ouest-lyonnais, et étant très occupé par une activité associative me mobilisant plus qu’un temps plein, j’avais prévu de ne pas repartir pour un nouveau mandat. Il se trouve qu’en dehors de considérations personnelles, j’estime que deux mandats c’est bien, trois c’est beaucoup et plus c’est nettement trop.

J’avais, cependant, accepté de me représenter car la liste apolitique, c'est-à-dire composée de personnes aux sensibilités personnelles allant de la gauche à une droite modérée, risquait d’être remplacée par une liste UMP dont les propos auguraient un virage non conforme à mes espoirs. Nous étions encore, en effet, sous le régime du scrutin uninominal et il semblait que je devais pouvoir garder un siège. Les faits ont confirmé ces prévisions, le maire sortant fut battu parce que nous avions, ensemble, donné trop d’importance aux logements sociaux, mais nous avons réussi à battre la liste UMP qui n’a eu que neuf élus contre quatorze pour nous.

L’offensive UMP menée par Dominique PERBEN dans la foulée de l’élection de Nicolas SARKOZY et visant à obtenir le maximum de maires UMP autour de Lyon, afin de prendre la présidence du Grand Lyon, tourna court dans ma commune et dans bien d’autres similaires … et Gérard COLLOMB fut élu maire de Lyon et président du Grand Lyon.

Mais cette fois les choses sont très différentes. Si Gérard COLLOMB a gardé la majorité à Lyon, il paraît tout à fait possible que la présidence du Grand Lyon revienne à l’UMP car de nombreuses communes tout autour de Lyon, et non seulement à l’ouest qui est plus à droite, mais aussi dans des bastions traditionnels de gauche, ont basculé à droite.

Cette situation illustre la profonde débâcle du PS. En effet, que ce qui n’avait pas marché pour l’UMP un an après l’élection de Nicolas SARKOZY puisse fonctionner cette fois-ci alors que l’UMP et ses dirigeants sont englués dans des affaires toutes plus sordides les unes que les autres, c’est bien le signe d’une profonde déception … ou plus exactement d’un rejet total de François HOLLANDE et globalement du PS.

Mais ce qui est encore plus frappant c’est de voir le curriculum-vitae de beaucoup de ceux qui ont emporté des mairies pas faciles. On voit un homme de trente ans, parachuté et sans aucune expérience de terrain, arrivé à Rillieux (30.000 habitants, ville dortoir de gens modestes, au nord de Lyon) depuis un an, après avoir travaillé auprès de Jean-François COPÉ, battre un élu parfaitement implanté et estimé. On voit un autre jeune loup UMP, trente ans aussi, conquérir la mairie de Pierre-Bénite (10.000 habitants, ville ouvrière à la sortie sud de Lyon. Son histoire est marquée par la présence d’énormes ateliers d’entretien du matériel roulant de la SNCF). Depuis quarante trois ans le maire était communiste. Je pourrais multiplier les exemples.

Du côté de la gauche on avait des élus qui s’étaient notabilisés, qui s’accrochaient à leurs sièges, qui ne faisaient guère assaut d’originalité … et qui avaient un peu des allures de « petit HOLLANDE de province ».

En face l’UMP a envoyé des escouades de jeunes, ne sachant rien, qui n’étaient même pas forcément du coin … et les électeurs ont répondu « C’est tout bon ».

Pour mesurer l’intensité du rejet de l’équipe au pouvoir, il faut aussi entendre ça, d’autant qu’ailleurs aussi, par exemple avec le FN à Fréjus ou à Beaucaire, on a vu les mêmes phénomènes.

Je me demande si le rejet le plus profond exprimé par les Français ça ne serait pas le rejet des gens en place, qui ne sont perçus que comme des arapèdes accrochés à leur rocher.

Va-t-on, enfin, se décider à limiter sérieusement le nombre de mandats successifs ? Va-t-on, enfin, comprendre que la politique ne devrait pas être un métier, mais juste une mission qu’on assure pour un temps limité ?

Mais comment attendre cela des arapèdes eux-mêmes ?

Jean-Paul Bourgès 2 avril 2014

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