Comme pour beaucoup de parents et de grands-parents, ce 2 septembre est marqué par la rentrée des classes et la reprise de cette époque qu’on souhaite heureuse, instructive, épanouissante pour ces millions d’enfants à préparer à leur vie future.
Mais, décidément j’ai vraiment laissé derrière moi le cadre rude et pourtant si doux à mes yeux du Plateau vivaro-vellave. Qu’il est difficile ce retour en région lyonnaise et l’immersion dans le climat de cette reprise, marquée par un contexte où l’on essaye de nous convaincre que tout ce qui fit la gauche est désormais rangé au placard des idées mortes. Et il m’a fallu faire effort pour aller, sur le boulevard de la Croix-Rousse (A cinquante mètres de la plaque qui rappelle la révolte des Canuts) déguster une glace en bavardant gaiement avec mon petit-fils qui démarre son CE2.
Tout juste nommé, Emmanuel MACRON avait eu la franchise ou l’inconscience de suggérer la remise en cause des trente cinq heures. Il a raison ce jeune-homme, en période de plein emploi, pour éviter une trop forte tension sur les salaires, il est judicieux d’accroître la durée hebdomadaire du travail. Il paraît qu’il est brillant, cela prouve-t-il qu’il a compris que l’on n’était pas, justement, en période de plein emploi ? Veut-il augmenter le nombre de chômeurs ?
Le Premier Ministre, lui, est allé se rouler par terre devant les patrons comme une chatte en chaleurs devant un matou. Nous savons tous que le pays a besoin de disposer d’entreprises performantes. Si le Comité des Forges, son fils le CNPF et son petit-fils le MEDEF représentaient le dynamisme et la créativité, depuis le temps ça se saurait. S’aplatir devant l’organisation du patronat français ne sert à rien car cet organisme n’a aucune prise réelle sur ce qui crée de l’activité et, d’ailleurs, il s’en désintéresse en ne manifestant de la passion que pour ce qui maximise les gains de ses membres … dont on sait bien qu’ils sont plus élevés en produisant au Bangladesh ce qu’on vend en Europe.
Le Ministre du Travail, François REBSAMEN, a fait plus fort que tous. Au moment où l’on nous annonce un taux de croissance nul ou au plus d’un demi pourcent, il a trouvé le moyen de réduire le nombre de chômeurs. Il suffit de contrôler que les demandeurs d’emploi cherchent vraiment du travail. Ceux qui ne cherchent pas activement, ou qui, ayant perdu l’espoir, ne cherchent plus … sont des fraudeurs, même s’ils ne sont pas ou plus indemnisés. Lui est-il simplement venu à l’idée que, pour l’instant, ce qui est mis sous contrôle par l’ensemble des électeurs, c’est la réduction du chômage dont, avec son complice MACRON et le chef de bande VALLS, il est chargé ?
Pendant ce temps, en Algérie, un homme qui, vidéo non contestée à l’appui, avait dénoncé des policiers coupables d’un vol avec violence à Ghardaïa … vient d’être condamné à deux ans de prison ferme pour avoir filmé une intervention policière. Il ne fait pas bon, en France non plus, dénoncer les agissements d’autorités publiques commis pourtant de façon non conforme aux rôles qui leur ont été démocratiquement confiés.
Et, chez nous aussi, les « lanceurs d’alerte » courent de plus en plus des risques réels à dénoncer ce dont ils ont été les témoins.
En tout cas, et tant que c’est possible, je dénonce VALLS, REBSAMEN et MACRON comme portant gravement atteinte au moral des Français
Jean-Paul Bourgès 2 septembre 2014