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Billet de blog 2 septembre 2015

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Prisonniers migrants

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bénéficiant d’une surcapacité d’enfermement de prisonniers, la Belgique a proposé aux Pays-Bas de mettre à sa disposition une prison construite pour accueillir cinq cents prisonniers.

Il s’agit là d’un domaine d’application inédit de la libre circulation des biens et des personnes à l’intérieur de l’Union Européenne. Certes la libre circulation de personnes privées de liberté est une notion originale et inattendue, mais elle confirme que, pour certains, les êtres humains sont des marchandises comme d’autres.

Ces migrants contraints pourraient-ils, par exemple, franchir le Channel par le tunnel sous la Manche pour gagner une prison britannique ? C’est assez improbable car le Royaume-Uni, vu par certains comme le paradis sur terre, a un taux d’emprisonnement de 66 % plus élevé que la Belgique.

Mais, du coup, on pourrait peut-être proposer à David CAMERON de laisser entrer au Royaume-Uni des migrants qui piétinent à Calais et, en échange, les pays d’Europe continentale qui ont des taux de prisonniers bien inférieurs pourraient proposer des places pour des prisonniers britanniques. Un Eurostar rempli de migrants dans un sens, contre un Eurostar rempli de prisonniers dans l’autre sens … ne serait-ce pas une preuve de créativité ?

Le plus enthousiasmant dans ce domaine, c’est la situation très particulière des Etats-Unis qui nous la suggère. Battant tous les records du nombre de prisonniers par habitant avec environ sept-cent-quarante prisonniers pour cent mille habitants, contre moins de cent dans les pays européens, les USA devraient avoir un extraordinaire besoin de confier leurs prisonniers aux « laxistes » que nous sommes. On pourrait même organiser des charters, comme disait autrefois Charles PASQUA, pour amener des prisonniers américains vers les prisons européennes. Hélas, une fois encore la France ne pourra pas, avant bien longtemps, profiter de ce marché mirobolant … car, chez nous, le nombre de prisonniers est nettement supérieur au nombre de places.

Penser que des prisonniers puissent être délocalisés est une forme de la mondialisation à laquelle peu avaient pensé jusqu’à présent me semble-t-il. Peut-être faudrait-il prévoir que les familles des prisonniers puissent être, elles aussi, aidées à s’implanter dans de nouveaux pays !

Le monde est fou, fou, fou !

Jean-Paul BOURGÈS 2 septembre 2015

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