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Billet de blog 3 septembre 2015

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Et la pénicilline ne fut pas lyonnaise

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Il y a trente-trois ans, à l’occasion d’un changement professionnel, je fis un séjour de deux semaines à Marseille pour faire connaissance de l’entreprise que j’intégrais. J’y fus accompagné par une collègue, Monique, qui était là en fin de carrière. Par recoupement je me rendis compte, quelques temps plus tard, que le médecin qui m’avait fait naître, en août 1944 à Clermont-Ferrand alors que les nazis reculaient, n’était autre que le beau-père de Monique.

Au cours de mon séjour, elle m’invita à venir dîner chez elle à proximité de Cassis. J’y passai une soirée charmante en présence de ses parents qui étaient des personnes déjà fort âgées. Son père était un ancien médecin-psychiatre depuis longtemps en retraite, drôle et fort disert.

Il me raconta que lors de ses études de médecine, à Lyon, vers le début des années 1920, il avait eu la chance de se voir proposer par les frères LUMIÈRE d’utiliser leur laboratoire du quartier Monplaisir (Là où étaient les usines LUMIÈRE) pour y conduire des expériences de biologie. Rentrant d’une période de vacances, il s’aperçut qu’il n’avait pas lavé une coupelle où des bactéries s’étaient développées. Il allait laver cela dans un évier quand, en regardant de plus près, il constata qu’autour d’une moisissure les bactéries avaient régressé.

Très excité par ce constat, il se précipita dans le bureau d’Auguste LUMIÈRE … mais il en repartit vivement, renvoyé par une remarque sans appel : « Jeune-homme, je ne vous laisse pas l’accès au laboratoire pour y laisser moisir des préparations. Allez laver ça et rapidement ! ».

Vous l’avez compris, cet étudiant en médecine avait fait le constat qui, moins de dix ans plus tard, le 3 septembre 1928 valut à Alexander FLEMING, de façon parfaitement similaire, d’être le découvreur de la pénicilline.

Moralité : les Lyonnais n’aiment pas assez le désordre !

Jean-Paul BOURGÈS 3 septembre 2015

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