Nicolas SARKOZY a bien raison

J’entends déjà ceux qui liront ça et qui penseront « Ah !, enfin … il s’est rendu compte de son erreur et le génie méconnu est enfin reconnu … même par un JPB ». J’entends aussi ceux, probablement plus nombreux, qui répéteront la fameuse phrase de Charles DE GAULLE sur « la vieillesse, ce naufrage », pour tenter de comprendre un titre aussi surprenant de ma part.

Et, pourtant, c’est parfaitement sincère : Nicolas SARKOZY vient, une nouvelle fois, de dire qu’il est pour l’application stricte des lois avec « une tolérance zéro » … et je le pense comme lui.

Il y a peut-être, cependant, une petite différence entre nous.

Son propos s’applique à la petite délinquance de gamins que notre société s’est montrée incapable de former et en ne leur offrant comme perspective que de minables petits trafics en tout genre pour disposer de l’argent indispensable dans un monde fasciné par le bling-bling, la consommation et la possession d’une Rolex avant cinquante ans.

Le mien s’applique à ces « braves gens » bien installés dans la vie, propriétaires immobiliers sur Paris et qui louent et relouent leurs appartements en s’asseyant sans complexe sur les dispositions de la loi ALUR qui ne permet pas, dans les zones tendues, d’ignorer les références publiques de montants à ne pas dépasser.

Or une association de consommateurs, la CSCV, a examiné à la loupe des centaines d’annonces passées dans la presse à Paris par des agences immobilières de grands réseaux ayant pignon sur rue. La CSCV a découvert que plus de trente pourcent d’entre elles ne respectent pas la loi et ce chiffre monte à cinquante pourcent lorsqu’on regarde les annonces passées par des particuliers. Je suis un peu excessif dans mon propos car, si le plafond de 20 % au-dessus de la référence n’est pas respecté, le plancher à – 30 % de cette même référence semble l’être parfaitement.

Mais j’avais lu trop rapidement les orientations de Nicolas SARKOZY. Il veut aussi élargir le champ de « la légitime défense » … en créant une « présomption de légitime défense ». Un propriétaire qui crève le plafond dans la fixation du loyer d’un petit appartement qui pourrait convenir à un jeune travailleur, ne fait pas du tort à ce dernier … il use de la légitime défense contre cette loi ALUR scélérate pondue par Cécile DUFLOT.

Et, étant opposé à une extension de « la légitime défense », je retire mon appui aux propositions de Nicolas SARKOZY … ça rassurera certains et ça en confortera d’autres dans l’idée qu’on ne peut rien attendre de bon de ma part.

 Jean-Paul BOURGÈS 3 novembre 2015

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