Clap de fin

Ouf ! … bientôt le clap de fin

Comme pour le premier tour, je n’écrirai rien samedi et ceci sera le dernier billet d’avant la conclusion du scrutin.

Nous avons besoin d’une renaissance après une période noire de notre Histoire.

Les sondages font apparaître un Nicolas SARKOZY battu très nettement et profondément rejeté par l’opinion, à un point jamais atteint par aucun de ses prédécesseurs. Evidemment, sa présidence ayant été exemplaire, cela n’est que la conséquence des crises (Pour faire plus vrai, c’est au pluriel qu’il a préféré parler de la crise lors du débat avec François HOLLANDE). Tentant de camoufler sa ROLEX en modeste SWATCH, il a, en vain, essayé de se défaire de son costume de « Président des riches » mais les faits sont têtus et chaque renfort qui s’exprime en sa faveur, enfonce encore plus le clou tellement ils sont connotés.

François BAŸROU, dont je moquais avant-hier le temps qu’il prenait pour se décider, vient enfin, sur le fil, d’annoncer qu’il votera pour François HOLLANDE. Sa position s’appuie sur l’insulte permanente faite par Nicolas SARKOZY aux valeurs de tous les républicains. L’ampleur du rejet devrait en être renforcée.

Le clown triste va bientôt quitter la piste, sous les sifflets, car il n’aura même pas réussi son numéro final qui était, pourtant, la dernière occasion qu’on le regarde partir, non pas avec regret, mais avec une certaine empathie et non sans émotion, en se disant, peut-être, qu’il avait, certes, échoué mais non forcément fauté.

Compte-tenu des derniers éléments de l’affaire de financement par KADHAFI c’est de l’Elysée au bureau d’un juge d’instruction que sa voiture, fournie à vie par la République, devrait logiquement le conduire (Certes il bénéficie encore de la présomption d’innocence, mais nous avons bien droit à une enquête judiciaire impartiale. Espérons que ceux qui savent n’auront pas d’étranges arrêts cardiaques).

Valéry GISCARD d’ESTAING avait quitté l’Elysée sous les huées, était-ce vraiment mérité pour celui qui avait fait évoluer la société et, avec son souhait d’avoir le soutien de deux Français sur trois, n’avait cultivé aucune haine ?

Je rêve de voir Nicolas SARKOZY quitter l’Elysée en traversant une haie de déshonneur constituée par une foule compacte et muette bordant les deux côtés du Faubourg Saint Honoré, tournée dos à la rue pour lui manifester qu’il ne mérite qu’une chose, notre volonté d’oublier cette présidence en tournant la page.

Dans quatre semaines je serai à Saint Germain-en-Laye pour la célébration du soixantième anniversaire du lycée international où j’ai fait toute ma scolarité secondaire. Nous voulions un monde nouveau, nous provenions de pays très différents, nous nous instruisions grâce à des maîtres exceptionnels qui espéraient que nous serions la jeunesse d’un monde ouvert. Ma foi universaliste, basée sur les grands penseurs Français, Grecs, Allemands … et confortée par le partage de ces convictions avec des camarades venant des quatre coins de notre terre, ne m’a jamais quitté. Merci à mes maîtres, merci à mes camarades, merci aux politiques de l’époque, comme Pierre MENDÈS-FRANCE, qui savaient parler positivement et non cultiver les peurs.

Allons, l’espoir revient … à dimanche soir !

Jean-Paul Bourgès 4 mai 2012

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