Dans ma candeur naïve - un blogueur me prend même pour un premier-communiant tel que, selon ses propres dires, il le fut lui-même - j’avais cru que la mise d’un commentaire en tête de l’ensemble des commentaires et sur un fond de couleur sans considération de l’ordre d’arrivée n’était que le fait d’un automate se fondant sur le décompte du nombre des « recommander » émis par les membres du Club.
Nous avons vu, mardi 29 avril en début d’après-midi, apparaître sur les blogs de ceux qui avaient exprimé leur émotion devant le bannissement de Joël MARTIN un commentaire sûrement chaudement recommandé puisqu’il est venu s’imposer sur fond coloré et en tête de tous les autres commentaires.
Ce commentaire, d’une platitude rarement égalée, n’expliquait rien du tout mais nous disait juste que nous avions tort de soutenir un vilain petit canard boiteux car « LA REDACTION DE MEDIAPART » ne se trompe jamais. Fermez le ban … dont dérive d’ailleurs le bannissement, puisque c’est le fait d’être chassé du ban.
Par rapport à la nature et au contenu des différents billets où certains s’étaient exprimé et du nombre bien plus important, encore, de membres du Club qui, par leurs commentaires, avaient formulé leur étonnement, même quand ils n’appréciaient guère les billets ou, surtout, les commentaires de Joël MARTIN, cette méthode était apparue cavalière, fortement inadéquate et pour tout dire un tantinet méprisante.
Médiapart ayant vu son lectorat augmenter sensiblement au cours des derniers mois, comme probablement aussi Closer, pour les mêmes raisons liées au fait que la notoriété l’emporte sur le fond en matière de chiffre d’affaire, on peut comprendre que le souci de quelques dizaines ou centaines d'abonnés n’ait plus guère d’importance. Cela gêne quand même beaucoup d’entre nous, qui avaient encore l’illusion de n’être pas « des clients » d’un média banal, car ils avaient cru que le « part » du titre signifiait « participatif » ou au moins « à part ».
C’est bien connu, un jour ou l’autre il faut perdre son pucelage, on dit, cependant, que le faire de façon non désirée peut laisser des traces psychologiques.
J’en étais là de mes ruminations de vieux bonhomme ayant attendu bien longtemps pour perdre ses illusions de gamin, quand j’ai vu disparaître la place de maillot jaune, même si c’est sur fond bleu, du commentaire de « LA REDACTION DE MEDIAPART » dans mon blog. Ma première réaction a été de me dire que « LA REDACTION DE MEDIAPART » avait pris conscience du caractère totalement inadapté de son commentaire et qu’il avait été dépublié par son auteur comme nous pouvons tous le faire. Mais, en regardant plus loin, j’ai vu qu’il était toujours là, à sa place chronologique, dépourvu de son fond coloré que le temps avait donc fait pâlir comme tout ce qu’on expose trop longtemps au soleil.
On peut, bien évidement, sourire ou même rire bien fort de ces petite manips bien subalternes. On peut aussi être fort courroucés que « LA REDACTION DE MEDIAPART » se permette ce genre d’intrusions et de manipulations, sans en prévenir l’auteur du billet. Sans l’ajout d’un commentaire d’un abonné, qui est l’un de mes contacts, sur le billet concerné, je n’aurais pas repéré cette modification à mon insu. Je ne sais ce que dit la charte à ce sujet et je m’en moque bien. Je trouve simplement que ce ne sont pas des façons de se comporter entre personnes de bonne compagnie. Mais le sans gêne gagne du terrain chaque jour … il paraît que c’est tendance ! Il faut être "décomplexé".
Quand je me rappelle que j’avais écrit être prêt, par fidélité, à voir le coût de l’abonnement augmenter avec l’affaire de la TVA et même si l’augmentation était considérable pour éponger un arriéré éventuel infligé par Bercy … je pense à ce vieux paysan qui me disait : « Jean-Paul ne fais confiance à personne ».
Jean-Paul Bourgès 4 mai 2014