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Billet de blog 5 octobre 2015

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Qu’est-ce donc que le « bien public » ?

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Odile et Bélaïd, qu’avec Maly nous considérons comme une sœur et un frère, habitent à Saint Maur, en pensant à eux et, en regardant ce qui se passa dans cette très ancienne commune, je viens de découvrir qu’il y a cinq-cent-cinquante ans, un traité de paix y mit fin à l’une de ces nombreuses guerres civiles qui jalonnent l’histoire de notre pays.

Ce jour-là fut, en effet, signée à Saint Maur la fin des hostilités entre Louis XI et les nobles, coalisés sous le nom de « Ligue du Bien Public », qui s’opposaient à ce roi étonnant qui avait dû, avant d’accéder au trône à la mort de son père, se mettre à l’abri dans le Dauphiné.

Cette « ligue du bien public » n’était rien d’autre qu’une révolte des féodaux contre l’autorité du roi (Evoquer cet épisode quelques-jours après avoir abordé la volonté des habitants de la Catalogne d’être indépendants de l’Espagne, me frappe par un raccourci historique inattendu).

La notion de « bien public » apparaît comme ayant revêtu des contenus fort différents selon les périodes.

L’épisode qui se termina par la « Paix de Saint Maur » ne peut guère nous sembler relever de la notion de « bien public », tellement ceux qui conduisaient la révolte n’étaient inspirés que par la défense de leurs intérêts personnels, qu’il était difficile de confondre avec un intérêt collectif.

Mais est-on bien sûrs que notre conception du « bien public » ait très profondément évolué ?

Je l’ai, au contact de ceux qui m’ont élevé et de mes enseignants, longtemps pensé. Ceux qui me formèrent ne pensaient jamais en termes de puissance et de possession personnelle. Ils ne m’avaient donc pas préparé à ce type de combat, où l’important est de dominer l’autre. Pendant très longtemps, tout en étant conscient de cette imprégnation qui pouvait me freiner, je considérais qu’il s’agissait là de l’expression d’une morale publique dans laquelle je continue de me retrouver.

Mais, en même temps et désormais, j’ai de plus en plus de doutes. Aux Ducs et Pairs qui possédaient de vastes domaines, bien plus étendus que nos actuels départements, ont succédé des « capitaines d’industrie » profitant largement de l’effacement du pouvoir national sur tout ce qui concerne l’économie. Ne leur avons-nous pas abandonné la réalité du pouvoir qui est, de moins en moins, celui « du peuple » et, de plus en plus, celui des nouveaux « grands féodaux » ?

Pour l’instant les conflits entre ces nouveaux suzerains et les Français n’ont pas débouché sur une situation de guerre civile.

Les nouveaux Ducs feraient bien de ne pas trop tendre la corde, même si cela fait applaudir Emmanuel MACRON, leur serviteur.

Jean-Paul BOURGÈS 5 octobre 2015

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