Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

1336 Billets

0 Édition

Billet de blog 7 janvier 2014

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Non à la submersion de nos principes

Il y a cinq ans, voulant attirer l’attention sur la disparition programmée de leurs îles, dont la submersion par la montée du niveau des mers est semble-t-il inévitable désormais, le gouvernement des Maldives avait tenu une réunion sous la mer avec des masques sur le visage.

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il y a cinq ans, voulant attirer l’attention sur la disparition programmée de leurs îles, dont la submersion par la montée du niveau des mers est semble-t-il inévitable désormais, le gouvernement des Maldives avait tenu une réunion sous la mer avec des masques sur le visage.

Notre pays n’est pas menacé par le même phénomène physique qui pourrait, tout au plus, remodeler légèrement les côtes et engloutir quelques maisons construites, un peu imprudemment, trop près des falaises ou derrière des dunes susceptibles d’être érodées par les tempêtes. Pour relativiser le phénomène, rappelons-nous que Saint Louis s’embarqua pour la croisade à Aigues Mortes, en 1270, en un endroit qui est, maintenant, situé à plus de six kilomètres à l’intérieur des terres. Au cours des siècles les côtes vont et viennent, tantôt permettant à l’homme de conquérir du terrain, tantôt reculant devant l’accroissement du domaine maritime.

Ce constat des mouvements marins m’amène à me demander s’il pourrait en être de même de l’emprise de « La Marine » sur notre peuple ?

Ces derniers temps, nous avons vu de fortes tempêtes s’attaquer sauvagement à nos côtes et un sentiment d’impuissance devant les éléments naturels se répand.

S’agissant de cet ingrédient fondamental de l’extrême-droite qu’est « le rejet de l’autre », qui est pourtant une donnée bien étrange quand elle s’adresse au peuple qui, situé à l’extrémité occidentale de l’Eurasie, est  l’exemple même de la confluence d’origines diverses du sud, du nord, de l'est, on ne peut pas, on ne doit pas, réagir comme s’il s’agissait d’une force naturelle … mais bien d’une faiblesse humaine qu’il nous appartient de surmonter.

Qu’il s’agisse des incitations à la haine raciale propagées par des « humoristes » en perte de vitesse ; des comportements de collaborateurs de la SNCF dont Médiapart vient de révéler les agissements jusqu’ici camouflés par leur hiérarchie ; des propos d’un ministre mettant en doute la volonté d’intégration chez nous d’hommes et de femmes, traités comme des sous-hommes dans leur pays de naissance, qui est pourtant membre de l’Union Européenne … rien de tout ceci ne peut être toléré.

Moi qui ai l’eau en horreur, je rêve d’une réunion de tous ceux qui sont décidés à résister à l’inondation de la peste brune, sous la mer, au large de Lampedusa, avec un masque sur le visage,  afin d’y exprimer la volonté de ceux qui ne tolèreront pas que nous fassions, soudain, un recul de quatre vingts ans en revenant à 1934.

N’est-ce pas à cet endroit-là, en effet à Lampedusa, que nous devons rappeler la primauté de l’humain sur la « bête immonde » ?

Jean-Paul Bourgès 7 janvier 2014

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.