Le 8 mai au Chambon-sur-Lignon

Un huit mai … sans armistice ni reddition

Dimanche soir, au dessus de la petite commune proche de Lyon où j’habite, à 20 h exactement, le soleil nous offrit une sympathique facétie en ornant le ciel d’un double arc-en-ciel. Ce sont de ces signes que l’Homme a toujours aimé voir pour se persuader qu’il n’est pas seul dans la conduite de son destin. Illusion, certes, mais belle image … la France redevenait multicolore et intolérante à toutes les exclusions, y compris celles qui se fondent sur l’obéissance brutale et hypocrite à une norme sexuelle ainsi qu'à  la négation de l’infinie richesse de toutes les diversités.

J’avais vécu le 6 mai en terre Ardéchoise où, juste avant de voter, j’avais assisté à une célébration avancée du 8 mai sur la place de mon deuxième village en y entonnant la Marseillaise … qui est, d’abord, un chant révolutionnaire que les réactionnaires tentent, en vain, de s’approprier.

Et, en ce 8 mai, je retourne sur ces hautes terres qui sont à cheval sur l’Ardèche et la Haute-Loire pour une réunion de l’association dont je parlais dans mon billet du 29 avril. Aucune trêve n’est permise car les multinationales continuent leur travail de prise de contrôle en fuyant les débats démocratiques.

Certes, avec des amis, nous avons festoyé dimanche soir pour laisser la joie nous envahir, mais rien ne serait pire que de confondre un arc-en-ciel avec l’idée que tous les « affreux » sont mis hors d’état de nuire.

A quelque échelle que ce soit, les tendances en faveur du changement, du progrès, de l’ouverture et celles qui veulent nous condamner à la régression, resteront toujours en lutte les unes contre les autres.

La réunion à laquelle je participerai tout à l’heure aura lieu à côté de la gare du Chambon-sur-Lignon d’où l’on voit ces belles et profondes forêts des flancs du Pic du Lizieux où tant d’enfants Juifs échappèrent à la folie des nazis et de leurs méprisables auxiliaires. Il n’existe pas beaucoup d’endroits plus emblématiques de la nécessité de ne jamais courber la tête … même de bonheur.

Jean-Paul Bourgès 8 mai 2012

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