En quelques jours, j’allais dire en quelques heures, l’attitude par rapport aux familles qui, par tous les moyens possibles, passent du Proche-Orient à l’Europe en fuyant ce cauchemar qu’est la guerre, a radicalement changé … mais jusqu’où et jusque quand ?
L’épouvantable photo du petit corps d’Aylan KURDI rejeté par la mer sur une plage turque est, bien évidemment, à l’origine de ce déclic. La vie brutalement interrompue de cet enfant sera probablement à l’origine de la survie de centaines d’autres enfants. Si Aylan n’était pas mort, avec son frère et sa mère, l’opinion mondiale aurait-elle enfin bougé ? On peut penser que la réponse eut été négative … et des naufrages d’une bien plus grande ampleur avaient déjà eu lieu sans que cela déclenche une émotion comparable.
Une photo peut faire plus pour la conscience mondiale que tous les textes, les appels, les pétitions. Rappelons-nous l’impact de la photo de la fillette vietnamienne brulée par le napalm.
Il est quand-même étrange que nous ne sachions pas ressentir de fortes émotions, nous conduisant à des changements de résolutions, sans le recours à des photos.
Que s’est-il donc passé au niveau de nos neurones depuis Nicéphore NIEPCE ? Jusque là nous n’avions accès, et à toute petite dose, qu’à des récits qu’une minorité d’habitants pouvait lire … et après un retard significatif lié au délai de transmission de l’information.
Sommes-nous devenus plus sensibles au monde qui nous entoure ? Je n’en ai pas l’impression. Espérons, cependant, que nous allons vraiment accueillir ces réfugiés et non les parquer dans des camps, comme nous le fîmes à l’époque des Républicains-Espagnols.
Jean-Paul BOURGÈS 7 septembre 2015