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Billet de blog 7 novembre 2013

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Angélisme et diabolisme

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les échanges auxquels donne lieu l’affaire de la banane, me font repenser à une gravure d’ESCHER, que l’on peut aussi voir sous forme de sculpture : « anges et démons ».

Un parti, le FN, mène sous l’impulsion de sa talentueuse présidente une campagne de « dédiabolisation » qui est, en elle-même, créatrice de l’idée que son prédécesseur et père aurait, comme Faust, cédé aux avances du Malin.

En face, quiconque est prêt à croiser le fer contre le FN joue à l’ange, que jamais la moindre pensée raciste n’a effleuré.

Mais le sujet est-il vraiment bien abordé quand on oppose à une attitude présentée comme maudite, une supposée familiarité avec les anges et, pourquoi pas, les archanges ?

Il est intellectuellement très intéressant de réfléchir à l’origine du racisme. Il est très utile d’en démonter les mécanismes, d’en identifier toutes les manifestations, et d’en analyser l’usage dans l’Histoire.

Mais chacun peut et doit se dire qu’il a eu, a ou aura, même de façon fugitive, des pensées ou des réactions montrant qu’il est susceptible d’être, lui aussi, à un moment ou à un autre, raciste. En ces matières comme en beaucoup d’autres, la lucidité est le plus court chemin vers des attitudes politiques et personnelles mettant nos actes en conformité avec nos opinions et nos volontés.

Lutter contre le racisme ça n’est pas dire : « Je suis dans le camp des purs qui n’ont jamais failli, contre ces horribles individus que je veux éliminer du jeu public, tel Saint Georges terrassant le dragon ». Non, lutter contre le racisme c’est être conscient du danger que le racisme représente, pour ceux qu’il maltraite … et pour ceux qui s’y abandonnent en les rabaissant bien plus bas que des guenons.

Autrement dit, la lutte contre le racisme est un combat permanent que chacun doit d’abord conduire en lui-même contre lui-même, mais c’est évidemment aussi un véritable combat politique à mener sur le terrain des idées et des projets politiques sans confondre le racisme à éradiquer et les racistes qu’il faut aider à se débarrasser de ce poison qui les tue, eux d’abord, dans leur humanité.

Dans ma proposition de ce matin, en réponse au billet de VINGTRAS, de mettre à notre boutonnière une banane, il y a cette idée consistant à dire « Je combats le racisme, d’abord chez moi, car je ne suis pas un singe ».

Ce n’est pas uniquement dans une indispensable opposition aux racistes qu’on évitera que le racisme nous submerge, c’est en s’affichant pour ce que nous sommes : fragiles mais décidés à lutter contre notre déshumanisation.

Jean-Paul Bourgès 7 novembre 2013

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