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Billet de blog 8 mars 2014

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Nicole, Henriette, Claudette, Pierrette … et Patricia

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Depuis avant-hier les gazettes ne nous parlent presque plus de la Crimée dont tout le monde a bien compris qu’elle est cramée, mais beaucoup plus d’une sinistre histoire de crêpage de chignon entre deux mégères parisiennes, prénommées Nicole et Patricia.

La première, à l’époque des faits installée dans un palais autrefois occupé par la Marquise de Pompadour, avait l’habitude de convier la seconde aux petits papotages d’amies proches au cours desquels ces dames, autour d’un thé, cassaient du sucre à qui mieux-mieux sur le dos de leurs relations domiciliées sur la rive gauche où sont installés les principaux ministères.

A coup de « Elle est nulle … » et autres amabilités, elles dézinguaient joyeusement celles qu’elles rencontreraient quelques heures plus tard à un coktail ou un vernissage et qu’elles bisoutteraient distraitement, en faisant attention cependant d’abîmer moins leur maquillage que celui qu’elles s’efforceraient de faire baver sur le visage de « leur si chère amie ».

Que tout ceci était donc délectable, désinvolte et si délicieusement décadent !

Ce que Nicole et ses joyeuses commères, Henriette, Claudette et Pierrette, ignoraient c’est que Patricia, qui n’était pas la moindre en langue de vipère et qui ne cessait de dire et redire à Nicole l’admiration qu’elle lui portait, gardait au fond de son réticule, à côté de son flacon de sels et caché sous un mouchoir en dentelle de Cholet, un dictaphone, petit bijou de technologie asiatique, avec lequel elle enregistrait tous ces propos. On n’est jamais assez prudente lorsqu’on ne sait jusque quand l’on bénéficiera de l’amitié indéfectible d’une grande précieuse, que l’on sait portée sur la trahison et le caprice.

Patricia eut pu faire un usage discret de l’enregistrement de ces médisances et ne s’en servir que pour brouiller les unes avec les autres … comme toute mondaine sait le faire dès son entrée dans le beau monde.

Mais Patricia rompit avec les usages du Faubourg Saint Honoré, par vice, ou en s’étant fait dérober ses enregistrements par encore plus vicelarde qu’elle. Toujours est-il que c’est sur la mare des canards que les turpitudes de ces dames pataugèrent bientôt, ridiculisant d’un coup Nicole et les dames qui fréquentaient son salon.

Tout Paris s’en gaussait, certaines se cachaient dans les buissons des contre-allées du bas des Champs-Elysées pour rire avant de reprendre leur sérieux pour aller dire avec une mine désolée à cette pauvre Nicole qu’une telle trahison était scandaleuse. L’époux de Nicole, un certain Carlo qui chantonnait parfois des airs insipides avec une voix de guimauve, parlait de porter plainte comme si son sort de mâle dominant eut été mis en doute.

De son côté la traitresse se répandait en invectives, disant aux quatre vents qu’elle avait été trahie et qu’elle n’avait enregistré ses compagnes que pour ré-écouter leurs propos en boucle, afin de mieux en admirer l’infinie subtilité. On l’entendait gémir des « Pas une minute, je n’aurais imaginé que quelqu’un puisse ainsi attenter à mes valeurs actuelles … j’en ai le front national tout rouge de honte … ». Il est de fait que malgré un visage fortement blanchi de poudre aux yeux, son ire se lisait facilement et l’on pouvait comprendre sa colère d’avoir ainsi été percée comme une gamine mal dégrossie.

Tout ceci est évidemment bien pitoyable et digne de ces seules femmes, auxquelles on fut bien légers, nous les hommes, d’accorder royalement une journée par an. On voit là que c’est encore bien trop.

Ne laissons jamais les femmes accéder au pouvoir … imaginez donc ce qu’elles pourraient en faire !

Jean-Paul Bourgès 8 mars 2014

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