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Billet de blog 8 octobre 2014

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Qu’est-ce que ça sent ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pendant très longtemps, l’un de mes principaux plaisirs fut de m’emplir le nez d’odeurs variées, subtiles, naturelles.

Doté par la nature d’un flair particulièrement performant, tel un chien de chasse, je cherchais les champignons au nez. Il m’est arrivé souvent de dire : « derrière le buisson qui est devant nous, je sens des cèpes ... ou des girolles … » et, effectivement, de les y découvrir après avoir fait le tour d’un fourré impénétrable.

Hélas, il y a vingt deux ans, une atteinte virale ressemblant à une grippe, perturba brutalement cette capacité olfactive. Nous étions alors à Marseille. Rentrant un soir d’un déplacement à Nîmes, je demandai à Maly quel vin nous buvions au cours du dîner car je lui trouvais un goût métallique. C’était pourtant le même que j’avais trouvé fort agréable à boire, la veille. Je ne consultai que trois jours plus tard devant l’évidence de perturbation de mon odorat. J’étais atteint d’anosmie d’origine virale. Trop tard pour un retour de mon odorat, malgré une tentative énergique avec un traitement à la cortisone.

Et je suis donc presque totalement privé d’odorat depuis ce temps là. Je dis presque parce qu’il me reste un peu de goût, pourtant lié à l’odorat, mais sans finesse aucune.

En tout cas, si je dis de tel ou tel d’entre vous que « Je ne peux pas vous sentir », ne m’en voulez pas mais réjouissez-vous d’avoir l’usage de votre odorat … car le monde sans fragrances c’est tristounet.

Pourquoi vous ai-je raconté ça ce soir ?

Je viens d’apprendre que des scientifiques ont établi que les personnes âgées qui perdent l’odorat décèdent généralement dans les cinq ans qui suivent. En fait cette baisse de l’odorat ne ferait que traduire une baisse des processus de régénérescence qui touchent tous les tissus et dont l’issue est la mort.

Mais, ayant perdu l’odorat avant l’âge de cinquante ans, et sans lien avec un phénomène de vieillissement, je peux considérer que cette règle du compte à rebours de cinq années ne doit pas pouvoir s’appliquer.

Heureusement car, autrement et depuis plus de vingt ans, ça sentirait sérieusement le sapin.

Notre société ne semble pas se rendre compte que certains discours et certains comportements sentent très mauvais. Ne serait-ce pas un signe de mort prochaine de notre « civilisation » ?

Jean-Paul Bourgès 8 octobre 2014

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