En plein désordre intellectuel autour du racisme, il est tout à fait intéressant de ne pas limiter notre regard au cercle dans lequel notre hexagone s’inscrit, mais, au contraire, de lire le plus possible de journaux étrangers.
C’est la lecture d’El Watan, dont je reçois chaque jour la newsletter, qui aujourd’hui me semble intéressante à évoquer, dans le cadre du racisme qui s’exprime fortement chez nous dans le domaine du logement et à propos des difficultés que l’on rencontre dans « les quartiers » qui entourent toutes nos grandes villes.
Sous la signature de Yasmine SAÏD, je viens d’y lire un article concernant la vie dans les énormes ensembles immobiliers qui se trouvent autour d’Alger.
On croirait lire ce qu’un journal français pourrait écrire sur la difficulté de vivre en paix dans certains quartiers où l’urbanisme a abouti à construire des zones inhumaines, mal desservies, marquées par un énorme chômage des jeunes et où la violence règne. Pour en juger, je vous en donne, ci-dessous, un extrait :
« Dimanche 3 novembre, des appartements de Baraki, dans la banlieue d’Alger, brûlent. Au pied des immeubles, les habitants de deux bâtiments voisins s’affrontent à coups de sabre et de pistolets de détresse. La police arrête une vingtaine de personnes, mais personne n’est dupe, les violences recommenceront. A Aïn El Malha, Dély Ibrahim ou Birtouta, ces affrontements font partie du quotidien des habitants. Les habitants mettent systématiquement en cause des «relogés» qui ne seraient «pas d’ici». Mais au-delà des populations, l’urbanisme est l’une des causes de la flambée de violence. »
Je n’ai lu nulle part que c’était à cause d’un trop grand nombre de familles maghrébines. C’est sûrement un oubli du rédacteur de l’article, car les « relogés évoqués » sont certainement maghrébins (Ces « relogés » sont un peu l’équivalent en Algérie des bénéficiaires du DALO chez nous).
Le même article, écrit de ce côté-ci de la Méditerranée, n’aurait sûrement pas comporté un tel oubli.
Jean-Paul Bourgès 8 novembre 2013