Au cours d’un entre-deux tours de cette élection régionale, où nos petits génies politiques s’évertuent à trouver la martingale permettant de priver le Front National du triomphe que les électeurs lui ont offert, rappeler cette formule peut faire penser qu’il existerait un moyen d’interrompre les horloges … comme on le fait souvent dans les négociations internationales.
Je n’ai pas cette crédulité et les électeurs ont le droit d’être pris au sérieux … aussi difficile et douloureux que soit le constat que la haine ne leur fait peur que quand elle est teinte aux couleurs de Daesh … et non quand elle se drape dans d’hypocrites drapeaux bleu-blanc-rouge.
Ce n’est donc pas des petites manœuvres désespérées de l’UMP et du PS pour endiguer le torrent de boue qui dévale de nos montagnes que je veux parler aujourd’hui. Pour moi, le barrage de papier a cédé devant le flux, emportant tous ceux qui refusaient de reconnaître que le Front National est, déjà depuis quelques temps, le premier parti de France, ce qui veut d’abord dire que les autres partis ont perdu toute légitimité démocratique.
Je voulais juste évoquer, aujourd’hui, la mort sur l’échafaud, le 8 décembre 1793 de Jeanne BÉCU. Dans l’histoire de France, après Jeanne d’ARC, ce fut la deuxième Jeanne célèbre issue de Vaucouleurs en Lorraine. Cette Jeanne là naquit un 19 août comme moi, et elle mourut donc guillotinée à l’âge de cinquante ans, sous le nom de Comtesse du BARRY … qui n’est plus, désormais, que le nom d’une marque de foie gras.
La dernière maîtresse de Louis XV, qui avait su rester à ses côtés alors que la maladie le rongeait et que « le bien-aimé » était devenu un individu qui n’inspirait plus que répulsion physique et morale, paya de sa vie sa certitude de n’avoir rien à se reprocher en ayant été celle qui ensoleilla les dernières années d’un roi qui ne fut pas, tant s’en faut, le pire de ceux qui régnèrent sur notre pays.
Estimant n’avoir jamais fait le mal … en ayant juste été la plus belle et la plus charmante jeune-femme de son époque, elle ne voulut pas fuir Paris et cela la conduisit jusqu’à la place de la Révolution où sa tête roula dans un panier d’osier.
Certes cela se produisit un 8 décembre, mais est-ce vraiment pour cela que je l’évoque aujourd’hui ?
N’est-ce pas parce que cette vie fut surtout marquée de légèreté, de fêtes, de plaisirs … et d’une profonde inconscience de la fin prochaine d’un monde qui nous est resté comme celui de « l’ancien régime » ? En suppliant en vain le bourreau de lui accorder encore quelques moments de vie, Jeanne BÉCU, comtesse du BARRY, s’est-elle comporté de façon plus naïve que ceux qui nous dirigent et continuent de faire semblant de ne pas avoir compris que leur règne doit cesser, afin que le pouvoir soit enfin redonné réellement au peuple ?
Jean-Paul BOURGÈS 8 décembre 2015