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Billet de blog 9 juillet 2012

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Cinquième tour social

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Comment on passe de cinquième roue du carrosse …

à cinquième tour électoral de 2012 ?

La grande conférence sociale s’est ouverte ce matin au Palais d’Iéna. Il semble qu’on ait rarement réuni un tel aréopage marqué par sept tables rondes, couvrant chacune un grand thème (Emploi, formation, rémunérations etc …) qui doivent être présidées, par le Ministre correspondant à ce thème.

De superbement ignorés durant l’ère sarkozyenne, les syndicats redeviennent les interlocuteurs majeurs d’un dialogue national qui risque même de marginaliser le Parlement. On pense, évidemment, à deux grands précédents que furent les accords Matignon en 1936 ou ceux de Grenelle en 1968. Mais il existe une grande différence car ces dialogues avaient comme caractéristique principale la discussion autour de la façon de partager un gâteau (En 1936 les salaires avaient augmenté de 15 % et la semaine de travail avait été fixée à quarante heures; en 1968 le SMIG avait été revalorisé de 35 % … tandis que, la semaine dernière ça n’est que de 2% que le SMIC a été augmenté). Cette fois chacun sait qu’il n’y a pas de gâteau à répartir mais un bouillon clair à la sauce caillou.

C’est maintenant que va se payer l’ardoise réelle laissée par Nicolas SARKOZY. En gouvernant de façon autocratique et en méprisant les corps intermédiaires, dont les syndicats qu’il ne cessa, jusqu’au dernier moment, d’insulter … Nicolas SARKOZY a créé un état de frustration si considérable qu’il est difficile de dialoguer avec les syndicats quand on a presque rien à lâcher.

Répéter, comme l’a fait Jean-Marc AYRAULT lors de son discours de politique générale, que  « le redressement du pays sera conduit dans la justice » est l’expression d’une ligne politique que j’ai approuvée et que j’approuve toujours, mais cela n’est pas bien enthousiasmant à l’ouverture d’un grand dialogue social car sa seule traduction en bon Français c’est : « Il n’y a rien à distribuer et on reprendra juste à ceux qui avaient été outrageusement favorisés une part de leur trop-perçu pour ré-équilibrer les comptes ». C’est sûrement justice, mais ce qu’on retire aux uns ne donne rien aux autres quand il ne s’agit que de boucher des trous béants.

Est-il possible de créer un consensus sur cette forme de justice ? Cela parait douteux. Mais vouloir établir la « feuille de route sociale » du Gouvernement à partir de ce qui se sera dit lors de cette conférence sociale est, cependant, une démarche qui fait penser à un « cinquième tour social » qui traduit le fait que les partenaires sociaux ne sont plus la cinquième roue du carrosse … c’est déjà beaucoup.

La réussite de l’exercice se jugera aux propos qui seront tenus à ce sujet par les leaders de l’UMP. S’ils aboient fort, s’ils mordent, ça sera le signe que la conférence est une réussite. Wait and see.

Jean-Paul Bourgès 9 juillet 2012

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