Deux visages ? … non un seul, le pire !

Repartant d’une enquête de l’IFOP sur l’électorat du Front National, le journal « Le Monde » écrit, dans son édition du 8 août, que le FN a deux visages, selon que l’on est membre de ce parti au Nord ou au Sud.

Repartant d’une enquête de l’IFOP sur l’électorat du Front National, le journal « Le Monde » écrit, dans son édition du 8 août, que le FN a deux visages, selon que l’on est membre de ce parti au Nord ou au Sud.

Au Nord, là où Marine LE PEN est élue et s’épanouit, on est plus sensible aux sujets sociaux. Ancienne terre de gauche, une bonne partie des électeurs frontistes viennent assurément de ce côté de l’échiquier. Là on serait donc un peu marqué par quelque chose qui pourrait se résumer par le terme de « socialisme populiste ».

Au Sud où pousse une nouvelle fleur, prénommée Marion et digne héritière des fidèles de « Maréchal nous voila », sous la houlette du grand-père qui a quitté sa Bretagne natale pour émigrer en PACA, on est plutôt d’inspiration poujadiste et représenté par des artisans-commerçants-patrons de petites entreprises. Dans ce cas on est plus proche des positions classiques des « Nationalistes ».

Les deux profils ne font pas deux visages, mais bien un seul.

Ce visage est le tronc commun sur lequel tous se retrouvent : le rejet de l’autre et, particulièrement des immigrés. « Nationalisme » et « socialisme populiste », quand on fusionne ça dans le nom et dans le programme d’un parti … cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Nazi, c’était l’abréviation de quoi déjà ?

L’article du Monde est intéressant, mais je m’étonne de ce qu’il explique clairement la tactique de Marine LE PEN jouant habilement de ces deux tendances et de ces deux électorats qui sont énoncés comme complémentaires … mais sans jamais évoquer la similitude avec la constitution en Allemagne du parti National-Socialiste. Est-ce par pudeur ? Est-ce par peur ?

Rien de tel ne me fera reculer.

Le FN est un parti qui vit et se développe sur un fond idéologique qui me fait horreur (Que la loi réprime d’ailleurs) et dont je constate que, la crise aidant, comme en Allemagne dans les années 30, la progression est constante au point d’être, désormais, aux portes du pouvoir, grâce au sarkozysme, au copéisme et à des individus comme Gilles BOURDOULEIX. Les démocrates doivent se préparer à un vrai combat politique, et ça ne sera pas une « guerre en dentelle ».

Jean-Paul Bourgès 9 août 2013

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