Des débats théologiques ? …. non de la cuisine politicienne
Depuis quelques semaines les membres d’une secte souterraine, « l’Union des Minus Paranos », nouvelle franc-maçonnerie, s’agitent autour d’un thème qui, il y a de nombreux siècles avait déjà fait le miel de ceux qui s’opposaient entre Catholiques et Protestants : la présence divine réelle ou non dans l’hostie consacrée.
C’est le quatrième concile de Latran (Un lieu phare pour celui dont la présence immanente inspire les controverses d’aujourd’hui …) qui, en 1215, a énoncé le dogme de la transsubstantiation.
Récemment l’une des plus enragées prêtresses du nouveau messie dont on nous annonce le retour, non à Jérusalem mais à Neuilly, thuriféraire d’autant plus fréquemment invitée sur les plateaux de télévision que seule la Maréchal LEFEBVRE avait, avant elle, si bien manié l’outrance poissonnière, nous révélait ainsi : « Ce n'est même pas qu'il revienne, il est là !».
Cette triste évidence du fait qu’un scrutin du 6 mai 2012 ne l’a pas définitivement effacé de la scène politique de notre pays, éblouit certains de ceux qui avaient accompagné de façon extatique le parcours d’un certain Nicolas SARKOZY, mais elle glace d’effroi ceux qui n’avaient joué les fidèles que dans l’attente impatiente du moment où les Français leur auraient ouvert la voie d’une reconquête du pouvoir à leur profit.
Comme dans l’entourage de tous ceux qui ont une destinée hors du commun, figurent des purs, faits pour le martyre, mais aussi de tristes personnages prêts à trahir contre trente deniers d’argent et d’autres qui avaient déjà renié trois fois leur seigneur et maître avant que retentisse le chant du coq … mais qui aspirent, cependant, à fonder l’Eglise des temps futurs qui se substituerait à celle de feu Sun Myung MOON et célébrerait leur héros.
Conforme, jusque dans l’au-delà politique, à son comportement de Lucky Luke ou de Speedy Gonzales, Nicolas SARKOZY n’a disparu de la scène nationale que depuis à peine plus de cent jours, chassé par le portail de l’Elysée, mais il tente déjà probablement de revenir par la fenêtre médiatique de nos étranges lucarnes.
Pourtant, cent jours qu’est-ce pour mettre en œuvre une nouvelle politique susceptible de redresser un pays que mille huit cent jours avaient mis plus bas que terre ?
Le plus drôle de ce complot médiatique qui consiste à nous réimposer l’image obsédante d’un incontournable Nicolas SARKOZY, c’est d’observer le bal des faux-culs où ceux qui pensaient, enfin, pouvoir jouer leur carte se mettent à trembler tout en joignant leurs voix énamourées aux chantres du maître, qu’ils avaient si vite enterré dès le 6 mai au soir au point de conduire la bataille des législatives en réussissant à faire oublier qu’ils l’avaient servi pendant cinq ans.
Jean-Paul Bourgès 9 septembre 2012