Dans mon dernier billet j’évoquais le besoin que nous semblons avoir d’une photo intolérable pour prendre conscience du monde qui nous entoure et des responsabilités que cela nous donne.
Depuis des mois j’ai évoqué la situation de l’Iran et le martyre que vivent ceux qui ne se soumettent pas servilement au régime théocratique le plus arriéré au monde, celui des mollahs, auxquels nos gouvernements viennent de délivrer un permis de tuer par la levée des sanctions contre une promesse, qui ne sera pas tenue, de ne pas se doter de l’arme nucléaire.
Parmi les billets que je publie à peu près quotidiennement, ceux que je consacre à ce sujet font partie de ceux qui semblent le moins intéresser les membres du club-Médiapart.
Que faut-il donc trouver pour illustrer ce que vivent les Iraniens ? Faut-il une photo en gros plan d’une tête de supplicié avec la langue sortie ? Faut-il la photo d’une magnifique jeune-femme pendue pour s’être défendue contre un homme de main du régime qui la violait ?
Eh bien je n’en ai pas et, jusqu’à présent j’ai préféré montrer ce courage surhumain d’un résistant faisant le V de la victoire avec deux doigts de ses mains liées dans le dos quelques secondes avant de se balancer au bout d’une corde.
Notre pays a, lui aussi, connu un long passé de pendaisons, soit par le pouvoir en place, soit par un ennemi occupant.
Est-ce qu’au moins ces images plus ou moins anciennes peuvent nous rappeler un passé enfoncé dans nos consciences ? Je les publie dans cette intention et je souhaite que chaque lecteur réfléchisse au fait que lundi 7 septembre, à l’aube, dix Iraniens furent pendus dans la prison de Karaj en Iran.
Jean-Paul BOURGÈS 9 septembre 2015