BAC + 5
Le principal marqueur politique de Nicolas SARKOZY, celui sur lequel, après un passage terne comme ministre du Budget en 1993 - 1995 (Lorsque l’affaire Karachi sera, enfin, élucidée, son passage à ce poste pourrait revenir sur le devant de la scène), il avait construit son image, pour ne pas dire sa légende, c’est celle du valeureux « premier policier de France » toujours prompt à se rendre là où ses troupes étaient intervenues, même et surtout, si leurs méthodes avaient choqué … et cogné. Certes les résultats concrets furent maigres, pour ne pas dire totalement négatifs et la disparition de la « police de proximité » de l’ère JOSPIN n’a pas produit de grands effets positifs quand on voit l’état sécuritaire de nombreuses banlieues. Le « karcher sarkozyste » a fait faillite, comme il était prévisible pour une politique qui n’était que velléitaire et strictement médiatique.
Dans ce secteur, comme dans tous les autres, la France laissée par Nicolas SARKOZY et sa bande est dans un état consternant.
Pour moi, dont l’un des grands-pères était commissaire de police, entendre les commentateurs se demander jusqu’à quel point la police est gangrenée c’est carrément insupportable … mais, hélas, inévitable quand on voit l’envergure de l’affaire de la BAC de Marseille, après celle du numéro 2 de la police de Lyon. Le summum de la dégringolade morale de la police jusque là avait été cette manifestation de policiers autour du Tribunal de Bobigny le 11 décembre 2010, soutenus par le successeur de Nicolas SARKOZY place Beauvau, Brice HORTEFEUX, car certains d’entre eux étaient condamnés pour avoir bidonné, en groupe, le PV d’un accident avec un quidam innocent. Désormais c’est mieux, ils rackettent, ils font du trafic de drogue … ils sont donc passés dans le camp des délinquants qui ne sont plus, pour eux, que des concurrents.
J’ai toujours le souvenir de cette réunion de responsables de la police à Toulouse le 3 février 2003, où Nicolas SARKOZY, qui était encore Ministre de l’Intérieur, ironisa sur ces policiers qui jouaient au rugby avec les gamins dans les quartiers … il préférait les voir réprimer violemment dans le cadre de « Brigades Anti Criminalité ». Il doit bien sourire … amèrement … ce Commissaire qu’il avait pris pour cible de sa moquerie.
Alors maintenant il faut, là encore, reconstruire.
Après la dette qu’il faut réduire, après l’industrie qu’il faut recréer, après la justice fiscale qu’il faut rétablir, après l’école qu’il faut rebâtir … il faut réparer la police en lui redonnant la fierté d’elle-même en clarifiant ses missions et ses méthodes dans un esprit respectueux du droit et des libertés et en en chassant les brebis galeuses.
Quel travail ! Mais ce travail nous impose, à nous tous les citoyens, de comprendre qu’il va falloir du temps avant de pouvoir juger les résultats. Il y a un mandat de cinq ans, ça n’est qu’au terme de ces cinq ans qu’on pourra juger si le redressement a vraiment été lancé car il me semble qu’il en faudra plus du double pour nous guérir.
Ce n’est qu’à (BAC + 5) qu’on pourra juger celui qui a renvoyé chez lui Nicolas SARKOZY.
Jean-Paul Bourgès 9 octobre 2012