Le cambrioleur le plus débutant sait une chose essentielle. Sur le lieu de ses méfaits, il ne doit laisser aucune trace s’il veut éviter un passage obligé par l’une des cases du Monopoly, la « case prison ».
Et, avec les progrès considérables de la police scientifique résultant en particulier de la découverte de l’ADN et de son décodage, il ne s’agit plus seulement, comme à l’époque d’Alphonse BERTILLON, des empreintes digitales. Le moindre poil de barbe se détachant tout seul d’un menton ou une goute de sueur, peuvent trahir le malfaiteur. La vie des hors la loi devient vraiment très difficile.
Toute la légitimité de Nicolas SARKOZY à vouloir de nouveau sauver la France se trouvait jusqu’à présent dans cette aptitude qu’il avait démontrée à ne pas laisser de trace derrière lui.
Pensons donc à cette extraordinaire litanie d’affaires scandaleuses qui l’accompagne tel un cortège de mariage à la campagne.
Dans l’affaire Karachi, où le versement de retro-commissions est aujourd’hui prouvé. Un versement de cette importance a nécessité l’ouverture d’un compte qui n’a pas pu se faire sans le feu vert du Ministre du budget … un certain Nicolas SARKOZY … mais nul n’a pu encore prouver de façon incontestable qu’il a, personnellement, validé l’acte indisensable à cette opération dont l’échec provoqua la mort de plusieurs de nos concitoyens. Pas de trace … pas de délit.
Dans le financement de la campagne présidentielle de 2007, tout montre que Muammar KADHAFI a bel et bien versé un nombre significatif de millions d’euros pour permettre à son pote Nicolas de ne pas avoir à trop se soucier des limites financières, en origine et en montant, imposées aux candidats à l’Elysée. Celui qui pouvait parler est mort, son fils est injoignable, on a habilement exfiltré l’homme des services spéciaux libyens qui sait ce qu’il en est. Pas de trace indiscutable … toujours pas de délit.
Sautons les broutilles, comme le « tribunal arbitral » en faveur de Bernard TAPIE. Seule Christine LAGARDE, si elle lachait le morceau, pourrait dire que c’est sur ordre de Nicolas SARKOZY qu’elle s’est exposée à perdre son honneur en combinant ce montage qui a enrichi Bernard TAPIE sur le dos des contribuables … pas de trace, toujours pas de trace, encore pas de trace … et un innocent !
Vient le financement de la campagne électorale de 2012 et l’extraordinaire fraude montée par l’UMP avec Bygmalion. Il y eut un petit dépassement des limites de moins de cinq cent mille euros, une misère ! Et, la main sur le cœur avec un talent de comédien à faire rougir de jalousie ma comédienne de fille, il assura n’avoir jamais entendu le nom Bygmalion à l’époque. Dificile de prouver le contraire puisque, même quand on a des écoutes téléphoniques il se bat pour les faire retirer de la procédure.
Mais, voila, le diable se cache toujours dans les détails, comme je l’ai appris au long d’une carrière d’organisateur, il a signé le document transmettant ses comptes de campagne à la commission de contrôle … et il y dit les certifier exacts ! C’est ballot, non ?, de se faire avoir sur un micro détail. C’est même diablement stupide. Quand on est un cambrioleur on ne retire pas ses gants pour se moucher et, en attendant c’est Nicolas SARKOZY qui est en train de se faire moucher et les juges ne prendront probablement pas de gants pour le faire. Ouf !
Jean-Paul Bourgès 9 octobre 2014