Partant, hier matin, pour une journée du Conseil de Développement du Grand Lyon, ponctuée par plusieurs séances de réflexions tournées vers l’avenir de la Métropole, avec le souci de permettre à cette nouvelle collectivité publique d’être plus à l’écoute des habitants et plus équitable, j’ai commencé ma journée, au volant, en écoutant sur France-Inter le juge anti-terroriste Marc TRÉVIDIC expliquer le fonctionnement des réseaux qui appellent au djihad.
Plus tard, profitant d’une pause entre deux séances, je lisais « Le Monde » où l’on trouvait une analyse des événements qui se déroulent autour de la bande de Gaza, la réaction de la mafia en Calabre à la décision du Pape François d’excommunier les mafieux … mais aussi l’arrivée d’un énorme typhon au Japon.
C’est ce contraste entre une journée tournée vers un avenir qu’on voudrait meilleur pour nos concitoyens, ici, et l’extrême violence de ce que je viens de citer, qui marque, pour moi, cette journée.
Ces jeunes, aspirés vers le djihad, par des forces à la fois bien connues mais en même temps insaisissables, sur la base de concepts pré-moyennageux mais utilisant les moyens les plus évolués de la technologie pour leur propagation, apparaissent à la fois d’une fragilité individuelle émouvante et représenter une menace considérable pour nos sociétés. Comment les a-t-on laissé atteindre ce degré de désespérance ?
La situation en Israël fait éclater au grand jour la contradiction entre les aspirations des Israéliens à une paix que n’aura jamais connue la génération de ceux qui, ayant réchappé à l’Holocauste sont désormais des séniors et même des vieillards, et vivent toujours dans un contexte de menace permanente pour leur vie, au point d’admettre de la part du gouvernement israélien des politiques d’une extrême violence. Comment, à cet égard, admettre qu’un gouvernement, qui pratique régulièrement la réplique à la violence, puisse s’indigner que des jeunes aient fait brûler vif un jeune Palestinien en réponse au meutre de quatre jeunes Israéliens ? Le cercle infernal ne cesse de faire se succéder la violence et la réplique violente à la violence … qui relance une nouvelle violence.
Pendant ce temps en Calabre, une procession « religieuse » conduite par les acteurs de base de la mafia locale, s’arrêtait, pour un hommage respectueux, devant le domicile du chef local de la mafia qui, compte-tenu de ses 82 ans, purge une peine de prison … à domicile ! Tous ces « braves gens » sont de « bons catholiques », mais pas au point de tenir compte de l’excommunication prononcée à l’encontre de la mafia par le Pape François. On veut bien prier la Madone, verser au curé quelques miettes de son argent gagné dans des activités criminelles, conduire une procession pieuse … mais pas renoncer au crime sous toutes ses formes.
Les registres de la violence humaine sont divers … mais ils ont un résultat identique : la mort, et particulièrement, la mort d’innocents !
Et, pendant ce temps, avec un typhon qui s’abat sur le Japon, la nature poursuit son fonctionnement dénué de toute intention, dans une mise en œuvre de forces totalement surhumaines contre lesquelles il n’est pas possible de lutter autrement que par ce comportement primitif, qui consiste à se sauver et à se mettre à l’abri.
L’Homme est vraiment une créature bizarre. Toute sa créativité et son énergie suffiraient tout juste à le mettre à l’abri des forces naturelles … et, comme si ça ne suffisait pas, nous nous efforçons de nous détruire nous-mêmes.
Jean-Paul Bourgès 10 juillet 2014