Les règles de la comptabilité

Les bons principes comptables

Ma découverte de la comptabilité remonte fort loin … presque un demi-siècle ! Depuis cette date, je sais, comme tout comptable, qu’un bilan n’est équilibré que lorsque le passif est égal à l’actif.

Faisant preuve d’un esprit d’équité qui m’étonne moi-même quand il s’applique à Nicolas SARKOZY, j’affirme donc que son bilan est équilibré (Il n’y a même que cela qui soit équilibré chez cet homme).

Nul ne peut douter qu’il soit actif, on peut même dire hyperactif, voire un tantinet activiste.

Qui ne l’a vu abandonner une réunion importante pour courir à l’autre bout du pays parader devant les caméras de télévision parce qu’un pervers s’en était pris à une gamine ?

Qui n’a pas constaté qu’à l’heure où les moyens de communication permettent aux gouvernants de dialoguer sans être physiquement au même endroit, il fait avec délectation chauffer à blanc les réacteurs de « Sarko-one » ?

Qui n’a pas vu qu’un dimanche de Pâques à se reposer au Cap Nègre c’est intolérable pour lui et qu’il doit aller calmer ses nerfs en pédalant comme un fou dans l’arrière-pays varois ?

Qui ne sait que, pendant cinq ans, il fut tout à la fois : Président de la République, Grand  Manitou du G20, Premier Ministre, Chef du parti majoritaire, courroie de transmission vers le procureur de Nanterre … et bien d’autres rôles encore que nous ne saurions énumérer sans lasser le lecteur ?

Ah oui, chez lui l’actif est considérable … ne serait-ce que par son volume sonore.

Mais, du coup, en raison des fondements mêmes de la comptabilité en partie double, le passif est lui aussi d’une importance inégalée.

Comme pour une insensibilisation à des produits allergènes, il a eu tellement de casseroles à traîner que, désormais, le peuple Français s’y est habitué et le créditerait presque d’être un peu moins affairiste que BERLUSCONI … disparition de la morale publique !

Là où des « petits pieds » envisagent des dépenses nouvelles en centaines de millions, en les finançant cependant par des ressources nouvelles, il n’a creusé le déficit public que d’environ 120 milliard d’euro par an … ce qui ne l’empêche pas de se poser en donneur de leçons … disparition du bon sens !

Elu sur le slogan « Je serai le Président du pouvoir d’achat », il est devenu, dès son entrée à l’Elysée, celui qui a offert à ses copains de procéder à l’achat du pouvoir … espoir pour les leaders du CAC40, désespoir pour les plus modestes !

S’étant, en dix ans, bâti une image de super-flic, il félicite la DCRI d’avoir mis plus de dix jours à identifier un homme qui fréquentait pourtant leurs locaux … on se glorifie des échecs !

Par rapport aux principes élémentaires d’une comptabilité en partie double, il existe, cependant, un vrai problème c’est que l’actif n’est qu’un hologramme qui crée l’illusion de l’action mais est uniquement le résultat de l’action d’un illusionniste.

Par contre le passif est bien réel et redresser la France, ré-équilibrer ses finances, restaurer la véritable autorité de l’Etat, faire changer l’espoir de camp … est un défi énorme.

L’actif et le passif ne sont pas exprimés dans la même unité … tout est à refaire.

Ce n’est pas, en tout cas, en laissant aux manettes le spécialiste de la comptabilité en partie trouble que nous y arriverons. Les Français le comprennent-ils ?

Jean-Paul Bourgès 11 avril 2012

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