Etat d’urgence

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Tout montre vraiment l’absolue nécessité de retrouver de façon urgente un Etat digne de ce nom.

Face à un peuple couché un peu plus chaque jour, n’est-ce pas un fantastique signe d’espoir de voir que certains, dont principalement des jeunes, décident de passer la nuit debout à discuter, échanger, se libérer des partis en place pour envisager un avenir … que l’aube ne confirme pourtant pas quand « les forces de l’ordre » (J’ai failli dire « les forces du désordre ») viennent libérer ces places comme après un marché en enlevant les cageots qui jonchent le sol ?

Dans ce contexte les réactions de tous les mouvements politiques institutionnels ne peuvent que confirmer qu’ils sont la véritable menace et que le seul message à leur adresser se résume au fameux « Dégage » qui marqua les « Révolutions arabes ».

Faisons juste un rapide inventaire.

L’ancien « collaborateur » de Nicolas SARKOZY, la carpette François FILLON, exige que « les nuits debout » cessent. Politicard jusqu’au bout de ses ongles manucurés, il est quand-même régalant d’entendre ce qu’il dit : « Je comprends la colère des gens de gauche par rapport à la politique conduite par François HOLLANDE, mais je suis profondément choqué qu’on ait d’un côté l’état d’urgence, et que de l’autre on tolère ce type de rassemblement ». « Ce type de rassemblement » … quelle charge de mépris dans ce propos !

Plus drôle que François FILLON … ce qui n’est pas très difficile … Valérie PÉCRESSE, l’ineffable Présidente de la région Ile de France, focalise sa crainte sur le terrorisme : "Si des « Nuit debout » arrivent dans les transports et qu'un terroriste se mêle au mouvement, qu'est-ce qui va se passer, comment est-ce qu'on peut gérer ça ?". Pauvre chérie, fais-moi peur !

Mais certains « socialistes » ne sont guère plus rassurés, même s’ils préfèrent, comme l’hypocrite Jean-Christophe CAMBADÉLIS, souhaiter qu’en face de ces noctambules d’un type nouveau on mette : « Des CRS debout ».

Quant à Myriam EL KHOMRY, non pas allumeuse de réverbère mais allumeuse de la protestation, elle a osé dire : "La liberté de manifester, ce n'est pas la liberté de casser". Lui aurait-il échappé qu’on ne lui laissera pas la liberté de faire entrer dans le Droit la casse sociale ?

Tout ceci ne démontre qu’une seule chose, dont l’adhésion de certains jeunes Français à l’appel au djihad en Syrie n’est probablement qu’une traduction extrême, c’est qu’il devient de plus en plus urgent de recréer un Etat digne de ce nom … et non un « Etat d’urgence » qui ne peut être qu’une passoire en face de réels terroristes … tout en dérivant vers une remise en cause de « l’état de Droit » auquel nous sommes attachés.

A ceux qui s’alarment ou s’indignent que certains stationnent debout sur de nombreuses places, en échangeant, en rêvant, en faisant des plans sur la comète … au risque que quelques excités peut-être mal intentionnés y sèment la violence, il me semble indispensable de rappeler que rien de bon pour notre pays n’est jamais sorti du confort douillet des antichambres ministérielles.

En disant cela c’est à une partie du Chant des partisans que je pense :

Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe

Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place,

Demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes

Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute...

Jean-Paul BOURGЀS 12 avril 2016

 

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