Dans l’actualité de ces derniers jours les mots « détroit » et « étroitesse », mêlés à « pays au plus bas » et « Pays Bas » m’amènent à aborder ensemble plusieurs sujets en raison d’une simple association d’idées.
Dans mon dernier billet j’avais abordé l’étroitesse d’esprit, mais, depuis quelques jours c’est de détroit que l’on parle beaucoup.
Il s’agit d’abord d’un conflit d’un autre âge entre deux pays de l’Union Européenne, dans le Détroit de Gibraltar. Les relations se sont tendues entre le Royaume d’Espagne et le Royaume-Uni en raison de la réalisation par les Anglais de quelques blocs de béton à quelques encablures du rivage du Rocher de Gibraltar. Cela perturbe la pêche à laquelle se livrent des Espagnols … d’où un quasi-blocus du Rocher avec d’infinies tracasseries pour les Britanniques voulant se rendre ou repartir de ce tout petit mais stratégique territoire qui appartient à la Couronne britannique depuis le traité d’Utrecht, il y a trois cents ans.
Plus de vingt ans après un autre traité conclu aux Pays-Bas, à Maastricht, ne peut-on pas penser que nos pays sont tombés bien bas pour n’avoir pas encore compris que nous sommes tous Européens et que ces méthodes de forbans d’inspiration moyenâgeuse ne devraient plus se trouver que dans des films historiques.
Evoquer les Pays-Bas, me fait alors penser à Vincent VAN GOGH. Comme chacun le sait, ce génie de la peinture ne vendit qu’une toile au cours de sa vie, alors qu’il lui arrivait d’en peindre plusieurs le même jour. Or, ces derniers jours, une polémique s’est allumée dans la ville de Detroit au Michigan. Cette ville, autrefois prospère cité de l’automobile, est aujourd’hui en faillite … mais elle possède l’un des plus riches musées des Etats-Unis qui regorge, en particulier, de toiles de VAN GOGH … dont la vente pourrait permettre de rembourser ses dettes.
Au pays de « l’exception culturelle » il serait normal d’hésiter longuement avant de considérer des peintures de VAN GOGH comme une simple marchandise qu’un liquidateur judiciaire vend pour rembourser les dettes du failli. On aurait pu croire que ce genre de scrupule ne risquait pas de s’emparer de citoyens américains, et pourtant le sujet déclenche des passions à Detroit. Est-ce par respect pour VAN GOGH dont on ne veut pas réduire les toiles au rang d’économies rangées dans un coffre fort ou n’est-ce pas juste parce que vider le musée de ses plus belles toiles marquerait définitivement la chute de cet ancien empire de la bagnole d’outre-Atlantique ?
A chacun de tirer les conclusions qu’il veut de ces divers faits, pour moi, c’est bien l’évocation de VAN GOGH qui domine … et, s’il existait un paradis pour les artistes et les amateurs d’art, je crois qu’en ce moment Théo serait en train d’écrire à Vincent : « Tu vois, je t’avais dit qu’un jour, malgré leur étroitesse d’esprit, les riches, même devenus pauvres, ne voudraient même plus revendre tes œuvres ! ».
Jean-Paul Bourgès 11 août 2013