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Billet de blog 11 octobre 2013

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Un juge qui va sous l’autoroute

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Dans un billet du 14 septembre intitulé « Voyages avec ou sans retour », j’avais évoqué ce campement d’hommes, de femmes, d’enfants qui, tout l’été, avaient séjourné au-dessous du pont par lequel l’autoroute franchit la Saône en sortant du tunnel de Fourvière au cœur de Lyon avant de filer vers la Méditerranée.

Aujourd’hui, au lieu de juger s’il fallait autoriser le recours à la force publique pour les chasser … mais où ?, sur la base des éléments habituels apportés par les avocats des parties, à savoir le Grand Lyon d’un côté et les trois cent malheureux de l’autre, le juge, Gérard GAUCHER, a suspendu l’audience pour se rendre sur place et écouter ceux qui attendent avec angoisse une décision de justice.

On ne peut que prendre connaissance avec respect de ce comportement exceptionnel d’un magistrat qui veut comprendre avant de juger. Cela me rappelle cette phrase de MALRAUX qui, dans « Les conquérants » écrivit  : « Juger, c'est de toute évidence, ne pas comprendre ; si l'on comprenait, on ne pourrait plus juger.». Ce juge veut, à la fois, comprendre et juger !

Une fois de plus, comme je l’évoquais dans ce billet récent rédigé sous forme de lettre à Nadine MORANO et Henri GUAINO, il apparaît que ce sont nos magistrats qui maintiennent au plus haut niveau les valeurs fondamentales de notre République.

La photo ci-dessous, publiée dans « Le Progrès », illustre d’une façon extraordinaire l’attente d’humanité qui se lit dans les regards de tous ceux qui entourent le juge. Quant à Gérard GAUCHER, qui ne voit la densité de son écoute et le sursaut de courage qu’il lui a fallu pour venir sur place au lieu de trancher, bien à l’abri au « Palais de Justice ».

Il n’y a qu’en sortant des palais, qu’ils soient de justice ou d’autre chose, que l’on peut espérer comprendre la portée de ce que l’on décide.

Sortir de soi pour rencontrer  l’autre … c’est ce que nous montre Gérard GAUCHER.

Jean-Paul Bourgès 11 octobre 2013

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