Tradition tunisienne

Le comité Nobel désigné par le Parlement norvégien a décidé d’attribuer le Prix Nobel de la Paix aux mouvements qui surent éviter à la Tunisie que le « Printemps arabe » y prenne les couleurs d’un sombre hiver, comme en Egypte, au Yémen, en Libye, en Syrie, ou en Egypte.

Cela salue et récompense tout d’abord les organisations, UGTT (Union Générale des Travailleurs Tunisiens), UTICA (Union Tunisienne des Industries, du Commerce et de l’Artisanat), LTDH (Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme) et Ordre des avocats, qui animèrent le processus qui permit à la Tunisie de retrouver une vie démocratique succédant, après quelques soubresauts, à une dictature et un pillage systématique de la richesse nationale par le clan BEN ALI / TRABELSI.

Les représentants des quatre organisations Nobélisées Les représentants des quatre organisations Nobélisées

Mais cela illustre aussi et rend l’hommage mérité à un pays tout entier où la modération, la tolérance, l’ouverture intellectuelle font bon ménage avec une tradition non envahissante et pourtant bien enracinée.

Ennahdha tenta bien de faire basculer cela vers un fonctionnement, acquis il est vrai par les urnes, mais qui allait dériver vers un régime abandonnant une tradition qui séparait le politique du religieux.

La sagesse des Tunisiens et l’action des organisations qui viennent d’être honorées, empêchèrent cette dérive.

Pour tous les Tunisiens, en particulier pour ceux qui habitèrent quelques mois à la maison il y a peu de temps, pour tous les Français qui aiment la Tunisie et pas seulement pour ses plages ou les courses dans les souks, je suis profondément heureux de cette haute distinction collective.

Certains événements comme celui-là redonnent confiance dans un environnement aussi dangereux où la Tunisie apparaît comme un petit pays, isolé et même encerclé, mais calme et résolu.

Jean-Paul BOURGÈS 11 octobre 2015

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