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Billet de blog 12 octobre 2013

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Quand on ne se voit que de loin

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Jeudi matin, je me promenais dans les bois autour de ma maison en Haute-Ardèche à la cueillette des champignons et j’ai fait une petite incursion dans la grande prairie située au-dessous de chez moi car j’espérais y trouver des mousserons et des coulemelles.

D’un coup d’œil je pouvais apercevoir, vers la gauche, ma maison et face à moi, au lointain, le Vercors. Comme j’ai toujours dans ma poche mon appareil-photo, j’ai pris les deux photos ci-après.

Tout en cueillant dans l’herbe des mousserons et des rosés des prés (Finalement il n’y avait que deux coulemelles dans ce pré où en trouve fréquemment), je repensais à tous ces événements marqués de xénophobie que nous vivons actuellement et qui nous rabaissent moralement, sans rien changer aux conditions matérielles de notre vie.

Sur la gauche, ce que je voyais bien et qui m’est familier puisque c’est ma maison. Chaque centimètre carré m’en est connu, et bien que trop loin pourtant, j’avais l’impression de voir les asters violets à cœur jaune qui sont actuellement en fleur au pied du pignon. Les trois vaches de mon voisin Patrick ruminaient paisiblement dans son pré, en-dessous de chez moi. Qu’avais-je à craindre ? Rien, bien sûr, dans ce cadre que je connais si complètement.

En face, mais à plus de cent kilomètres plus à l’Est, séparées par l’insoupçonnable vallée du Rhône qui est au-delà de la première ligne de crêtes, des montagnes similaires, quoique un peu plus hautes et avec des reliefs plus accusés. Les paysages locaux sont cependant fort similaires à ceux qui entourent ma maison, mais, sauf à y être allé, qu’en voit-on de loin ? Rien.

Est-ce ce rien qui pourrait nourrir une crainte à l’égard de ceux qui y vivent ? On craint ce qu’on ne connaît pas, évidemment. Mais comment expliquer cette montée de la crainte par rapport à ceux qui vivent à côté de nous … et dont nous pouvons voir que leurs ambitions se limitent à vivre de leur travail et à élever décemment leurs enfants avec l’espoir qu’ils auront une vie plus facile qu’eux ?

Nous sommes devenus fous et aucun raisonnement ne semble arrêter cette folie montante. On en est à attendre un miracle, le retour de la croissance et une forte baisse du chômage, pour que la xénophobie régresse ... autant croire au Père Noël.

Jean-Paul Bourgès 12 octobre 2013

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