Europe solidaire de la Grèce

Nous serons plus forts demain qu’hier. Ce matin nous nous retrouvions, pour le petit-déjeuner, avec une délégation du village italien qui est jumelé avec le nôtre.

Nous serons plus forts demain qu’hier. Ce matin nous nous retrouvions, pour le petit-déjeuner, avec une délégation du village italien qui est jumelé avec le nôtre.

Avec le temps des liens se sont créés et bavarder en sirotant un bon café tout en retrouvant l’usage de la langue de Dante, me ramène à cette époque bien lointaine du « traité de Rome » où, passant un quart de mon temps en Vallée d’Aoste, je parlais le patois de cette région mais aussi l’Italien. Adolescent, j’ai souvent imaginé d’être, plus tard, élu de cette région, située à cheval sur la France et l’Italie, qui faisait, autrefois, partie du Duché de Savoie.

Quand je disais, récemment, que mes convictions européennes remontent loin dans le temps, je n’inventais rien. Je me remémorais juste la période où se formaient mes convictions, et où je pensais que nous dépasserions vite et totalement nos contours nationaux.

Ma tristesse, et malgré le soleil resplendissant qui ne pousse guère à la morosité aujourd’hui, je vous assure que je suis peiné … et, du coup, révolté, résulte du spectacle de cette Europe en doute sur elle-même et sans capacité de se projeter.

Le paradoxe c’est que nous sommes à la fois, comme je le rappelais dans mon dernier billet, la première puissance économique mondiale, mais aussi un nain politique et un confetti géographique.

La crise qui secoue le monde entier soumet à beaucoup plus rude épreuve de nombreux pays où la famine, presque jugulée à l’issue « des trente glorieuses », revient au galop. Aux USA, et malgré la politique de Barack OBAMA, le nombre des personnes touchées par la misère est reparti à la hausse et « Les raisins de la colère » marquent de nouveau ces populations parmi lesquelles les Mexicains, fuyant la misère de leur pays, gonflent les effectifs de ceux qui sont prêts à rejoindre les rangs des aspirants-esclaves de ceux qui n’ont rien à perdre.

Pour l’instant, alors que nous ne sommes appelés qu’à serrer un peu les dents, sans profonde remise en cause de notre niveau de vie … il nous revient juste d’en rester là des efforts à consentir. Mais cela suppose de nous serrer les coudes en ne laissant aucun pays européen en dehors du cercle de la solidarité.

Dans les années 1997-1999, ayant en charge la préparation d’un établissement bancaire à l’arrivée de l’euro, j’ai fait une centaine d’interventions pour expliquer, principalement à des publics de patrons de PME, comment s’opèrerait le passage à l’euro et ce que cela leur imposait de préparer. Je me souviens bien que j’exprimais souvent mon doute sur le fait que la Grèce soir véritablement prête à intégrer le périmètre de la monnaie unique. Maintenant que ça a été fait, nous ne pouvons pas lâcher le membre le plus faible de la famille … et il n’est ni raisonnable, ni acceptable, de le punir de ses erreurs passées, qui engagent tout autant notre responsabilité … ne serait-ce que parce que nous les avons couvertes de notre silence.

Les épreuves fortifient. L’Europe sortira revivifiée de la période que nous vivons.

Jean-Paul Bourgès 13 mai 2012

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