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Billet de blog 13 juillet 2014

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Hurler au loup ... présumé coupable

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

J'ai complété le titre de ce billet après lecture du commentaire de POPPIE.

Nous nous rappelons tous François MITERRAND gravissant d’un pas paisible à chaque Pentecôte, escorté à distance respectueuse par ses coutisans, la pente douce menant au sommet de la « Roche de Solutré », dont le nom fut donné à une époque de notre préhistoire (Il y a environ vingt mille ans, à mi chemin entre l’époque de « La grotte Chauvet » et celle de « La grotte de Lascaux).

Au pied de cette roche en plan incliné proche de Mâcon, que l’on voit si bien de ces deux symboles de l’hyper-modernisme que sont l’autoroute A6 et la ligne TGV reliant Paris et Lyon, les archéologues trouvèrent un tel nombre de cadavres d’hommes, de chevaux, de carnassiers … dont des loups, que de nombreuses hypothèses fleurirent à propos de leur origine et de l’interprétation de leur accumulation en un même lieu.

On imagina, en particulier, que « l’homme de Cro-Magnon », qui vivait alors là il y a de nombreux milliers d’années (Bien avant l’implantation du vignoble de Pouilly-Fuissé qui pousse désormais sur ces pentes), chassait les chevaux en les faisant galoper, apeurés, jusqu’au sommet de la roche, dont ils tentaient de s’échapper en poursuivant leur fuite trop loin jusquà la chute fatale.

Compte-tenu de canidés dont des ossements furent aussi retrouvés parmi les restes de chevaux, on émit également l’hypothèse de loups qui auraient poursuivi ces chevaux sauvages, jusquà les faire tomber au pied de la falaise.

Pour l’instant nous en restons aux hypothèses.

Ces jours-ci, un berger isérois eut la fort désagréable surpise de retrouver son troupeau de quatre cents brebis, fracassé au pied d’une barre rocheuse surplombant un à-pic de soixante dix mètres de haut. Certes, depuis François RABELAIS et « les moutons de Panurge, », on sait que les moutons sont panurgiques … mais il est bien naturel d’imaginer qu’une intervention extérieure les a terrorisés, au point de les faire sauter dans le vide. Même en l’absence de toute trace de morsure, antérieure au grand saut ou consécutive à la chute, le mot qui vient aussitôt aux lèvres c’est : le loup … comme à Solutré.

Rien ne démontre que le loup, qui fréquente cependant ces lieux, soit à l’origine du carnage qui  assombrit l’été de ce berger. Le dire et le faire croire ne doit pas être mauvais pour une indemnisataion efficace du berger, et j’espère bien qu’il ne sera pas ruiné par ces quatre cents brebis qui ont eu la mauvaise idée de sauter sans parachute.

Plus que par les faits prouvés, nous sommes dominés par les mythes, qui n’ont pas besoin de preuves pour s’imposer à nos esprits comme des vérités indiscutables. C’est ainsi que, sans aucune preuve nous sommes prêts à imputer à notre grand rival parmi les prédateurs tout ce que nous refuserons de lier à un déficit de surveillance du troupeau.

C’est exactement l’inverse de la démarche judiciaire. Tant que les juges n’auront pas apporté la preuve que Nicolas SARKOZY a commis de nombreux manquements graves, il sera réputé totalement innocent et, à ce titre, susceptible de prétendre présider de nouveau la République.

Qui a dit que : « l’Homme est un loup pour l’Homme » ? Si seulement c’était vrai !

Tant qu'on n'a pas la preuve que le loup est innocent ... il est coupable. Pauvre loup !

Jean-Paul Bourgès 13 juillet 2014

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