Marine LE PEN ne veut pas que l’on classe le Front National à l’extrême-droite. Quelle charmante pudeur de jeune-fille !
Il est vrai que la honteuse concurrence qu’exerce à son détriment l’UMP (Un parti incontestablement situé non seulement à droite mais, de plus en plus, extrêmement à droite) crée une situation intolérable pour le FN qui a du mal à s’imaginer plus à droite qu’un parti de droite extrême. Ah ! le poids des maux !
Compatissant à ce malaise ressenti par celle qui a tellement bien dé-diabolisé son parti sans rien renier … et surtout pas Papa, ce qui ne peut qu’être salué comme un exploit …, je me suis livré à un petit exercice consistant à chercher quel nouveau nom pourrait se donner le Front National pour rénover son image et éviter ce qualificatif si péjoratif à ses yeux de « parti d’extrême-droite ».
Puisque Marine LE PEN nous promet qu’avec son arrivée au pouvoir tous nos tracas actuels disparaîtraient, j’avais d’abord eu l’idée de lui proposer un nom court, simple, percutant, un vrai nom marketing : « Sans Soucis » … évidemment je n’ai pas osé aller plus loin quand j’ai pris conscience de ce que ça donnait quand on ne gardait que les deux initiales.
Renonçant aux raccourcis, j’ai cherché un nom plus long, explicitant mieux les objectifs du FN et le distanciant plus nettement de la notion d’extrême-droite, en vue des futures élections européennes
Cela m’a amené à « Franchement Attachés Sans Complexes à l’Intolérance Sur le Territoire Européen ». Mais, en prenant conscience de l’acronyme qui en découle, j’ai, là encore, renoncé au point d’abandonner cet exercice trop difficile pour moi. Je crois donc que je continuerai de parler, le moins possible cependant, du FN, dont je ne vois pas où le classer si ce n’est à l’extrême-droite.
Dans cet exercice, je n’ai pas pu détacher mon esprit de l’un des meilleurs sketchs de Fernand RAYNAUD, qui, il y a plus de quarante ans, avait déjà si merveilleusement exprimé la quintessence de la pensée de l’extrême-droite qui tente de nous faire croire qu’il suffirait de renvoyer « chez eux » les étrangers pour que tout aille mieux.
Il se trouve tout d’abord que « ces étrangers » sont généralement désormais chez eux en France et qu’ils sont devenus des « étrangers » dans leur pays d’origine. Mais, surtout, rappelons-nous la chute de ce fameux sketch de Fernand RAYNAUD, quand l’étranger est reparti : « Fous le camp! Tu viens manger le pain des Français! ». Alors, un jour, il nous a dit: « J'en ai ras le bol! Vous, vos Français, votre pain et pas votre pain... Je m'en vais! ». Alors, il est parti, avec sa femme et ses enfants. Il est monté dans un bateau, il est allé loin au delà des mers. Et, depuis ce jour là, on ne mange plus de pain ... Il était boulanger! ».
Je comprends bien que si, par quelque coup de baguette magique, François HOLLANDE faisait revenir la croissance, s’il faisait disparaître le chômage, si … cerise sur le gâteau … il baissait tous les impôts, alors, peut-être verrait-on le FN reculer. Et encore en est-on sûrs ? Marine LE PEN n’oserait-elle pas s’en attribuer la paternité … ou la maternité ?
Ne peut-on pas respecter vraiment nos compatriotes en faisant appel à leur intelligence et à leur cœur, pour qu’ils ne cèdent pas à ces sirènes trompeuses qui tentent de leur faire croire que leurs difficultés sont dues aux étrangers, exactement comme Adolf HITLER fit croire aux Allemands que les Juifs étaient la source de leurs misères ?
Je ne me résigne pas à l’idée que les Français soient tous des demeurés. Arrêtons de leur laisser croire que le FN apporte le remède … alors qu’il répand la maladie. Qu’on le veuille ou non, c’est une bataille idéologique qui est engagée. Menons-la sans peur et dans le respect des Français, de tous les Français, quel que soit le parti pour lequel ils votent … y compris, ou même surtout, si c’est le FN.
Jean-Paul Bourgès 13 octobre 2013