J’aurai beaucoup et longtemps hésité, cette fois, pour déterminer en faveur de quelle liste je voterai le 25 mai aux élections européennes.
La droite est exclue, de l’extrême-droite mal-assumée (On peut avoir un procès si l’on dit que le FN est d’extrême-droite), en passant par la droite-décomplexée qui dit les mêmes choses que l’extrême-droite mais avec une bien plus délicate expression propre à rassurer la France profonde que ça dédouane de sa part d’ombre, en passant par cette droite moderne et gestionnaire qui est passée par HEC et l’ENA comme la gauche également moderne et gestionnaire dite « de gouvernement » (La différence entre eux ne correspond qu’à un pari sur le champ de course avec celui qui a parié sur le cheval bleu et celui qui a parié sur le cheval rose). Plus à gauche, l’offre est abondante … mais plus marquée de guerres intestines que d’une vraie vision de l’avenir.
Et pendant ce temps là une étude du CNRS, en cours depuis vingt ans, nous apprend ce que nous sommes nombreux à savoir de façon intuitive et expérimentale.
Le collaborateur le plus efficace de l’homme-cultivateur, ça n’est pas le produit chimique que l’on appelle sympathiquement « pesticide ». C’est l’insecte pollinisateur qui permet aux végétaux de se reproduire et de nous nourrir.
Or, dans une recherche folle, digne de Faust, de moyens pour élever toujours plus les rendements en évitant d’en partager les fruits avec d’autres espèces, nous essayons de détruire les insectes parmi lesquels se trouvent de nombreux pollinisateurs. Le résultat de tout ça c’est que, désormais, les rendements agricoles commencent à baisser. Autrement dit, réduire la biodiversité n’améliore pas la productivité agricole .. mais la fait baisser.
Il y a très longtemps que les écologistes le disent, ce sont, maintenant, les scientifiques d’Etat qui le confirment après de longues études.
Les écologistes annoncent, depuis des lustres, ce que l’on voit désormais se produire. L’agriculture intensive et productiviste, tue à petit feu l’agriculture elle-même.
Je ne vois pas quel meilleur critère retenir pour désigner des députés européens … et tous les autres sont tellement en échec !
J’illustre donc ce billet par une photo d’abeille en train de polliniser une fleur. Ce sont ces insectes qui peuvent éviter la famine à nos enfants et petits-enfants. Ce sont les écologistes qui l'ont compris en premier ... ils ont ouvert la voie, suivons-les.
Jean-Paul Bourgès 14 mai 2014